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La base aérienne de Fairford est utilisée par l'armée américaine pour des opérations défensives visant l'Iran, notamment dans le cadre de l'opération 'Epic Fury'. Le Royaume-Uni a autorisé cet usage en mars 2025. Dans le passé, les services de sécurité britanniques ont accusé l'Iran d'utiliser des intermédiaires pour mener des activités criminelles sur le sol britannique.
Je demande aux gens de faire preuve d'un peu de patience afin de laisser à la police et aux services de sécurité le temps et l'espace nécessaires pour accomplir leur travail. Sur la BBC, le ministère de la Défense britannique a déclaré, lundi 28 septembre, ne pas être en mesure de dissiper le brouillard qui entoure toujours l'arrestation de cinq personnes suspectées d'avoir voulu mener une opération terroriste sur une base militaire, dans la nuit de samedi à dimanche. Pressé de faire la lumière sur les événements qui ont troublé le quotidien des habitants des villages du secteur de Whelford, dans l'ouest de l'Angleterre, Wes Streeting a ajouté que gouvernement tiendrait "le public informé dès que possible".
En attendant, les spéculations s'affichent en une de la presse britannique. La plupart des quotidiens titrent sur la possible implication de l'Iran dans un "projet terroriste" déjoué, visant la base de la Royal Air Force (RAF) de Fairford, également utilisée par l'armée de l'air américaine. Voici les premiers éléments connus dans cette affaire.
Des habitants ont donné l'alerte
Les forces de l'ordre sont intervenues après avoir reçu un appel, vers 00h45 dimanche, signalant "trois véhicules suspects qui semblaient se diriger vers la base aérienne", a raconté un porte-parole de la police antiterroriste britannique, en charge de l'enquête. L'identité de ce témoin n'a pas été révélée. Une habitante s'est quant à elle exprimée dans la presse lundi matin, assurant avoir donné l'alerte un peu plus tard dans la soirée. Cette témoin, une agricultrice, a expliqué avoir contacté les secours après avoir constaté que l'accès à sa ferme, ainsi que la route, étaient bloqués par "trois vans blancs", en rentrant d'une soirée, aux alentours de 01h30.
"A proximité, j'ai vu un groupe d'hommes masqués, capuches sur la tête", a-t-elle raconté au micro de la BBC. "Quand ils m'ont vue, ils ont pris la fuite, certains dans les champs et d'autres en direction du village voisin. J'ai compris qu'il se passait quelque chose d'inhabituel", a-t-elle continué. "Il semble que quelqu'un a failli à sa mission", a-t-elle supposé, "stupéfaite" d'avoir eu à intervenir, alors que la base militaire de Fairford fait l'objet d'une étroite surveillance.
"Sachant que la base militaire fait l'objet d'un niveau d'alerte sécuritaire élevé, j'ai immédiatement appelé la police. En vain. Alors à 1h36, j'ai appelé les secours et 10 minutes plus tard, il y avait des policiers en arme dans tout le village."
Une agricultrice du Gloucestershire
à la BBC
Cité par la BBC, le ministre de la Défense, Wes Streeting, a remercié les citoyens qui, comme cette agricultrice, ont fait preuve de "vigilance". Il a cependant nié ses accusations d'un possible manquement des services de sécurité. Elle "n'a qu'une vision partielle" de la situation, a-t-il répondu, annonçant qu'il ne commenterait pas davantage l'enquête en cours.
De son côté, le président américain, Donald Trump, a assuré que les cinq hommes arrêtés dans la nuit étaient "surveillés depuis longtemps". "Ils cherchaient à causer de gros dégâts (...) et on les a eus", a-t-il déclaré face à la presse. A ce stade, le gouvernement britannique n'a pas confirmé que l'arrestation des suspects était liée à une quelconque opération conjointe entre Londres et Washington, le Premier ministre britannique, Andy Burnham, appelant sur X à "ne pas spéculer" alors que l'enquête est en cours.
Les cinq hommes arrêtés ont été remis en liberté sous caution, a annoncé lundi la police antiterroriste. "Cela ne veut pas dire que l'enquête est finie", a précisé le chef de la police antiterroriste, Laurence Taylor. Les déplacements des cinq hommes et "leurs contacts avec d'autres personnes" restent "soumis à des conditions strictes", a-t-il ajouté. La police antiterroriste assure "explorer de multiples pistes", y compris celle de l'implication d'un "Etat étranger".
