La France annonce un renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole après l'arrivée de milliers de migrants dans l'enclave espagnole.
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L'enclave espagnole de Ceuta a fait face à un afflux soudain de 72 000 migrants la semaine précédente.
Pendant trois heures ce matin, les ministres de l’Intérieur de l’UE se sont entretenus en visioconférence pour évoquer la situation de Ceuta, en Espagne. La semaine passée, l’enclave située au nord-ouest du Maroc a reçu un afflux soudain de 72 000 migrants. 70 000 d’entre eux sont rapidement repartis sous escorte policière, selon les chiffres avancés par le ministre de l’Intérieur espagnol. Cet événement a suscité des questionnements sur le contrôle des frontières et la coopération entre États membres.
À l’issue de la réunion d’urgence entre les ministres des 27, Laurent Nunez a résumé les échanges lors d’un point presse. Il a indiqué, en amorce, que tous les pays avaient «salué la gestion espagnole de la crise» et exprimé leur solidarité au gouvernement, dont la «coopération remarquable avec le Maroc» a également été notée. Au total, 75 corps de migrants morts ont été retrouvés, a déploré le ministre espagnol lors de cette réunion.
«Un renforcement significatif du contrôle à la frontière franco-espagnole»
Cette affaire a déclenché la mise en place de nouvelles mesures de lutte contre l’immigration clandestine en Espagne. Comme l’indique Laurent Nunez, un «barrage flottant», c’est-à-dire une frontière physique en mer, a été mise en place au large de Ceuta. Côté français, le ministre a affirmé qu’il y aurait dès maintenant un «renforcement significatif du contrôle à la frontière franco-espagnole», afin de surveiller les «mouvements secondaires». Cinq forces mobiles exercent un contrôle sur les 37 points de passages entre les Pyrénées orientales et les Pyrénées-Atlantiques. Ils seront renforcés à compter de ce mercredi par la force frontière d’intervention rapide qui va mobiliser 186 personnels supplémentaires.
«Nous avons tous convenu que l’espace Schengen n’était pas le problème, mais la solution», a-t-il poursuivi. «J’ai rappelé que nous étions à disposition des autorités espagnoles pour venir en soutien ou renforcer Frontex lorsqu’il le faut.» Dans les échanges, Laurent Nunez et ses homologues ont convenu qu’il fallait «renforcer notre lutte contre les réseaux de passeurs», travailler sur «le démantèlement des réseaux dans les pays de transit» et sur «le retour» des migrants dans leur pays d’origine.
L’adoption du pacte européen sur l’asile et la migration a également été saluée par les différents États membres. Parmi les mesures phare qui permettront une meilleure gestion des flux migratoires : le filtrage à l’entrée et au sein de l’UE avec un enregistrement des données biométriques et le raccourcissement de la procédure Dublin. «Tout le monde a salué les avancées sur le règlement retour qui supprime le délai de départ volontaire et donne des prérogatives accrues pour mieux identifier les réseaux de passeurs», a précisé Nunez, indiquant que la France était favorable à sa mise en œuvre.
À propos des nombreuses traversées de la Manche par des migrants qui veulent se rendre au Royaume-Uni, Laurent Nunez a affirmé qu’elles ne cessaient de décroître. «Depuis le début de l’année, le nombre de traversées réussies a été de 160, contre 413 l’année précédente. Le taux d’échec des traversées qui était de 58% l’an passé à cette date est passé à 65%, grâce à la nouvelle doctrine d’interception des navires en mer.»
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Renforcement de la force frontière d'intervention rapide avec 186 personnels supplémentaires.
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