
À vingt ans, le leader de l'équipe de France s'avance avec ambition et un collectif tout dévoué pour succéder au palmarès sur le circuit canadien.
À la veille de la course en ligne des championnats du monde de cyclisme à Montréal, le Français Paul Seixas, âgé de vingt ans, affiche ouvertement son ambition de décrocher le maillot arc-en-ciel au sein d'une édition ouverte.
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Paul Seixas participe aux championnats du monde de cyclisme sur route à Montréal après avoir obtenu une médaille de bronze sur le contre-la-montre.
Lui a clairement affiché son ambition. "L'objectif, c'est de gagner [...] Avec la forme que j'ai, avec l'envie de l'équipe, ce serait forcément une déception d'aller chercher autre chose que le titre." Face à la presse avant la course en ligne des championnats du monde (départ à 15 heures, en direct sur France 2 et france.tv), le leader de l'équipe de France Paul Seixas, vingt ans depuis trois jours, a annoncé jouer le titre et rien d'autre, ou presque.
Déjà médaillé de bronze sur le contre-la-montre, le Lyonnais rêve de décrocher la plus belle victoire de sa (jeune) carrière et de grimper sur la plus haute marche du podium après les 12 tours sur le circuit de Montréal, dimanche. Dans une édition ouverte après le forfait de Tadej Pogacar, à quel point Seixas peut-il rêver du tant convoité maillot arc-en-ciel ?
"En forme", avec "de la confiance"
Déjà à l'offensive dans ses déclarations, le Français arrive plein de confiance avant le départ de l'épreuve reine, toujours auréolé de ce vent de fraîcheur qui accompagne son explosion au plus haut niveau. Son podium sur le chrono, derrière les spécialistes Remco Evenepoel et Filippo Gana, "montre qu'[il] est en forme", et "donne de la confiance".
"L'ambition en elle-même est légitime puisque récemment, il sort bien du Tour. C'était l'interrogation, il ressort super bien du Tour, il se sent en forme, il a donné des garanties sur les courses il y a deux semaines [Grand Prix de Québec, 17e, et Grand Prix de Montréal, 2e]", affirme Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultant France Télévisions.
Le parcours de 273 kilomètres de long, avec 3 800 mètres de dénivelé positif, moins exigeant que celui de l'édition 2025 au Rwanda mais avec quelques belles bosses (côte Camillien-Houde, 1,8 km à 8%, ou encore la côte de Polytechnique, 780 mètres à 6%) peut aussi lui convenir. Surtout à la lumière des premiers enseignements tirés des courses juniors et espoirs toute la semaine, estime Lilian Calmejane : "On voit que le parcours est quand même sélectif. Même si le peloton chez les pros est plus homogène, c'est un argument qui joue en sa faveur, de voir qu'il y a des relances, que les bosses sont dures, ça joue en sa faveur."
"C'est un parcours assez ouvert. En fonction des scénarios, on peut se rapprocher d'un parcours puncheurs-grimpeurs ou bien puncheurs-sprinteurs. Ça se jouera entre les deux. Ce sera un puncheur, c'est sûr, mais le reste dépendra du tempo, s'il est agressif, si c'est tactique."
Paul Seixas
en conférence de presse
Seul leader, il va aussi pouvoir compter sur une équipe taillée pour lui, qui lui est totalement dévouée, notamment avec ses coéquipiers chez Decathlon-CMA CGM Nicolas Prodhomme et Jordan Labrosse, son camarade occasionnel d'entraînement Jordan Jegat sur les routes du Sud, ou encore les capitaines de route Bruno Armirail et Pavel Sivakov. "Je suis ici pour Paul [...] L'objectif, c'est d'être champion du monde avec le collectif France et on met l'ego de côté", a ainsi assuré le coureur UAE-Emirates, qui rejoindra Seixas l'an prochain au sein de Decathlon.
