Actualités politiques en France : budget, primaires à gauche et déclarations des candidats
Sébastien Lecornu propose un compromis aux députés socialistes sur le budget 2027, tandis que la campagne présidentielle s'anime avec les prises de position de divers responsables politiques et le lancement de la primaire de la gauche.
Quick Look
- Sébastien Lecornu propose un compromis sur le budget 2027 au groupe PS.
- Parallèlement, la vie politique française est marquée par les prises de position des figures de la droite et de la gauche, et le lancement des débats pour la primaire socialiste.
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Why It Matters
Le gouvernement cherche à obtenir des compromis parlementaires pour le budget et la vie politique se prépare aux échéances électorales.
Sébastien Lecornu a proposé aux députés socialistes de les rencontrer pour tenter de bâtir un «compromis» sur le budget pour 2027, comme celui noué l’an dernier sur le budget 2026, dans un courrier au groupe PS révélé par Le Monde et obtenu par l’AFP mercredi.
«Je vous propose que nous nous rencontrions prochainement pour engager ce travail. Le compromis de 2026 a été possible parce que chacun a accepté de faire un pas. Je suis prêt à poursuivre cette démarche avec vous, avec la même franchise et la même volonté d’aboutir», écrit le premier ministre dans sa lettre datée de mardi, en soulignant que le gouvernement «ne se mêlera pas de la campagne présidentielle» et que «le désaccord n’interdit pas d’agir ensemble lorsque l’intérêt du pays le commande».
Invitée de la matinale de franceinfo ce mercredi, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, se dit «très inquiète» de la perspective d’un second tour RN-LFI à la prochaine présidentielle. «Je vois monter dans le pays la probabilité d’un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise, avec tout ce que ça implique de conséquences dramatiques à court, moyen et long terme pour le pays», confie-t-elle.
Pour Maud Bregeon, le «seul antidote» à ce duel est le «rassemblement de la droite et du centre» derrière Édouard Philippe, le «mieux placé pour être au second tour et avoir une majorité». Puis, évoquant les autres candidats : «Jamais Gabriel Attal, jamais Bruno Retailleau ne prendront le risque de laisser au pays et aux générations futures une France gouvernée par Monsieur Mélenchon ou Madame Le Pen.»
Louis Aliot, maire RN de Perpignan et vice-président du parti, ne «voit pas» Emmanuel Macron «rester neutre» durant la campagne présidentielle. Le président de la République disait vouloir être le «garant» de cette campagne. «Il veut se donner un rôle que la Constitution ne lui attribue pas», dénonce Louis Aliot ce mercredi matin sur France 2.
«C’est le Conseil constitutionnel qui est le garant de l’élection présidentielle. Le président lui est un arbitre qui précisément ne doit pas se mêler de ces affaires-là. On verra quel sera son rôle… Il reste chef de l’État jusqu’à la fin de l’élection présidentielle», ajoute-t-il. «Je doute que sa parole reste neutre. Il est engagé politiquement, et notamment contre nous (le RN).»
Jusqu’ici tout va bien pour eux. Jean-Luc Mélenchon et François Hollande peuvent se frotter les mains : la primaire de la gauche socialiste se passe comme ils l’avaient prévue. C’est-à-dire au mieux de leurs intérêts respectifs. Le candidat de La France insoumise peut laisser progressivement se dessiner son profil de « vote utile » à gauche ; l’ancien président de la République peut laisser se construire son statut de recours social-démocrate.
Le premier débat télévisé, sur LCI, inversera-t-il le cours des choses ? Cette primaire voulue par le parti socialiste d’Olivier Faure et acceptée par Place publique, la formation de Raphaël Glucksmann, commence sous les plus mauvais auspices. Un candidat, Philippe Brun, écarté à la hâte sur la foi d’accusations sérieuses mais avant même que l’intéressé soit informé ni consulté, et des échanges de piques entre Ségolène Royal, qui a attaqué, et Glucksmann, qui s’est défendu, qui ne sont pas du niveau d’aspirants à la fonction suprême.
