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Chasse au gibier d'eau : polémique sur l'ouverture de la saison en période de sécheresse
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Chasse au gibier d'eau : polémique sur l'ouverture de la saison en période de sécheresse

La LPO demande le report de l'ouverture dans 44 départements, tandis que les chasseurs défendent une pratique responsable et adaptée.

Quick Look

  • La LPO et quatre associations réclament le report de l'ouverture de la chasse au gibier d'eau dans 44 départements français, invoquant la sécheresse et les canicules.
  • Les chasseurs, eux, rejettent cette demande, affirmant pratiquer une gestion responsable des milieux.

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Why It Matters

La France connaît des épisodes de sécheresse et de canicule intenses affectant les écosystèmes. La chasse au gibier d'eau est une pratique réglementée dont l'ouverture est prévue pour le 21 août dans plusieurs départements.

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La Ligue de protection des oiseaux (LPO) et quatre autres associations demandent le report de l'ouverture de la chasse au gibier d'eau dans 44 départements qui ouvre vendredi 21 août. Face à la sécheresse extrême dans certains départements, aux canicules répétées et aux incendies qui ont détruit certaines forêts françaises, la LPO a demandé au ministre et aux préfets de prendre cette décision pour accorder un répit à la faune harassée, comme les humains, par les événements climatiques de cet été.

En Sologne, entre le Loiret, le Loir-et-Cher et le Cher, qui compte 3 200 étangs, les chasseurs dénoncent un prétexte pour interdire purement et simplement leur loisir. Nicolas Manssens, chasseur et locataire de l'étang Charrier, près de la commune d'Augy-sur-Aubois, au sud de Bourges, à la frontière de l'Allier défend cette position. Les canicules ont moins touché le plan d'eau cette année qu'en 2023, assure-t-il : "On a eu des années avec des niveaux beaucoup plus bas que ça. Les fortes chaleurs n'ont pas aidé au développement des jeunes canetons. Mais bon...".

Les chasseurs revendiquent une approche responsable

C'est pour ça que Nicolas Manssens ne chassera pas sur son étang dimanche. Mais lui qui préside l'association des chasseurs de gibiers migrateurs du Cher, qui compte une quarantaine de membres, rejoindra une autre société de chasse dont il est actionnaire. "L'ouverture, c'est un peu comme la rentrée des classes, on fait le tour, on regarde ce qu'on a, poursuit-il. C'est un moment de partage, de convivialité aussi. S'il y a 100 oiseaux sur l'étang, on ne va pas massacrer 100 oiseaux."

C'est cette approche responsable qu'il revendique. Cet étang, ils l'entretiennent, l'agrainent, c'est-à-dire qu'il y a des mangeoires à maïs, du millet planté pour l'hiver. Ils y assurent aussi la reproduction. "On fait une vingtaine de nids-tubes sur cet étang pour avoir 15-20 couvées, explique-t-il. Ce sont 15-20 couvées qui ne se feraient pas ou qui se feraient prédater par les corneilles ou les renards, parce qu'ils seraient en bordure d'étang. C'est tout un travail au long de l'année".

"Là, Il y a 100 ou 150 oiseaux. Si on faisait une levée d'étang, il y aurait un, deux oiseaux, peut-être trois oiseaux prélevés, parce qu'on est sept ou huit à chasser. En pourcentage, ça ne représente même pas 5% de la population."

Nicolas Manssens, chasseur et locataire de l'étang Charrier

Sur la rive, derrière la roseraie, les vanneaux huppés et les canards colverts s'envolent à notre approche. Au bord de l'eau, on voit bien que d'autres animaux viennent s'abreuver là. "Je pense qu'en cherchant, on va trouver deux ou trois pieds de chevreuil", avance Nicolas Manssens.

Puisqu'ils observent leur terrain, les chasseurs s'adaptent déjà, souligne Willy Gaubert, le directeur de la Fédération départementale des chasseurs du Cher. "Le 27 septembre, jour d'ouverture générale de la chasse dans le département du Cher, on va ouvrir certaines espèces de petits gibiers. Beaucoup de territoires attendront, comme d'habitude, l'ouverture de l'espèce lièvre, qui a lieu 15 jours plus tard, pour commencer à chasser. Dans deux mois, on aura un peu plus de recul sur les conséquences des épisodes caniculaires sur la faune sauvage."

“Il y a une vraie attention à ce qu'il se passe et on n'est pas complètement irresponsables par rapport à la faune qui nous entoure et la faune que l'on chasse."

Willy Gaubert, directeur de la Fédération départementale des chasseurs du Cher

Les associations de protections de la nature défendent la préservation des espèces et des habitats

Direction Sassay, dans le Loir-et-Cher. Sur la route, on se croirait en automne. "La forêt a déjà cette couleur-là depuis au moins le mois de juillet, constate Marie Blondel, chargée de missions naturalistes à Sologne nature environnement. Les arbres souffrent extrêmement du manque d'eau, tout simplement."

Désormais 77% du territoire français est touché par la sécheresse. "Avec le manque d'eau, explique Marie Blondel, toutes les espèces se rassemblent au même endroit, celles qui sont chassables, mais aussi celles qui sont non chassables. Et c'est sûr qu'en tirant sur les espèces chassables, à côté, on va déranger celles qui sont protégées." Elles iront peut-être sur le plan d'eau d'à côté, "s'il y a de l'eau". Mais, "s'il n'y a pas d'eau, elles vont devoir aller beaucoup plus loin et elles vont s'épuiser. Elles auront moins de répit pour reprendre des forces pour leur migration". Des étangs de chasse d'autant plus attirants que s'y trouve de la nourriture en abondance. "C'est vraiment un moyen de les regrouper autour de l'étang pour mieux les tirer autour de l'étang, estime Marie Blondel. Les espèces migratrices n'ont pas besoin d'être nourries, elles savent très bien se nourrir naturellement".

Elle réclame donc un changement de paradigme : "La chasse est un dérangement pour les espèces. Mais la base, c'est vraiment de préserver les habitats. On n'en fait pas assez pour la préservation de l'environnement en général. On a plein d'espèces qui nichent dans les arbres. Si vous enlevez les arbres, elles ne pourront plus nicher. On a des espèces qui vivent dans les bosquets, dans les haies. Les haies représentent un maillon essentiel de la chaîne alimentaire. Ce sont toutes ces petites espèces auxquelles on ne prête pas forcément attention et qui disparaissent tranquillement."

"Notre but, ce n'est pas de préserver les espèces pour après qu'elles soient encore en assez bonne condition pour être chassées. Notre but, c'est juste qu'elles puissent perdurer."

Marie Blondel, chargée de missions naturalistes à Sologne nature environnement

Avec 64 espèces d'oiseaux chassables, la France détient le record en Europe, note la Ligue de protection des oiseaux. À territoire et faune comparables, l'Espagne et l'Italie ne chassent que 34 espèces. La préfecture du Var prévoit de prendre un arrêté pour interdire la chasse, qui ouvrira le 13 septembre, "dans les secteurs boisés incendiés", hors sangliers, pour "favoriser le repeuplement par le petit gibier des zones incendiées".

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • La préfecture du Var interdira la chasse dans les zones boisées incendiées.

    Very likely · Within weeks

Open Questions

  • Les préfets suivront-ils la demande de report de la LPO ?
  • Quel sera l'impact réel de la sécheresse sur les populations migratrices ?

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This article was originally published by France Info.

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