Lors de la mise en situation organisée dans le Tarn, le suspect a livré une version jugée peu convaincante par les avocats des parties civiles.
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Cédric Jubillar est accusé du meurtre de son épouse Delphine Aussaguel, disparue en décembre 2020. Après des années de déni, il a reconnu les faits en juillet 2024.
Contradictoire, « enferré dans ses mensonges », pas vraiment convaincant… Cédric Jubillar est loin d’avoir répondu aux attentes des parties civiles lors de la reconstitution de la nuit du meurtre de Delphine Aussaguel, en 2020 dans le Tarn. Cette dernière s’est achevée ce vendredi sans nouvelle révélation ni de version des faits crédible de la part de Cédric Jubillar, qui s’est empêtré dans ses contradictions selon les avocats des parties civiles. « Sans véritablement avouer les faits, il les a reconnus », résume Laurent Boguet, avocat de l’administratrice judiciaire chargée des enfants, après la reconstitution qui a duré plus de trois heures.
Organisée à la suite des aveux de culpabilité de Cédric Jubillar, elle s’est déroulée d’abord dans la villa du couple dans le village de Cagnac-les-Mines, près d’Albi, puis dans un champ où ont été retrouvés les ossements de l’infirmière de 33 ans et mère de leurs deux enfants. « Je crois qu’on est encore loin du compte. Maintenant, il va y avoir un procès devant la cour d’assises et on va pouvoir débattre de tout ce qui ne va pas […] il y a des choses qui ne collent pas », abonde Malika Chmani, l’autre avocate des deux enfants du couple.
« Il dit tout et n’importe quoi »
Extrait de sa cellule de la prison de Seysses, près de Toulouse, où il est détenu depuis juin 2021, Cédric Jubillar, 39 ans, est arrivé sur les lieux dans un véhicule de l’administration pénitentiaire. Sommé de rejouer la scène, acculé par les magistrats et les enquêteurs, il « continue de s’enferrer dans ses mensonges à l’infini, il dit tout et n’importe quoi, nous n’avons rien appris de nouveau ».
Pour Me Mourad Battikh, avocat d’oncles et tantes de la victime, sa version des faits est « un scénario construit, sans témoin, un scénario qui ne tient pas la route au regard des éléments matériels et pragmatiques auxquels il est confronté ». « Il a été incapable de porter le corps de Delphine. Mis en situation, il a été mis en difficulté immédiatement », poursuit l’avocat.
Une « mise en situation » plutôt qu’une reconstitution
Le 16 juillet, après cinq ans de déni, Cédric Jubillar a fini par admettre son crime, puis il a conduit les enquêteurs le lendemain à l’endroit où il avait dissimulé le cadavre de son épouse. Devant les magistrats, gendarmes et avocats de la partie civile qui scrutaient ses gestes, Cédric Jubillar a relaté sa version du déroulement de la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en plein confinement. Il s’agissait d’une « mise en situation » plutôt qu’une reconstitution, avait prévenu la première présidente de la cour d’appel de Toulouse, Chantal Ferreira.
Pour l’avocat d’une cousine de Delphine, Me Philippe Pressecq, la sincérité n’était pas au rendez-vous. « Avouer un meurtre, c’est quelque chose d’important mais quelque chose d’important aussi, ce sont les circonstances du meurtre, la préméditation, la façon de tuer, la façon de se séparer du corps […] et là, ce qu’il a à dire est tellement horrible, qu’il n’arrive pas à le dire et qu’il ne le dira jamais ».
« On a vu un Cedric Jubillar froid, sans affect »
Pour Me Pauline Rongier, l’attitude de Cédric Jubillar ne fait que confirmer « non seulement l’idée d’une intention de tuer mais également d’une réflexion préalable et d’une éventuelle préméditation ». « La reconnaissance partielle des faits […] sert ses intérêts personnels, on a vu un Cédric Jubillar froid, sans affect qui a décrit très factuellement un scénario sans émotion, sans parler d’elle, sans expliquer ce qu’il a pu ressentir en la voyant morte, sans incarner non plus tous ses actes », a-t-elle estimé.
De son côté, l’avocat de Cédric Jubillar présent lors de la reconstitution, Me Pierre Debuisson, n’a pas souhaité s’exprimer devant la presse. Condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025, il a fait appel de la décision. Un nouveau procès se déroulera à Toulouse du 30 avril au 14 mai, devant la cour d’assises de Haute-Garonne.
Mercredi et jeudi, une nouvelle séquence de fouilles, très attendues par la famille et les proches, a été organisée par les gendarmes, dans un champ de Mailhoc, qui n’avait pas encore fait l’objet d’investigations, selon une source proche de l’enquête, mais aucun élément nouveau n’a été retrouvé.
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Nouveau procès devant la cour d'assises de Haute-Garonne
Very likely · Within months

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