
Un avocat des victimes et le CIJA réclament le transfert au Canada de l'universitaire libano-canadien, condamné à la perpétuité en 2023.
Quarante-six ans après l'attentat de la rue Copernic, des voix s'élèvent en France et au Canada pour exiger l'extradition de Hassan Diab, condamné par contumace en 2023 à la perpétuité par la cour d'assises spéciale de Paris.
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Le 3 octobre 1980, un attentat à la bombe contre une synagogue rue Copernic à Paris a fait quatre morts. Hassan Diab a été condamné par contumace en 2023 après avoir été extradé une première fois en 2014 puis libéré en 2018.
Même message des deux côtés de l'Atlantique : un avocat parisien de victimes et l'organe de la communauté juive canadienne appellent, séparément, à l'extradition du Canada vers la France de Hassan Diab, condamné en 2023 à Paris en son absence pour l'attentat de la rue Copernic survenu il y a 46 ans, jour pour jour.
Le 3 octobre 1980, l'explosion d'une bombe posée sur une moto à proximité de la synagogue de la rue Copernic à Paris, non loin de l'avenue des Champs-Élysées, fait quatre morts et plusieurs dizaines de blessés. Le 21 avril 2023, après trois semaines de débats et près de huit heures de délibéré, la cour d'assises spéciale de Paris condamne un universitaire libano-canadien, Hassan Diab, aujourd'hui septuagénaire, à la peine maximale, la perpétuité, en son absence, et décerne un mandat d'arrêt à son encontre.
«Niant ce passé et les faits dont on l'accuse, mais refusant de venir s'en expliquer à Paris, Hassan Diab coule des jours tranquilles au Canada», dénonce Me Antoine Casubolo Ferro, avocat parisien de 19 parties civiles, dans un communiqué transmis samedi à l'AFP. Depuis le verdict de la cour d'assises spéciale «ceux qui étaient les enfants de la synagogue de la rue Copernic et les proches des victimes décédés attendent l'extradition de Hassan Diab», poursuit-il. «Où en est la demande d'extradition ?», adresse le conseil au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et au président de la République Emmanuel Macron.
«Inacceptable»
Me Casubolo Ferro interpelle aussi les candidats à l'élection présidentielle : «Ne serait-il pas juste de poser comme préalable, incontournable, avant tout rapprochement entre le Canada, la France et l'Union européenne, l'extradition de Hassan Diab ?». La France a salué mi-septembre le projet d'approfondissement de la relation entre l'Union européenne et le Canada.
Un message similaire émane donc du Centre consultatif des relations juives et israéliennes du Canada (CIJA). «Il devrait y avoir extradition et il devrait y avoir transparence» de la part du gouvernement du Canada, expose à l'AFP Richard Marceau, vice-président principal et avocat du CIJA. «Malgré la décision de la cour d'assises spéciale de Paris, qui a déclaré M. (Hassan) Diab coupable, il est encore en liberté au Canada. C'est inacceptable qu'après 46 ans, justice n'ait pas été rendue», fustige le responsable.
«M. (Hassan) Diab devrait être derrière les barreaux en France», appuie-t-il. Contrairement à la France, qui n'extrade pas ses ressortissants, le Canada peut le faire au cas par cas. Que devient Hassan Diab ? L'université Carleton à Ottawa précise à l'AFP qu'il n'y est pas actuellement «employé et ne l'a pas été depuis décembre 2024». L'université souligne qu'elle «ne divulgue pas d'informations personnelles» pour «des raisons de confidentialité».
Nombreux rebondissements
Pendant le procès de 2023, l'accusation avait estimé que la perpétuité était la seule peine «envisageable» pour Hassan Diab et qu'il était «sans aucun doute possible» l'auteur de cet attentat jamais revendiqué. La défense avait plaidé l'acquittement, demandant aux magistrats professionnels d'«éviter une erreur judiciaire».
«Les parties civiles s'obstinent aujourd'hui, c'est leur rôle», commente auprès de l'AFP Me William Bourdon, avocat parisien de Hassan Diab. «Elles ne peuvent oublier les grandes réserves du juge canadien quand il avait autorisé l'extradition de Hassan Diab au regard de la faiblesse des charges», insiste l'avocat. Hassan Diab, qui n'a cessé de clamer son innocence, a été extradé vers la France en 2014. Il est retourné au Canada dès sa sortie de détention provisoire après un non-lieu accordé en janvier 2018, un des nombreux rebondissements dans le dossier.
La procédure d'extradition, qui a abouti au bout de six ans, avait tendu les relations diplomatiques entre la France et le Canada. «Certes il y a une condamnation que nous considérons comme très inique mais en parfaite contradiction avec une ordonnance de non-lieu très motivée rendue (en 2018) par deux juges d'instruction antiterroristes après de longues investigations», rappelle encore Me Bourdon. «Dans ce contexte, une décision favorable du juge canadien est très irréaliste» pour une éventuelle procédure d'extradition, conclut-il.

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