Accusés de « feignants » sur fond de comparaisons avec le système chinois, les lycéens français protestent contre des journées à rallonge liées à des trous dans l’emploi du temps.
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La réforme du lycée en France de 2019 a modifié l'organisation des emplois du temps, créant parfois d'importants trous dans les journées des élèves.
Plutôt que de prendre en compte toutes les revendications des lycéens - qui vont de professeurs non remplacés durant des mois, aux équipements vétustes ou encore aux classes surchargées - certains préfèrent ne retenir que les horaires à rallonge qu’ils dénoncent. En effet certains arrivent à 8 heures et ne quittent pas leur établissement avant 18h30, et ce en raison de trous importants dans leurs journées. Une mauvaise organisation conséquence notamment de la réforme du lycée en 2019.
Les lycéens français ont donc hérité du statut de « feignants » sur les réseaux sociaux, après des comparaisons avec leurs homologues étrangers. Des vidéos qui prétendent montrer des lycéens chinois quitter tardivement leur établissement sont devenues virales.
« Pendant que nos 'étudiants' cassent tout en France, parce qu’ils trouvent que 27 h de cours par semaine, pauses comprises, c’est trop, les lycéens chinois sortent de l’étude à 22 heures, week-ends souvent inclus », peut-on lire sur X.
Dans la même veine, le député LR Philippe Juvin avait osé : « Aux lycéens je leur dis de retourner travailler, de travailler dur, parce que les petits copains en Chine, ils travaillent dur », avant de nuancer : « J’entends toutes les revendications […] En revanche ce qui n’est pas légitime c’est de brûler des établissements scolaires ».
FAKE OFF
Pour commencer, sur les vidéos publiées, il s’agit d’étudiants et non de lycéens. Dans cette université de Hainan, chacun choisit ses cours et donc les horaires de ceux-ci, selon les contraintes imposées pour l’obtention du diplôme. Des étudiants ont d’ailleurs publié leurs emplois du temps et expliquent qu’ils ne travaillent pas de 8 heures à 22 heures chaque jour, qu’ils ont même des journées entières de libres ou d’importants trous dans leurs journées.
En ce qui concerne le lycée, il se déroule sur trois ans, de 15 à 18 ans en principe, et n’est pas obligatoire. Pour y accéder, il faut avoir obtenu l’examen d’entrée qui permet, selon le résultat, de choisir un établissement plus ou moins bien noté. Une part importante des lycéens sont ainsi internes.
L’organisation des cours varie selon les provinces, mais ils débutent généralement entre 7 heures et 8 heures du matin et se terminent en fin d’après-midi, entre 17 heures et 18 heures. Mais pour eux, la journée n’est pas terminée puisque les lycéens ont ensuite des cours du soir pour réviser, qui peuvent effectivement se terminer à 21h30 voire 22 heures.
Une très forte pression sur les élèves chinois
Mais est-ce que le modèle chinois est vraiment un exemple à suivre ? Les enfants en Chine subissent une pression importante tout au long de leur scolarité, qu’il s’agisse du collège pour l’obtention de leur « Zhongkao », l’examen d’entrée pour le lycée, puis pour l’examen d’entrée à l’université, le « Gaokao ». D’ailleurs, de nombreux lycées sont surnommés « usines à Gaokao ». « Les écoles et les parents associent de longues heures d’étude à la réussite », écrit le People’s Daily online, média du parti chinois.
Plusieurs études ont mis en avant le stress, l’anxiété, voire même la dépression chez ces jeunes. Les résultats de l’une d’elles, publiée dans le BMC Psychiatry, en juin 2023, montraient « une forte proportion de nouveaux cas de dépression durant la période du Gaokao ». Elle mettait notamment en avant des facteurs familiaux, la pression pouvant être mises par les parents dans de très nombreux cas, et soulignait qu’il est « crucial, en Chine, de mettre l’accent sur la prévention précoce et l’accès aux soins pour la dépression chez les adolescents et les jeunes adultes ».
Des élèves qui vont jusqu’au suicide
Dans certains cas, cette pression conduit même les jeunes au suicide. En 2015, une école d’élite avait fait polémique à l’international après l’installation de barreaux métalliques aux fenêtres, comme le rapportait The Guardian. L’année précédente, un élève était décédé en octobre et un autre en mars après s’être jetés du haut des bâtiments de l’établissement.
En 2025, le Centre de recherche et de prévention du suicide du Hong Kong Jockey Club, rattaché à l’Université de Hong Kong, avait précédemment estimé à 976 le nombre de cas de suicide chez les élèves de l’enseignement primaire et secondaire.

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