Durcir la course
Mais malgré toutes ses ambitions, la route n'est pas tracée toute droite, sans obstacle vers les sommets mondiaux. Pendant l'épreuve, Paul Seixas va devoir participer à imprimer un rythme de course qui lui convienne, au risque d'être contraint à s'adapter. "Pour que ça me corresponde mieux, forcément qu'il faut durcir la course", reconnaissait-il d'ailleurs dans la semaine. Un avis partagé par Lilian Calmejane : "Je pense que si la course se décante très, très tôt et que tout le monde est un peu éclaté, là, Paul Sexais aura son mot à dire."
Ça va peut-être essayer, comme à l'image des juniors avec Lancelot Gayant, de mettre les nations fortes devant leurs responsabilités. Si on arrive à mettre des coureurs très forts en éclaireur et que derrière, la Belgique notamment, ou les Pays-Bas, se mettent à rouler ou à dépenser de l'énergie loin de l'arrivée, là c'est sûr qu'à trois tours de l'arrivée, si la course est complètement éclatée, il y a quand même de quoi faire.
Lilian Calmejane, consultant France Télévisions
à franceinfo: sport
Car en cas de bagarre jusque dans les derniers instants, voire de sprint à plusieurs à l'arrivée, Paul Seixas a pour l'instant montré moins de maîtrise et de garanties. À l'arrivée du Grand Prix de Montréal, mi-septembre, il a été dominé dans l'exercice par Isaac Del Toro. "N'importe quel coureur vous dira qu'arriver seul est ce qu'il y a de mieux parce que c'est le plus simple", a-t-il détaillé. "Mais arriver avec un ou plusieurs coureurs peut aussi me convenir, parce que je ne suis pas non plus lent au sprint. Au bout de 270 bornes de course ce n'est pas pareil et on a vu pendant le chrono que c'était une arrivée assez dure avec un gros faux plat montant."
Il faudra surtout se montrer le meilleur des favoris, un groupe qui s'est forcément étoffé depuis l'annonce du forfait de Tadej Pogacar après sa violente chute sur la Vuelta. "Remco [Evenepoel] est le favori numéro un. Ensuite, il y a Paul [Seixas] et Isaac [Del Toro]", avançait Pavel Sivakov à trois jours de la course. Evenepoel, coureur le plus en vue du moment, et qui vise au sein de l'impressionnante armada belge un doublé chrono-course en ligne inédit sur une même édition des Mondiaux, aura une belle cible dans le dos. Quant au Mexicain d'UAE-Emirates, il a devancé Seixas sur le Tour de France cet été, et a peut-être pris l'ascendant psychologique au Grand Prix de Montréal.
Un record en ligne de mire ?
Lilian Calmejane, qui voit "au moins trois, quatre coureurs meilleurs" que le Français, "deux, ça c'est sûr", ajoute un nom supplémentaire à la liste : Matthieu van der Poel. "Van der Poel offre toutes les garanties. Je n'ai pas un seul exemple dans un passé récent où il s'est aligné sur un Monument ou un championnat du monde, lorsqu'il était préparé et en forme, où il s'est loupé."
Faire une médaille, pour moi, ça sera un très bon résultat. Et il faudra déjà s'en réjouir. Et après, gagner, c'est la cerise sur le gâteau.
Lilian Calmejane, consultant France Télévisions
à franceinfo: sport
En cas de succès, le coureur français ferait une entrée fracassante dans les livres d'histoire. À vingt ans et trois jours (il a fêté son anniversaire entre le contre-la-montre et la course en ligne, le 24 septembre), il deviendrait le plus jeune champion du monde de l'histoire dans le peloton masculin, dépassant le Belge Karel Kaers, âgé de 20 ans, deux mois et quinze jours lors de sa victoire en 1934. Pour un rêve toujours plus grand, toujours plus fou.
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Paul Seixas disputera la course en ligne des championnats du monde à Montréal
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