Débat de la primaire : Glucksmann, Faure, Royal, Guedj et Maurel s'affrontent sur l'éducation, le pouvoir d'achat et l'Ukraine
Quick Look
Lors d'un débat télévisé sur France 2, les cinq candidats à la primaire de gauche - Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel - ont débattu des blocages lycéens, du pouvoir d'achat, de la CSG, de l'Ukraine et du conflit à Gaza, huit jours avant le premier tour.
AI-generated summary
Why It Matters
Le débat s'inscrit dans le cadre de la primaire de gauche en vue de l'élection présidentielle, huit jours avant le premier tour. Les candidats s'affrontent sur des thèmes clés comme l'éducation, le pouvoir d'achat et la politique étrangère.
C’était sans doute le moment le plus attendu de ce petit mois de campagne : un grand débat, en bonne et due forme, entre les cinq prétendants de la primaire, installés chacun derrière des pupitres. Après un premier tour de chauffe, la semaine dernière sur LCI, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel se sont retrouvés ce jeudi soir pour un second round sur France 2. Le Figaro revient sur les principaux points à retenir de cette deuxième confrontation, à huit jours du premier tour.
Blocus des lycées : «priorité» donnée à l’école et appel au calme unanime
Les cinq candidats ont d’abord été invités à réagir aux blocages, parfois violents, qui paralysent depuis dix jours des dizaines de lycées, dont beaucoup en région parisienne. Dans un double registre, Raphaël Glucksmann a, lui, revendiqué un «discours de fermeté», aussi bien face aux dérives du mouvement lycéen que face à l’«état» du système éducatif. Sans doute le plus offensif sur le rôle des Insoumis, aux avant-postes du mouvement Jérôme Guedj a accusé «certains responsables» de jouer à «un jeu dangereux». Allusion aux propos polémiques du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, pour qui le recours à la violence peut être «légitime». «On tombe dans un piège énorme, comme à chaque fois. Les lycéens manifestent et on va parler de quoi ? De la police, de LFI !», a répliqué Olivier Faure.
Passer la publicité
Tous se sont finalement accordés à lancer un «appel au calme» aux jeunes lycéens, faisant de l’école une priorité commune. «Le sujet là, c’est l’avenir de ces enfants !», a ainsi balayé Raphaël Glucksmann, qui propose, par exemple, de réduire le nombre d’élèves par classes. «Quand LFI les pousse à faire monter en puissance la violence, ils les poussent à prendre des risques alors qu’ils savent pertinemment pouvoir ne leur donnera rien», a prolongé Ségolène Royal, promettant une «France tranquille» dans un énième clin d’œil à François Mitterrand.
Pouvoir d’achat, salaires, impôts… Désaccords sur la baisse de la CSG
Deux camps s’opposent toujours sur la réponse à apporter à la crise des carburants. D’un côté, Ségolène Royal préconise de baisser les taxes sur l’essence et de ramener le litre à 1,6 euro pour tout le monde. De l’autre, Raphaël Glucksmann prône, à l’inverse, des mesures ciblées pour aider «ceux qui en ont le plus besoin», notamment avec des chèques énergies. «Qui bénéficie en premier des aides ? C’est Carrefour et Total. On arrose, on saupoudre. On devrait choisir d’aider des personnes en difficulté», a argué le favori de la primaire.
Plus largement, l’eurodéputé propose de baisser la Contribution sociale généralisée (CSG) pour rapprocher le salaire brut du net. Une mesure, explique-t-il, qu’il financerait par une taxation des «méga héritages» de plus de deux millions d’euros. Quitte à s’attirer les foudres d’Olivier Faure comme de Ségolène Royal, qui jugent tous deux cette solution «dangereuse». Le premier secrétaire, pour qui cette proposition se rapproche de ce que défendent les «libéraux», a estimé que celle-ci reviendrait à donner la responsabilité des salaires à l’État plutôt qu’au «patronat». «C’est transférer vers le budget de l’État une cotisation sociale», a complété Ségolène Royal. Ça va rentrer dans le budget global de l’État. Et puis du jour au lendemain, quand l’État manquera d’argent, il dira : “Ah ben finalement, il n’y a pas assez d’argent».
