Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, jugé à Auch pour provocation publique
L'éleveur comparaît ce jeudi 3 septembre devant le tribunal judiciaire d'Auch pour avoir lancé lors de son élection en novembre dernier que les écologistes voulaient "crever" les agriculteurs et qu'il fallait "leur faire la peau".
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Bertrand Venteau, président de la Coordination rurale, est jugé ce jeudi à Auch pour provocation publique après des propos tenus contre les écologistes en novembre dernier.
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Bertrand Venteau avait tenu des propos virulents contre les écologistes lors de son élection à la tête de la Coordination rurale en novembre 2025.
Le soir de son élection à la tête de la Coordination rurale, en novembre dernier à Auch, Bertrand Venteau avait lancé sous les applaudissements que les écologistes voulaient "crever" les agriculteurs et qu'il fallait "leur faire la peau". L'éleveur revient pour être jugé, ce jeudi 3 septembre, pour provocation publique non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit.
Son public l'avait applaudi. Le 19 novembre 2025, au 32e congrès de la Coordination rurale à Auch, Bertrand Venteau d'être élu président du syndicat, d'une courte tête, face à la sortante Véronique Le Floc'h. L'éleveur de vaches limousines, porté par l'aile dure du syndicat, prend la parole et lance, en désignant ses adversaires : "Les écolos, la décroissance veulent nous crever, nous devons leur faire la peau." Il enchaîne : "Nous devons les combattre au quotidien, dans les départements, les régions, jusqu'au ministère."
Dix mois plus tard, c'est de nouveau à Auch qu'il revient s'expliquer, devant le tribunal judiciaire. Il comparaît ce jeudi 3 septembre pour provocation publique non suivie d'effet à commettre un crime ou un délit.
De la salle de congrès au tribunal correctionnel
Dans les jours suivant ces invectives contre les écologistes, le parquet d'Auch a reçu de nombreuses plaintes d'élus et d'associations, ainsi que des signalements de parlementaires au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, la disposition qui oblige toute autorité constituée à dénoncer un crime ou un délit dont elle a connaissance. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a elle aussi condamné "la violence" de cette déclaration, qualifiée de "profondément choquante et inacceptable".
L'infraction dont il est accusé relève de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Son article 24 punit de cinq ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende quiconque a directement provoqué, publiquement, à commettre des atteintes volontaires à la vie ou à l'intégrité de la personne, même lorsque cette provocation n'a été suivie d'aucun effet.
Interrogé fin août par le journal Sud-Ouest, Bertrand Venteau a maintenu les propos tenus lors de son élection et pour lesquels il est poursuivi : "Ce n’est jamais marrant de passer au tribunal. Mais après tout ce qui s’est passé cet été [incendies et sécheresse, ndlr], mes propos étaient pleins de sens." Auprès du média Vert, en 2025, l'éleveur avait par ailleurs dit douter de l’origine humaine du réchauffement climatique.
"Un adversaire politique et idéologique", plaide la Coordination rurale
Mais quelle sera la ligne de défense du syndicat agricole ? Dans un communiqué, la Coordination rurale explique que son président désignait "un adversaire politique et idéologique : une écologie punitive et décroissante dont nous combattons les idées et les conséquences pour l'agriculture française". Et ajoute : "Il n'était évidemment pas question d'appeler à s'en prendre physiquement à quiconque."
Le syndicat va plus loin et retourne l'accusation : "Derrière le procès d'un homme se pose désormais une question : veut-on bâillonner un syndicat agricole parce qu'il refuse de se soumettre au discours dominant ?"
En face, le syndicat Confédération paysanne, qui défend une agriculture "respectueuse des équilibres du vivant" par des pratiques agro-écologiques, ne l'entend pas de cette oreille. "Prendre pour cible les militants écologistes, c'est de l'obscurantisme et une facilité populiste, en pointant des boucs émissaires pour se décharger de ses responsabilités", estime-t-elle. Parmi les plaignants figurent notamment les Amis de la Terre et France Nature Environnement.
Deux rassemblements à quelques mètres l'un de l'autre
L'audience se tiendra donc selon toute vraisemblance dans un climat tendu. La Coordination rurale appelle à un rassemblement de soutien à son président jeudi matin à Auch, avant l'ouverture des débats. La Confédération paysanne doit, elle, participer à un autre rassemblement, à quelques mètres seulement du premier, pour afficher son soutien aux plaignants.
Le parking des allées d'Étigny a été fermé dès mercredi 2 septembre à 20 heures, et le restera jusqu'à jeudi 19 heures, les véhicules déjà stationnés pouvant sortir à tout moment. De fortes perturbations de circulation sont attendues dans le centre-ville entre 9 heures et 19 heures.
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Jugement de Bertrand Venteau par le tribunal judiciaire d'Auch
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