Faut-il taxer les marges des raffineurs de pétrole pour faire baisser les prix des carburants, comme le propose La France insoumise ? «Oui, s’il y a des marges excessives ou des rentes», a reconnu Jean-Philippe Tanguy au micro de CNEWS/Europe 1, expliquant que cela relèverait d’un «abus de position dominante». Mais pour le reste, «il faut arrêter de blablater comme le fait la gauche», dénonce le député RN de la Somme : étant donné que «l’essentiel des raffineries est à l’extérieur des frontières françaises» et que le pays importe «la moitié du diesel qu’on consomme», taxer à outrance risque de créer des «tensions sur le marché». Et «à la fin il y aura moins de carburant et ça coûtera plus cher», assure-t-il.
Jean-Philippe Tanguy dénonce ainsi «les déclarations toutes plus ahurissantes les unes que les autres» de Jean-Luc Mélenchon, qui «s’agite sur son siège en criant “taxe ! taxe ! taxe !”». «Insulter les marchés sans proposer de solution concrète, ça fait augmenter les prix, et ce sont les Français qui payent, pas Monsieur Mélenchon.»
À la place, le Rassemblement national propose de son côté une baisse de la TVA de 20 à 5,5% dans le cadre d’un ensemble de mesures qui coûterait «entre 15 et 16 milliards d’euros», selon le député de la Somme. Ce coût serait compensé, selon le parti, par plusieurs mesures d’économies dont une baisse des prestations sociales aux étrangers. Jean-Philippe Tanguy suggère par ailleurs de puiser dans les réserves stratégiques de pétrole, mesure qui «ne coûterait rien».
Il dénonce par ailleurs l’impuissance du gouvernement face à la crise. Alors que «l’économie est vraiment au bord de l’effondrement», Emmanuel Macron, prend, selon lui, une «forme de plaisir à ne pas entendre les Français». «L’État français n’est pas tenu par les Macronistes, qui font n’importe quoi», affirme-t-il.
Les aides ciblées sont «nécessaires et justes», mais face à la «crise structurelle», il faut des «mesures structurelles» : invité de la matinale de TF1 ce mercredi matin, Bruno Le Maire a appelé le gouvernement à aller au-delà des coups de pouce dévoilés mardi pour les Français dans le besoin. L’ancien ministre de l’Économie propose de supprimer les certificats d’économie d’énergie (CEE), une «usine à gaz qui ne donne pas les résultats nécessaires», explique-t-il, citant les travaux de la Cour des comptes.
Le dispositif des CEE repose sur une obligation fixée par l’État aux fournisseurs d’énergie qui doivent inciter les consommateurs à réduire leur consommation. Pour remplir cette obligation, ils proposent des aides financières aux particuliers souhaitant réaliser des travaux d’économies d’énergie dans leur logement. Bruno Le Maire affirme donc que supprimer les CEE réduirait les coûts pour les vendeurs de carburant, et donc les prix.
Bruno Le Maire invite également l’État à accélérer la transition énergétique : se «débarrasser du pétrole», «financer l’électrification du pays», et «accélérer le déploiement des réacteurs nucléaires». «Nous sommes le pays en Europe qui produit l’énergie décarbonnée la moins chère grâce à son électricité nucléaire», ajoute-t-il.
Bruno Le Maire s’est également exprimé sur le budget 2027, expliquant qu’il y a «urgence à reprendre le contrôle de nos finances publiques» pour «nous donner la liberté demain de faire des investissements stratégiques». Cela passe par des mesures «immédiates» : désindexation des pensions de retraite de 1 point, désindexation des prestations sociales, gel du recrutement des fonctionnaires, gel de l’avancement des fonctionnaires, gel des aides aux collectivités locales qui ne sont pas en difficulté financière. Ce «frein d’urgence» doit s’accompagner, selon l’ancien locataire de Bercy, d’un maintien de la «taxation des très grandes entreprises». Et derrière, «on fera une réforme des retraites : 65 ans, capitalisation, soutien aux métiers difficiles».
