L'éditorialiste Françoise Degois publie un ouvrage retraçant deux ans d'échanges privés par messagerie avec le président de la République.
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Le livre fait suite à deux ans d'échanges par messagerie entre le président et l'éditorialiste. Il couvre notamment la période post-dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024.
«Vous êtes tous trop durs avec moi. » Ces mots, Emmanuel Macron les a écrits dans le cadre d’une conversation privée avec l’éditorialiste Françoise Degois, alors qu’il estime que les journalistes ne sont pas tendres avec lui. Aujourd’hui, cette phrase est rendue publique et se trouve même être le titre d’un livre publié jeudi 5 novembre par celle qui a été l’interlocutrice du chef de l’État.
Pendant deux ans, Françoise Degois a tenu une conversation Telegram avec le président de la République, qui lui confiait son avis et ses états d’âme sur la situation politique du pays. Selon le journal Marianne, Emmanuel Macron n’a pris connaissance de ce livre qu’au début de la semaine, soit quatre jours à peine avant sa publication.
« C’est le RN qui a gagné »
C’est à la fin de l’été 2024 que François Degois commence à échanger avec le président, selon Le Figaro et Marianne. Éditorialiste chez Sud Radio, elle a également eu une carrière de journaliste politique à France Inter, avant d’être un temps conseillère auprès de Ségolène Royal.
Cet été est alors marqué par les Jeux olympiques de Paris… mais aussi par une absence de gouvernement, à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Françoise Delgois fait remarquer que la coalition de gauche, unie sous le Nouveau front populaire (NFP), a remporté les élections législatives anticipées. Mais le président lui répond : « Vous n’avez pas gagné. C’est le RN qui a gagné. » Et alors que le NFP propose Lucie Castets comme Première ministre, Emmanuel Macron balaye l’idée. « Il n’y a qu’elle et vous tous pour croire qu’elle peut aller un jour à Matignon », écrit-il.
S’ensuivent une série d’échecs pour former un gouvernement. Par message, Emmanuel Macron s’étonne de voir les socialistes « voter la censure » contre Michel Barnier. François Bayrou prend ensuite le relais, mais finit par vaciller. « S’il ne redresse pas dans les 48 heures, je ne vois pas comment je peux continuer », se désole alors le président.
« Je ne compte pas déserter »
Quand Françoise Degois estime que « la dissolution est un ratage total », il se fend d’un simple « Pas d’accord ». Et Emmanuel Macron ne remet pas non plus son mandat en cause : « Démissionner ? Jamais ! Pour aucune raison ! Jamais. Je ne compte pas déserter. J’avance. »
Pour le président, « tout mouvement profite au RN ». Mais il ne croit pas une seconde en une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle : « Elle ne pourra pas cacher longtemps son tropisme naturel, sa pente naturelle, pro-Poutine et pro-Maga. Elle n’y arrivera pas. Et les Français détestent ça. La présidentielle, c’est la vérité des prix. »
Et quand, à gauche, on l’accuse de faire le jeu du parti d’extrême droite, Emmanuel Macron réfute. Il y voit davantage un reproche « un peu lunaire et totalement injuste ».

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