
Plusieurs restaurants et établissements touristiques ont été détruits par des incendies volontaires, une pratique attribuée par les enquêteurs à des groupes criminels cherchant à étendre leur emprise économique.
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La Corse fait face à une recrudescence d'incendies volontaires visant des commerces, attribués à des groupes criminels cherchant à contrôler l'économie locale.
Plusieurs restaurants, bars et paillotes de plage, détruits par des incendies criminels ces dernières semaines en Corse, à Ajaccio, Sainte-Lucie-de-Tallano ou encore Fozzano. Ces incendies se multiplient ces dernières années, dans le secteur de l'hôtellerie-restauration, comme dans le tourisme et la construction. Dans bien des cas, les enquêteurs soupçonnent des groupes mafieux d'en être à l'origine. Ils tentent ainsi d'étendre leur emprise sur l'économie de l'île, en s'attaquant à des commerçants bien installés.
Le mode opératoire est bien connu en Corse. De nuit, un ou deux hommes aspergent un restaurant d'essence, mettent le feu et s'enfuient. C'est comme ça que la paillote de plage "Le week-end", une institution à Ajaccio, a été détruite en quelques minutes, il y a trois semaines. "On se rend compte qu'on peut perdre vingt ans de travail en un peu plus de deux minutes, résume, encore abasourdi, Luc Leca, qui gère cette paillote avec son frère. Franchement, c'est une incompréhension totale. Pourquoi on s'en est pris à notre paillote ? Ça fait soixante-seize ans qu'on est là, ce sont des affaires qui ont toujours été à nous, à mon grand-père puis à mon père…"
Une "arme de destruction massive" pour éliminer la concurrence
L'enquête est en cours, comme pour les autres incendies volontaires d'établissements de l'hôtellerie-restauration. La préfecture en recense déjà une douzaine, cette année dans toute la Corse, soit autant qu'en 2025. Selon le procureur de Bastia, Jean-Philippe Navarre, dans la plupart des cas, la piste privilégiée est celle de groupes criminels aux pratiques mafieuses. "Le phénomène des dégradations par incendie est une arme de destruction massive employée par les groupes criminels pour éliminer la concurrence et marquer leur emprise sur l'économie licite. Il s'agit tout simplement d'éliminer des opérateurs commerciaux historiques pour favoriser l'activité de groupes ou d'entreprises sur lesquelles ils exercent une forme de contrôle."
Ces groupes criminels, le service de renseignement de la police judiciaire en identifie une vingtaine en Corse. Des bandes mafieuses, plus ou moins structurées, souvent rivales et parfois alliées. Les enquêteurs tentent, bien sûr, de les contrer. L'Etat a justement renforcé les outils pour lutter contre ces mafias. La justice mène une action globale pour traquer ces groupes à l'échelle de l'île. Les parquets de Bastia et Ajaccio travaillent ensemble dans le pôle régional anticriminalité organisé, créé il y a un an. Ils disposent d'une nouvelle arme juridique : le délit de participation à une organisation criminelle, un délit plus simple à prouver que l'association de malfaiteurs.
Une enquête sur des incendies de bateaux
Les enquêteurs vont plus loin dans les investigations, souligne Jean-Philippe Navarre, le procureur de Bastia. "On s'est attaché jusqu'à présent à rechercher les auteurs des incendies, à identifier éventuellement leurs commanditaires. Or, on se rend compte que c'est en décloisonnant les grilles de lecture, en ayant une lecture criminelle, une lecture des milieux économiques, qu'on arrive à mieux comprendre ces dégradations et à identifier, au final, qui en sont en réalité les réels bénéficiaires."
Un bon exemple de ce travail croisé reste l'enquête en cours sur les incendies de bateaux de promenade en mer, l'année dernière dans le port de Saint-Florent, en Haute-Corse. Les enquêteurs sont remontés jusqu'à une société concurrente qui aurait eu tout intérêt à se débarrasser des autres bateaux. Les navires de cette entreprise ont été saisis début juillet. Ses dirigeants contestent toute implication dans les incendies. Pour aider les entreprises victimes de pressions mafieuses, la préfecture met en place un "parcours de soutien", avec un accompagnement financier et assurantiel. Cela a été proposé à dix entreprises depuis le début de l'année.
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Poursuite des enquêtes du pôle régional anticriminalité sur les réseaux mafieux.
Very likely · Within months

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