L'Iran est pointé du doigt
"Nous nous défendrons toujours contre ceux qui veulent nous nuire", a commenté lundi le ministre des Affaires étrangères britanniques, Ed Miliband, depuis le Congrès du parti travailliste. Ajoutant que le Royaume-Uni devait être prêt à "faire face" à toute menace sécuritaire, il a déclaré que Londres agirait "contre les proxies de l'Iran". Lors d'un entretien mené à New York trois jours plus tôt avec son homologue iranien Abbas Araghchi, le chef de la diplomatie britannique avait déclaré que le Royaume-Uni ne tolérerait "aucune intimidation, menace ou activité hostile sur le sol britannique" de la part d'Etats ou d'organisations qui agissent pour les intérêts de la République islamique à travers le monde.
Aucune information n'a été dévoilée concernant le profil des cinq personnes interpellées. Leur arrestation à proximité d'un lieu si sensible pose la question d'un possible lien avec Téhéran. Si cette base aérienne a déjà été utilisée par l'armée américaine pour des opérations lors de la guerre du Golfe au début des années 1990 et de la guerre en Irak de 2003, le Royaume-Uni a de nouveau autorisé les Etats-Unis à utiliser les lieux, en mars, dans le cadre de ses "opérations défensives spécifiques visant l'Iran". Elle accueille ainsi des bombardiers et d'autres appareils américains utilisés au Moyen-Orient pour détruire des missiles iraniens.
"Avec [l'opération américaine intitulée] 'Epic Fury' la situation a changé", a déclaré Tristan Wilkinson, un conseiller municipal de la région, interrogé par l'AFP. "La communauté locale et les autorités ont fait preuve d'une vigilance accrue." "Nous savions que la base aérienne de Fairford fonctionnait à un niveau de sécurité élevé", a rappelé l'agricultrice qui a donné l'alerte. "Nous avions remarqué ces derniers jours de l'activité de la part de personnes dont j'ai pensé qu'il pouvait s'agir de policiers en civil", a-t-elle expliqué à la BBC.
Ces suspicions interviennent alors que le ministère de l'Intérieur britannique a accusé par le passé l'Iran de recourir à des intermédiaires pour mener des activités criminelles sur le territoire britannique. Pour Nigel Inkster, un ancien haut responsable des services secrets britanniques (MI6), l'implication de l'Iran, si elle n'est pas établie, "est une possibilité, compte tenu du rôle joué par la Royal Air Force dans la guerre [menée par les Américains] en Iran". Selon cet expert interrogé par la BBC, les investigations en cours, l'interrogation des suspects et surtout le travail de "la communauté du renseignement au sens large, pas seulement au Royaume-Uni mais chez leurs alliées et partenaires" devraient pouvoir faire la lumière sur ce point. L'Iran a de son côté démenti "catégoriquement" toute implication dans cette affaire.
Le secteur est encore très surveillé
A Whelford, commune située moins de 2 km de la base de Fairford, plus de 80 personnes ont été évacuées dimanche au petit matin. Dans la journée, des images filmées par hélicoptère ont montré la présence de robots démineurs proches des trois vans blancs garés au bord de la route. Pour autant, "il y a beaucoup de questions sans réponse", a noté Nigel Inkster. L'ancien espion a ainsi rappelé sur la BBC qu'aucune information n'avait été donnée à ce stade concernant la présence d'explosifs "viables" à bord des véhicules ou sur "le niveau de préparation" des suspects. Conformément à la loi britannique en matière de lutte contre le terrorisme, la police antiterroriste peut les détenir pendant quatorze jours pour les interroger.
Autour de la base militaire de Fairford, les habitants évacués n'étaient pas encore autorisés lundi matin à retourner à leur domicile, tandis que la presse était encore tenue à distance par un cordon policier. Et ce alors que la police du Gloucestershire a déclaré dès dimanche que l'incident en cours était désormais "maîtrisé".
AI outlook — possibilities, not facts
L'enquête antiterroriste britannique révélera dans les semaines à venir si les cinq suspects avaient des liens avec un État étranger ou un groupe organisé.
Likely · Within weeks
Le Royaume-Uni maintiendra ou augmentera ses mesures de sécurité autour des bases utilisées par les États-Unis pour des opérations liées à l'Iran.
Very likely · Within weeks

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