Cinq questions sur les 3 000 professeurs mobilisés en urgence dans les lycées
Le ministre de l'Education nationale a annoncé le redéploiement de quelque 3 000 enseignants remplaçants dans les lycées les plus touchés par les absences.
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Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé le déploiement de 3 024 professeurs remplaçants dans les lycées les plus critiques, identifiés grâce à un nouveau logiciel.
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Le ministère de l'Education nationale fait face à des problèmes récurrents de non-remplacement d'enseignants dans le secondaire.
Une première mesure concrète. Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a annoncé jeudi 8 octobre le déploiement de quelque 3 000 professeurs dans les lycées où la situation est la plus critique. "Grâce à un logiciel que j'ai demandé il y a un an, on a pu, en ce début d'année – c'est la première fois qu'on le déploie –, identifier les établissements qui sont dans des situations que je qualifierais de très problématiques. Il y a 114 lycées dont je dirais qu'ils sont rouges et 400 qui sont orange", a-t-il expliqué, précisant le lendemain qu'ils étaient précisément au nombre de 3 024. Où ces enseignants ont-ils été trouvés ? Quand seront-ils en poste ? Franceinfo revient sur cette annonce en cinq questions.
1 D'où viennent ces enseignants ?
"On a 3 000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l'élève. Dans les prochaines heures, ils vont rejoindre ces établissements", a déclaré Edouard Geffray. "Dans le jargon de l'Education nationale, ce sont des TZR", a précisé Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, sur franceinfo. Ce sigle signifie "titulaires sur zone de remplacement". C'est un personnel "titulaire du second degré affecté à titre définitif sur une zone de remplacement", expose l'académie de Versailles (PDF).
Les TZR ne sont pas que des enseignants. Il s'agit de l'ensemble des personnels d'enseignement, d'éducation, d'orientation et de documentation. Mais dans le cas précis des enseignants, ce sont "le plus souvent des professeurs certifiés, plus jeunes que la moyenne et au début de leur carrière. Cette affectation est rarement un premier choix", expliquait le ministère de l'Education nationale en 2016. Selon un rapport de la Cour des comptes (PDF), ils étaient "moins de 10 000 en 2021".
2 Pourquoi n'ont-ils pas été sollicités plus tôt ?
Les besoins n'étaient pas encore identifiés et de nouveaux outils étaient en cours de développement, selon le ministère. Sur le sujet des professeurs non remplacés, parmi les thèmes prioritaires soulevés par les élèves, Edouard Geffray a déclaré mercredi lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale, avoir lancé un "recensement", d'ici au soir même, de tous les TZR sans poste, pour qu'"ils puissent être réaffectés d'ici la fin de la semaine". "J'aurai ce soir la cartographie de tous les établissements qui sont exposés à une situation anormale ou préjudiciable pour les élèves, une absence durable, non remplacée, notamment pour les élèves des classes à examen, première et terminale", a-t-il déclaré.
3 Quand seront-ils en poste ?
"Ces 3 000 professeurs sont en train d'être contactés en direct par les académies", a déclaré le ministre de l'Education nationale. Un professeur d'histoire-géographie doit par exemple être affecté dans le lycée visité par Edouard Geffray et devant lequel il s'est exprimé, vendredi matin, à Cachan (Val-de-Marne). Selon lui, ce remplaçant devrait "probablement être appelé ce matin", a-t-il commenté, relevant que "généralement, cela se passe en douze à vingt-quatre heures".
"Ils vont connaître progressivement leur affectation dans la journée ou peut-être en début de semaine [prochaine], parce qu'il y a toujours un petit temps de réglage."
Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale
lors d'un point-presse
"On va essayer d'affecter le plus vite possible des TZR", a déclaré Emmanuel Roux, recteur de l'académie de Toulon, invité d'ICI Azur vendredi. Des remplacements de long terme ont été pourvus "hier soir" dans deux établissements, à Château-Thierry et Soissons (Aisne), a fait savoir Benoît Bonaimé, recteur de l'académie d'Amiens, au micro d'ICI Picardie.
Dans l'académie de Grenoble, "on aura entre 80 et 100 enseignants que nous allons redéployer sur l'ensemble de l'académie de manière à porter des solutions à très court terme sur les établissements les plus impactés par le remplacement de longue durée", décrit Philippe Dulbecco, recteur de l'académie de Grenoble.
Le changement de méthode, c'est qu'avant, "on travaillait par discipline (maths, anglais, français...), maintenant on travaille par établissement", a détaillé Benoît Bonaimé. "On identifie les établissements où il y a le plus de problèmes de remplacements qui se concentrent, et c'est sur ces établissements qu'on agit avec ces moyens complémentaires que le ministre a annoncés", a-t-il expliqué.
4 Vont-ils enseigner leur discipline ?
Pas forcément, a fait savoir Edouard Geffray. Ces 3 024 professeurs pourront être affectés "en soutien, lorsque leur discipline ne correspond pas forcément à un besoin", a-t-il expliqué. "Cela permet, par exemple, de prendre des petits groupes, de lutter contre la grande difficulté scolaire ou d'avoir du rattrapage pour des lycéens qui n'ont pu avoir cours ces derniers jours", a-t-il fait valoir.
Mais les titulaires sur zone de remplacement doivent d'abord prendre la place de professeurs qui enseignent la même discipline qu'eux et n'étaient pas remplacés parfois "depuis plusieurs semaines". "Surtout, c'est ça l'objet", a insisté le ministre de l'Education nationale.
5 Comment leur affectation a-t-elle été décidée ?
Il est en travaux depuis environ un an, a fait savoir Edouard Geffray. "C'est un outil que l'on a aussi dopé à l'IA, qui permet d'avoir une géolocalisation précise et qui mesure le temps de transport des professeurs", a-t-il expliqué. "Cela nous aide évidemment à les affecter parce que si vous affectez quelqu'un à l'autre bout de sa zone (...) vous compliquez singulièrement sa tâche", a-t-il fait valoir. "On a optimisé nos processus et aussi la qualité de vie de nos remplaçants", a-t-il résumé.
"Ces dispositifs-là ont, pour certains, à peine quelques jours", a-t-il concédé. "Je dois avouer que l'on a un peu boosté les choses ces dernières semaines. Et ils nous permettent d'utiliser toute la ressource disponible, c'est-à-dire ces 3 000 professeurs."
Open Questions
- Quels seront les lycées précisément concernés par le dispositif ?
- Combien de temps durera cette mesure de redéploiement ?






