Carburants : le gouvernement maintient son refus de baisser la fiscalité malgré la hausse des prix
Bercy privilégie des aides ciblées plutôt qu'une baisse générale des taxes ou un plafonnement des prix, invoquant l'état des finances publiques.
Quick Look
- Le gouvernement français rejette toute baisse générale de la fiscalité sur les carburants ou plafonnement des prix, citant l'état des finances publiques.
- Il privilégie des aides ciblées de 1,4 milliard d'euros face à des prix à la pompe atteignant des niveaux records.
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Why It Matters
Les prix des carburants atteignent des niveaux records en France, influencés par le conflit au Moyen-Orient. Le gouvernement privilégie des aides ciblées plutôt qu'une baisse de la fiscalité.
Le gouvernement reste «défavorable» à des «mesures plus générales» d'aides pour faire face à la hausse des prix des carburants, en raison notamment de la «situation des finances publiques», a déclaré Bercy mercredi, à l'issue d'une réunion avec les distributeurs de carburant. Certains participants à cette réunion «ont pu s'exprimer dans la presse sur l'opportunité de mesures plus générales», comme une baisse temporaire de la fiscalité sur le carburant, mais «le gouvernement y reste défavorable», a expliqué le ministère de l'Economie lors d'un point presse par téléphone. «S'agissant d'un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s'il le souhaite opportun», a dit Bercy, qui y reste «défavorable» car «plafonner, c'est organiser la pénurie».
Quant à une baisse de la fiscalité, faite dans d'autres pays, «la situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure» en France, a expliqué Bercy. La même source a souligné que ce n'était «pas la ligne» retenue par le gouvernement, privilégiant «des aides ciblées sur les ménages et les entreprises les plus exposées», pour un montant global de 1,4 milliard d'euros. La semaine dernière, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait estimé «qu'il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait, si c'était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants».
Le gouvernement a en outre rassuré mercredi à nouveau sur la disponibilité en carburant, martelant qu'il n'y a «pas de risque sur l'approvisionnement des stations au niveau national». Interrogé sur l'impact des hausses de prix sur les recettes fiscales, Bercy a indiqué que la consommation de carburant s'était ajustée aux prix, étant en moyenne en baisse de 5,5%. A fin août dernier, les recettes fiscales sur les carburants comptaient 9 millions d'euros de plus qu'à fin août 2025, avec +304 millions d'euros de TVA nette compensant -295 millions d'euros d'accises perçues, dixit Bercy.
Mercredi à 11H00, l'essence SP95-E10, la plus consommée par les Français, se vendait en moyenne à 2,124 euros le litre, un niveau record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et le gazole, à 2,292 euros le litre, selon un calcul de l'AFP à partir des données gouvernementales. Ces carburants sont ainsi respectivement 23,5 et 33,3% plus chers que fin février. Ces moyennes excluent la Corse et les départements et régions d'outre-mer. Plus tôt mercredi, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, avait estimé sur RMC/BFMTV que les prix resteraient «tendus» tant qu'il n'y aura pas la «paix» au Moyen-Orient.
Open Questions
- Quelle sera l'évolution des prix si le conflit au Moyen-Orient perdure ?
- Les aides ciblées seront-elles suffisantes pour les ménages précaires ?