Pas la moindre bougie ne brûle à l’horizon. Pas même un gâteau, moins encore de cotillons. Tout juste entend-on vrombir, de temps à autre, une corne de brume au fond de la salle. Quelques «Joyeux anniversaire !» fusent timidement, mais restent lettre morte. C’est que nous ne sommes pas à la fête d’anniversaire de Ségolène Royal, née le 22 septembre 1953, il y a 73 ans jour pour jour, mais à la première réunion publique de sa campagne à la primaire socialiste du mois d’octobre.
Dans un grand gymnase d’Alfortville, dans le Val-de-Marne, quelque 200 à 300 personnes sont venues écouter l’ancienne ministre socialiste, qui compte bien remporter l’élection présidentielle vingt ans après son échec au second tour face à Nicolas Sarkozy. C’est bien à ce niveau, totalement inespéré à ce stade, que l’intéressée place ses ambitions. «Nous croyons que Ségolène Royal peut devenir la première femme présidente de la République», a défendu sur scène son directeur de campagne, Luc Carvounas, par ailleurs maire de la ville hôte.
La patronne des Écologistes et candidate à la présidentielle Marine Tondelier a donné naissance le 18 septembre à son deuxième enfant, un petit garçon prénommé Léon, a-t-elle annoncé à l’AFP mercredi. Première prétendante à l’Élysée à avoir été enceinte, elle a précisé que l’accouchement s’était «très bien passé», et qu’elle allait pendant un certain temps «essayer d’inventer comment concilier une campagne présidentielle et un nouveau-né, dont la santé et le bien-être passent en priorité».
Lorsqu’elle avait annoncé fin mars sa grossesse, elle avait raconté ses difficultés après une fausse couche et un parcours de PMA et de FIV infructueux. C’est finalement après avoir mis en pause son projet d’enfant qu’elle était tombée enceinte.
Couper l’herbe sous le pied d’Édouard Philippe. Tel était l’objectif que s’était fixé mardi soir sur LCI le candidat LR à la présidentielle, Bruno Retailleau, pour tenter de rattraper son retard dans les sondages sur son concurrent Horizons, qui tarde à sortir du bois sur sa réforme des retraites. Une clarification d’autant plus retardée que, si le maire du Havre voulait détacher le sparadrap des 67 ans que ses adversaires veulent lui coller à la peau, l’émission «L’Heure de vérité» où il devait l’apporter jeudi prochain a été décalée au 8 octobre pour cause d’interview présidentielle.
De quoi constituer une fenêtre de tir pour le patron des Républicains, qui y a vu une aubaine pour se relancer. Car depuis la suspension de la réforme Borne dans le budget 2026, dont le sort a été renvoyé à la présidentielle, la question des retraites promet d’animer la campagne. Avec l’ambition de «sauver le régime de retraite pour les retraités», non seulement pour qu’ils ne soient pas «appauvris aujourd’hui et demain», mais aussi pour les «jeunes générations» le sénateur vendéen veut allier «liberté» et «responsabilité». Et ce, autour de deux âges.
Après les invectives par médias interposés et l’affaire Philippe Brun, et avant le vote des militants, place au fond : la primaire de l’espace social-démocrate commence réellement mercredi avec le premier débat télévisé réunissant les cinq candidats.
A 20h40 sur LCI, «Olivier Faure, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, candidats à la Primaire de la gauche participeront à une émission au format “Face aux Français”», a indiqué le PS dans un communiqué. «Sur le plateau, une dizaine de Français seront présents pour interroger les candidats sur les enjeux internationaux et les défis national relatifs à la transition écologique, la dette publique ou le pouvoir d’achat» poursuit le parti.
Le début de la primaire a été marqué par la mise à l’écart surprise du député socialiste Philippe Brun, qui avait obtenu ses parrainages, pour des accusations de violence contre une ancienne collaboratrice. L’élu de l’Eure, également suspendu à titre conservatoire, a demandé à être réintégré dans la primaire et a saisi la justice en ce sens. Il a déposé un référé contre le PS dont la décision devrait être rendue dans la matinée.
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Premier débat télévisé de la primaire de la gauche sur LCI
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- Quel sera le résultat du recours en justice de Philippe Brun ?
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