Anthropic affiche 16,8 milliards $ de revenus trimestriels avant son IPO, New York réclame une pause
La start-up a présenté des revenus en forte hausse à ses futurs investisseurs, mais New York demande une pause sur l'IPO et METR commence ses audits de risques.
Quick Look
- Anthropic a présenté des revenus en hausse à San Francisco en vue d'une IPO visant plus de 2 000 milliards de dollars.
- Le contrôleur de New York demande de reporter l'opération, tandis que METR audite les risques de l'entreprise.
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Why It Matters
Anthropic prépare son introduction en bourse prévue pour la semaine du 9 novembre avec une valorisation record.
Des casquettes « thinking », et pas un mot sur l’extinction. Mercredi 14 octobre, Anthropic a réuni ses futurs investisseurs dans ses bureaux de San Francisco. Elle leur a annoncé 16,8 milliards de dollars de revenus au troisième trimestre, en hausse de 45 %. Le groupe dégage aussi un bénéfice ajusté pour le deuxième trimestre consécutif. Ainsi, le calendrier annoncé en septembre tient. Le roadshow vise la semaine du 9 novembre, juste après les élections de mi-mandat. La valorisation visée dépasse 2 000 milliards de dollars. Mais dès le lendemain, le contrôleur de la ville de New York a demandé de tout arrêter.
Points clés
Revenus trimestriels passés de 4,7 à 11,6 puis 16,8 milliards de dollars en 2026.
Mark Levine (plus de 325 milliards de dollars de fonds de pension) exige audits, contrôles et calendrier avant toute IPO.
Anthropic a donné le même jour à six salariés de METR un accès « comparable à celui d’un employé » pour auditer ses risques.
Anthropic : des revenus qui explosent, des attentes qui se dégonflent
Les chiffres présentés mercredi dessinent une croissance que peu d’entreprises ont connue. Les revenus sont passés de 4,7 milliards de dollars au premier trimestre à 11,6, puis 16,8. En comparaison, le groupe avait réalisé 4,6 milliards l’an dernier, en perdant plus de 8 milliards en exploitation. Devant les investisseurs, Dario Amodei et le directeur financier Krishna Rao ont insisté sur la rentabilité ajustée. Ils ont aussi vanté l’usage interne de leurs modèles, jusqu’à la conception d’une puce maison. Les participants sont repartis avec des casquettes, certaines frappées du mot « thinking ». Mais personne ne leur a parlé de risque d’extinction. Le prospectus déposé le mois dernier le qualifie pourtant de « catastrophique ou existentiel ».
La réserve se niche toutefois dans les projections. Reuters rapporte que des analystes voient le revenu annualisé atteindre 110 milliards de dollars fin 2026. Mais SemiAnalysis l’estime plutôt autour de 74 milliards. Son analyste Joey Brookhart explique au Financial Times que les investisseurs abaissent leurs prévisions depuis trois mois. En effet, de grands clients comme Meta basculent vers leurs propres outils. La société n’a pas communiqué de run-rate. En revanche, elle a rappelé 518 milliards de dollars d’engagements sur dix ans en cloud et en infrastructure.
New York demande une pause, METR entre dans les murs
Mercredi, Mark Levine, contrôleur de la ville de New York, a écrit à Dario Amodei. Il lui demande de reporter l’introduction en bourse. Son bureau gère des fonds de pension de plus de 325 milliards de dollars d’actifs. Dans sa lettre, il juge insuffisant l’accord « moralement contraignant » du 29 septembre. Ce texte lie la Maison Blanche et les laboratoires d’IA. Il réclame donc qu’Anthropic « précise comment elle mettra en œuvre des audits et des contrôles appropriés ». Il veut aussi connaître leur périmètre et « un calendrier prévisionnel ». Jeudi, il a enfoncé le clou sur CNBC. « Plutôt que de foncer tête baissée vers son IPO, l’entreprise devrait consacrer son énergie à ces risques sans précédent. » Anthropic n’a pas répondu.
La réponse est peut-être arrivée par un autre canal. Le même jour, Anthropic a annoncé avoir donné à six personnes de METR un accès « comparable à celui d’un employé ». Cette organisation à but non lucratif évalue les modèles de frontière. Ses évaluateurs disposent ainsi de matériel, de bureaux et d’outils internes, comme les équipes de risques d’Anthropic. METR publiera ses analyses sans droit de veto de l’entreprise. Celle-ci ne peut exiger que des caviardages dans des catégories prédéfinies, que METR pourra d’ailleurs contester publiquement. De son côté, SecureBio relit le chapitre armes chimiques et biologiques du rapport de risques d’août. Un modèle inspiré de la supervision bancaire, avec des examinateurs résidents.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Introduction en bourse visée pour la semaine du 9 novembre
Possible · Within weeks
Open Questions
- Anthropic va-t-elle reporter son introduction en bourse ?
- Quels seront les résultats précis des audits de METR ?






