Circle cède 100 millions de dollars d’actions à Binance et signe un accord commercial de cinq ans
L’émetteur du stablecoin USDC s’associe à la plateforme Binance via un placement privé et un accord de distribution sur cinq ans.
Quick Look
- Circle a vendu l'équivalent de 100 millions de dollars d'actions à Binance dans le cadre d'un placement privé.
- Simultanément, les deux entreprises ont conclu un accord commercial de cinq ans prévoyant une commission mensuelle pour Binance.
AI-generated summary
Why It Matters
Circle a cédé 100 millions de dollars d'actions à Binance et signé un accord commercial de cinq ans pour l'USDC.
Les bons comptes font les bons amis. Circle, l’entreprise à l’origine du stablecoin USDC, a cédé à Binance l’équivalent de 100 millions de dollars d’actions de classe A. Le placement privé a été clôturé le 17 septembre et rendu public cinq jours plus tard via le formulaire 8-K déposé auprès du gendarme boursier américain, la SEC.
Le même jour, les filiales de l’émetteur de l’USDC signaient un accord commercial de cinq ans qui circule dans l’autre sens : Circle versera à Binance une commission mensuelle calculée en pourcentage des encours d’USDC détenus via son infrastructure Modular Smart Contract Wallet.
Points clés
Circle a vendu à Binance 100 millions de dollars en actions, dans un placement privé clôturé le 17 septembre
En échange, Circle versera à Binance une commission mensuelle sur les encours d’USDC détenus via son infrastructure Modular Smart Contract Wallet, pendant cinq ans
Les actions sont bloquées deux ans : Binance ne peut ni les vendre, ni les nantir, ni les couvrir, mais conserve tous ses droits d’actionnaire
Le 8-K a été déposé au lendemain d’une information de Bloomberg sur une enquête des procureurs fédéraux visant un possible contournement des sanctions contre l’Iran
Binance investit 100 millions de dollars dans Circle, actions bloquées deux ans
Fort de 75 milliards de dollars de marketcap, l’USDC de Circle est le deuxième stablecoin derrière l’USDT de Tether. Le 22 septembre, Binance et Circle ont rendu publique un accord mutuel via un le dépôt d’un formulaire 8-K auprès de la SEC.
D’une part, Circle a vendu 1 237 011 actions de classe A à 80,84 dollars l’unité, soit 100 millions de dollars. Des titres qui ne bougeront pas de sitôt. En effet, Binance s’interdit de les vendre, de les transférer, de les nantir ou de les couvrir pendant deux ans à compter de la clôture, ou jusqu’à ce qu’elle mette fin aux accords commerciaux dans certaines circonstances. Trois exceptions subsistent : les transferts vers des entités affiliées, une offre de rachat approuvée par le conseil d’administration ainsi que les cessions imposées par la loi. L’exchange conserve en revanche l’intégralité de ses droits d’actionnaire, droit de vote compris.
À noter que le prix d’achat des parts est légèrement plus bas que le cours de marché. Effectivement, le CRCL s’échangeait autour de 85 dollars à la date de clôture, avant de terminer à 94,49 dollars quelques séances plus tard. La ligne de Binance pèse donc près de 116,9 millions de dollars, soit près de 17 millions de dollars de plus-value latente dans les séances qui ont suivi l’achat.
Toutefois, le titre reste encore très loin de ses sommets. Introduit en Bourse à 31 dollars en juin 2025, il avait flambé au-delà de 290 dollars quelques semaines plus tard avant de chuter. Sur douze mois, CRCL accuse encore un repli d’environ 34 %, quand le S&P 500 gagne, quant à lui, 16,5 % sur la même période.
USDC : Circle paie toujours pour sa distribution
D’après le document déposé auprès de la SEC, il s’agit de la troisième version de cette accord en moins de deux ans. Le dépôt précise qu’il annule et remplace les contrats conclus en novembre 2024 puis en août 2025. Le premier avait été dévoilé à l’Abu Dhabi Finance Week, Binance annonçant alors l’intégration de l’USDC dans l’ensemble de ses produits et son entrée dans la trésorerie de l’entreprise.
Payer pour être distribué, c’est le modèle de l’USDC depuis ses débuts. Coinbase, cofondateur du stablecoin au sein du consortium Centre, empoche la moitié des revenus générés par les réserves. Ainsi, près de 908 millions de dollars lui ont été reversés sur le seul exercice 2024.
Désormais, grâce à cet accord, Binance rejoint la fiche de paie en devenant au passage actionnaire de celui qui la rémunère. Hé oui, cette accord bi-latéral permet à Binance d’obtenir une commission de la part de Circle. L’entreprise s’est également engagée à promouvoir davantage le stablecoin auprès de ses utilisateurs.
L’opération a été signée au lendemain du lancement d’Arc, la blockchain de Circle, dont l’USDC fait office de jeton de gas. BlackRock, le DTCC et Visa figurent dores et déjà parmi ses validateurs fondateurs, et Binance parmi les plateformes qui en ouvrent l’accès aux utilisateurs.
À Francfort, le vrai dossier est déjà le dollar
L’arithmétique de Circle est limpide : 100 millions de dollars levés avec une décote, contre une commission mensuelle versée pendant cinq ans sur les encours d’USDC logés dans son infrastructure de wallets. L’émetteur s’achète une vitrine chez la première plateforme mondiale en volume et s’attache un actionnaire qui ne pourra pas céder ses titres avant deux ans.
Le calendrier, lui, parle presque tout seul. Le placement privé a été clôturé le 17 septembre. Le même jour, le Wall Street Journal écrivait que Christine Lagarde serait intervenue auprès de Kyriakos Mitsotakis pour faire dérailler la licence MiCA de Binance en Grèce. Quatre jours plus tard, le 8-K officialise un pacte de cinq ans pour pousser l’USDC.
Selon le quotidien américain, deux motifs auraient pesé : le plaidoyer de culpabilité de 2023 aux États-Unis, et la crainte de voir Binance renforcer les stablecoins en dollars face à l’euro numérique. Binance a retiré sa demande grecque le 24 juin, avant toute décision formelle. Depuis le 1er juillet, ses services européens sont restreints, faute d’agrément passeportable dans les 27.
Rien n’est tranché. Sous MiCA, la BCE n’a aucun droit de veto : l’agrément d’un CASP relève des régulateurs nationaux. La HCMC dément les propos attribués à ses responsables. Ni Francfort ni Binance ne commentent autre chose que de la « speculation ». Le fond monétaire, lui, est public : Lagarde a déjà prévenu contre une dollarisation numérique portée par Tether et Circle.
C’est précisément ce rail que l’accord verrouille. Circle paie Binance pour distribuer de l’USDC. Binance devient actionnaire de Circle. Le communiqué vise les marchés émergents et ne cite pas l’Europe. Il n’en a pas besoin : si l’inquiétude attribuée à Lagarde était bien celle-là, le 8-K lui répond sans lui parler. Le compte, lui, est en dollars.
Open Questions
- Quel sera l'impact réel de l'accord sur les volumes de l'USDC ?
- Quelle sera la position finale des régulateurs européens face aux stablecoins ?







