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Chaque automne, les enseignes américaines recrutent massivement avant Halloween pour faire face à la demande saisonnière. Cette année, malgré des stocks disponibles, les embauches annoncées sont nettement inférieures aux années précédentes, dans un contexte de hausse des taux d'intérêt et d'incertitudes géopolitiques.
Des citrouilles plein les rayons et personne pour les vendre. Chaque automne, les enseignes américaines recrutent par dizaines de milliers avant Halloween pour tenir le rush des fêtes. Cette année les stocks sont là mais les contrats d’embauche ne suivent pas.
Les employeurs américains n’ont annoncé que 90 787 embauches en septembre. Aucun mois de septembre n’avait fait pire depuis 2011. Le chiffre tombe deux semaines après la première hausse de taux de la Fed depuis 2023. Le bitcoin vit au rythme du coût de l’argent et le signal compte double pour lui avant la réunion du 28 octobre.
Embauches de septembre au plus bas depuis 2011
Le décompte vient du cabinet de reclassement Challenger, Gray & Christmas, qui recense chaque mois les annonces de licenciements et d’intentions d’embauche des entreprises américaines. Son rapport publié le 1er octobre ne laisse guère de place au doute. Les 90 787 embauches prévues en septembre reculent de 23 % sur un an (117 313 en septembre 2025) et retombent à un niveau inédit pour la période depuis 2011.
Le commerce de détail porte presque tout l’édifice, avec 65 150 intentions d’embauche sur le mois. Sur les neuf premiers mois de l’année, le secteur en totalise 66 557. Autrement dit, la distribution n’avait quasiment rien recruté avant septembre.
Regardez de plus près, et le tableau s’assombrit encore. Seules deux enseignes ont officiellement lancé leur campagne saisonnière : Spirit Halloween, avec un record historique de 52 000 postes, et Michaels, avec plus de 10 000. Cela fait 62 000 embauches saisonnières, contre 100 800 annoncées en septembre 2025. Les poids lourds se taisent. Amazon a recruté 250 000 saisonniers chacune des trois dernières années et dévoile d’ordinaire son objectif à la mi-octobre. Target (environ 100 000 postes) et Kohl’s (autour de 90 000) n’avaient rien communiqué au 23 septembre, selon Challenger.
« Les entreprises sont en période d’attentisme », résume Andy Challenger, directeur commercial du cabinet. Il ne voit pas venir « l’afflux d’intentions d’embauche qui accompagne la saison des fêtes », signe d’une « approche très prudente ».
Pourquoi les employeurs américains lèvent le pied
Andy Challenger énumère lui-même les freins : des coûts de l’énergie élevés, une guerre en Iran à l’issue incertaine, une hausse des taux qui renchérit le coût de l’embauche et la perspective d’une flambée des dépenses de santé. Beaucoup de vent contraire pour un seul trimestre.
Le mouvement ne date pas d’hier. Au quatrième trimestre 2025, les distributeurs américains n’avaient ajouté que 461 500 emplois, 15 % de moins qu’un an plus tôt et le plus faible gain saisonnier depuis 2008. Pour 2026, Challenger table sur environ 450 000 postes. Les machines y sont pour quelque chose. Les enseignes préfèrent désormais s’appuyer sur l’automatisation, leurs salariés en place et des viviers de travailleurs à la demande avant de signer de nouveaux contrats.
Le marché du travail américain se fige plus qu’il ne s’effondre. Les annonces de licenciements tombent à 43 281 en septembre, leur plus bas niveau pour ce mois depuis 2022. L’intelligence artificielle reste pourtant le premier motif de suppressions de postes depuis janvier, avec 120 136 départs, soit 21 % du total. Les entreprises gardent leurs troupes et ferment la porte aux nouveaux venus.
Le consommateur, lui, n’a pas encore jeté l’éponge. Les ventes au détail ont progressé de 1,2 % en août, et Andy Challenger le décrit comme « sous tension, mais toujours au rendez-vous ».
Emploi américain et Fed : le bitcoin entre deux feux
Les chiffres officiels ont confirmé la tendance le 2 octobre. D’après le Bureau of Labor Statistics, l’économie américaine n’a créé que 29 000 emplois en septembre, et le taux de chômage est remonté à 4,2 %. Les révisions piquent davantage. Juillet bascule en territoire négatif (-10 000 postes) et août passe de 162 000 à 133 000, soit 60 000 emplois effacés sur deux mois.
Voilà un vrai casse-tête pour la Fed. La banque centrale a relevé ses taux de 25 points de base le 16 septembre, à 3,75-4 %, face à une inflation sous-jacente qu’elle projette encore à 3,4 % pour 2026 selon l’indice PCE, sa mesure de référence. La grande majorité des membres du comité anticipent au moins une hausse supplémentaire d’ici la fin de l’année. Après le rapport sur l’emploi, les traders ne voyaient plus guère de chances d’un nouveau tour de vis dès la réunion du 28 octobre, rapportait CNBC le 2 octobre.
Pour le bitcoin, qui évolue autour de 83 500 dollars ce 12 octobre, l’équation a deux faces. Un emploi qui ralentit éloigne la menace d’une nouvelle hausse de taux, ce qui soulage d’ordinaire les actifs risqués. Un consommateur qui décroche pour de bon ressemblerait en revanche à un début de récession, et dans ce scénario les investisseurs vendent souvent en premier ce qui bouge le plus.
AI outlook — possibilities, not facts
Les détaillants américains annonceront davantage d'embauches saisonnières d'ici mi-octobre pour rattraper le retard observé en septembre.
Possible · Within weeks
La Fed maintiendra ses taux d'intérêt inchangés lors de sa réunion du 28 octobre 2026.
Likely · Within days

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