«Commençons par l’indexation du smic sur l’inflation», a prolongé Emmanuel Maurel, qui n’a cessé de prendre le costume de rassembleur pendant les trois heures de débat. «Il y a des minima sociaux qui sont en dessous du SMIC. Nous devons aussi faire respirer la Sécurité sociale !», a poursuivi le député de la gauche républicaine et socialiste. Pris en étau par ses quatre concurrents, Raphaël Glucksmann a regretté que son camp ait perdu le «vote des travailleurs» des entreprises privées. «Nous les avons perdus parce que nous n’avons rien à leur proposer qui soit sonnant et trébuchant et qui réponde à cette inquiétude, cette angoisse qui est celle des bas salaires», a-t-il déploré.
Royal isolée sur l’Ukraine, vives passes d’armes sur la qualification de «génocide» à Gaza
Comme la semaine dernière, Ségolène Royal s’est encore retrouvée seule contre tous sur la guerre en Ukraine. L’ex-candidate à la présidentielle continue de prôner le «lien du dialogue» et la mise en place d’une «commission permanente de négociation», reprochant à certains - visant sans le dire Raphaël Glucksmann - des positions «jusqu’au-boutistes». «Il y a encore cette tentation très forte de présenter l’invasion de l’Ukraine comme étant simplement une histoire russo-ukrainienne», lui a rétorqué l’ancien essayiste, qui a non pas appelé à «dialoguer» comme sa concurrente mais à «résister».
Passer la publicité
Les échanges jusque-là apaisés ont perdu de leur courtoisie au moment où Olivier Faure a abordé de lui-même le conflit au Proche Orient, remettant le mot de «génocide» au cœur du débat. «Comme Pedro Sanchez en Espagne, je dénoncerai un génocide parce qu’il faut que les mots soient employés», a lancé le premier secrétaire, comme une perche tendue à ses camarades qui s’y refusent. «Je trouve désolant que tu te sois engouffré dans cette sémantique», lui a répondu Jérôme Guedj, tout en dénonçant les «crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont été commis».
«Ce que tu (Olivier Faure) fais est obscène», a renchéri Raphaël Glucksmann, qui refuse lui aussi d’employer le mot de génocide. L’eurodéputé n’a pas hésité à hausser le ton pour demander à son ancien allié de l’«écouter», quitte à surjouer le duel qui l’oppose au premier secrétaire. «Ton combat, c’est donc que j’utilise ce terme. Moi, mon combat, c’est que Netanyahou paye pour ses crimes, qu’il soit déféré devant la justice internationale», a encore chargé le social-démocrate.
Entre Faure et Glucksmann, des divergences indépassables sur le rapport aux Insoumis
Là encore, les deux anciens alliés, qui n’ont cessé de s’interrompre, peinent à trouver des points communs. Raphaël Glucksmann, rejoint sur ce point par Jérôme Guedj, a expliqué que sa doctrine était «incompatible» avec celle de Jean-Luc Mélenchon, qui, par ses dérives, menace selon lui de faire «perdre» la gauche face à Marine Le Pen. «Si nous nous retrouvons avec un second tour de ce genre-là, c’est Marine Le Pen qui l’emportera», a répliqué Olivier Faure, qui se pose en «rassembleur» de la gauche.
«Tu sais, ce que tu fais là, c’est que tu es habité par l’esprit de défaite, lui a lancé le député européen. Tu es habité par l’esprit de défaite.» «Mais pas du tout», a balayé le patron des socialistes. Avant d’être pris à partie par Jérôme Guedj, opposant farouche d’une alliance avec les Insoumis : «Nous avons rompu toi et moi sur des principes de valeurs à cause de la stérilité de toutes les accointances avec LFI. Tu mets toute la gauche et nous tous autour de la table dans la panade à cause de cela», a-t-il lâché.
«C’est un peu une attitude de looser que de considérer qu’il faut encore parler de Mélenchon aux législatives alors qu’on n’a même pas franchi le premier tour de la présidentielle», s’est contenté de souffler Emmanuel Maurel, tout en estimant qu’une victoire de Marine Le Pen forcerait toute la gauche à se retrouver autour d’un «front républicain». En retrait pendant la dernière partie du débat, Ségolène Royal s’est dite «capable» de construire «rapidement» une alliance avec «les partis de gauche, les écologistes et le parti communiste».
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Olivier Faure sortira vainqueur du premier tour de la primaire
Possible
Open Questions
- Quel candidat sortira vainqueur du premier tour de la primaire ?
- Les propositions sur la CSG seront-elles retenues par le vainqueur ?
- Comment la gauche pourra-t-elle s'unir face à Marine Le Pen au second tour présidentiel ?





