Budget 2027 : Coup dur pour Lecornu, le projet de loi rejeté à l’unanimité à l’Assemblée
Le texte arrivera au Sénat le 20 novembre dans sa version initiale, après un rejet massif par tous les bords politiques
Quick Look
- L'Assemblée nationale a rejeté à l'unanimité le projet de budget de l'État pour 2027 après dix jours de débats.
- Le texte arrivera au Sénat le 20 novembre dans sa version initiale.
- Le ministre Sébastien Lecornu devra trouver des compromis pour éviter la censure, alors qu'aucun accord ne se dessine actuellement avec les oppositions.
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Why It Matters
Le projet de budget de l'État pour 2027, dernier budget de la présidence Macron, visait un déficit à 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % escomptés cette année. Après une dizaine de jours de débats, les députés ont rejeté le texte à l'unanimité en première lecture. Le texte arrivera au Sénat le 20 novembre dans sa version initiale.
Sébastien Lecornu va devoir revoir sa copie et surtout trouver des compromis s’il veut éviter la censure. Après une dizaine de jours de débats, les députés ont rejeté mercredi à l’unanimité le projet de budget de l’État pour 2027 profondément transformé. Le texte arrivera donc au Sénat le 20 novembre dans sa version initiale.
Un texte rejeté par tous les bords politiques
Comme l’an passé, l’Assemblée a massivement rejeté en première lecture le texte, les oppositions désapprouvant les choix du gouvernement, et les soutiens de ce dernier déplorant un texte totalement détricoté. Le rejet de la partie recettes a été voté par 458 députés issus de tous les groupes, y compris ceux soutenant le gouvernement. Seuls deux élus du groupe communiste et ultramarin se sont abstenus.
Le temps du compromis viendra « après », a voulu tempérer Matignon, renvoyant à « décembre » un éventuel accord entre la version du gouvernement et celle à venir du Sénat. Toutefois, contrairement à l’an dernier où Sébastien Lecornu avait trouvé un accord de non-censure avec le PS, aucun compromis ne se dessine à ce stade.
L’Assemblée a largement amputé le dernier budget de la présidence Macron, censé viser un déficit à 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 escomptés cette année. Des mesures d’économies, sur l’abattement dont bénéficient les retraités ou sur les collectivités, ont notamment été supprimées par les députés, tout comme la surtaxe sur les grandes entreprises. Au grand dam du ministre des Comptes publics, David Amiel, qui a chiffré à « 5,9 » % du PIB le déficit virtuel qui découlerait du vote des députés.
« Ce budget n’était pas crédible à l’origine », a critiqué Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances. C’est « le testament d’un pouvoir qui aura réussi l’exploit d’enrichir les plus riches tout en appauvrissant l’État », a ajouté Estelle Mercier (PS), accusant les macronistes de voter « main dans la main » avec le RN contre certaines taxes. Jean-Philippe Tanguy, responsable des questions budgétaires au RN, a, lui, accusé le gouvernement dans une charge virulente de mentir « sciemment » en laissant penser que le Parlement peut réécrire le budget à la place du gouvernement.
Vers un 49.3 ?
Au gré de débats parfois nourris, mais régulièrement tenus dans un hémicycle déserté, les députés ont fait adopter certains marqueurs : une taxe Zucman sur les multinationales pour la gauche, un prêt immobilier à taux zéro pour les jeunes couples côté RN, une taxe renforcée sur les holdings pour le MoDem… Des victoires effacées par le rejet du budget.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le gouvernement utilisera l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote
Likely · Within weeks
Un accord de non-censure sera trouvé entre le gouvernement et le PS en décembre
Possible · Within months
Open Questions
- Quels compromis Sébastien Lecornu pourra-t-il trouver avec les oppositions pour éviter la censure ?
- Quelle sera la position du Sénat sur le budget initial ?
- Le gouvernement utilisera-t-il l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget ?


