Déraillement d'un TER près de Rouen : un acte malveillant suspecté
Un morceau de rail retrouvé sur la voie pourrait être à l'origine de l'accident qui a fait 44 blessés.
Quick Look
- Un TER a déraillé vendredi soir près de Rouen, faisant 44 blessés.
- L'hypothèse d'un acte malveillant est privilégiée après la découverte d'un morceau de rail sur la voie.
- Le pronostic vital de la victime la plus gravement touchée n'est plus engagé.
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Why It Matters
Un train TER a déraillé vendredi soir près de Rouen, impliquant 186 passagers. L'enquête judiciaire se concentre sur la présence suspecte d'un morceau de rail sur la voie.
Un acte malveillant pourrait être à l’origine du déraillement vendredi soir d’un TER à proximité de Rouen, qui a fait 44 blessés dont une jeune femme dans un premier temps évacuée «en urgence absolue». Ses jours ne sont toutefois pas en danger, indique le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois, à la mi-journée ce samedi.
Philippe Tabarot, le ministre des Transports, a précisé dans message sur X ce samedi à la mi-journée que «le pronostic vital de la jeune femme grièvement atteinte et hospitalisée au CHU de Rouen n’est pas engagé». «Parmi les blessés légers, 26 ont été pris en charge hier dans quatre établissements de santé à Rouen. 21 ont pu regagner leur domicile dans la nuit et cinq sont toujours pris en charge», a ajouté le membre du gouvernement.
Le procureur confirme de son côté que «l’hypothèse principale est celle de la présence - sur un des rails de la voie - d’un morceau de rail qui pourrait être à l’origine de ce déraillement», ajoutant que «les causes de cette présence sont inconnues, et devront être identifiées par l’enquête.»
Le déraillement a eu lieu entre les gares de Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, au niveau de la commune de Cléon (Seine-Maritime), située au sud de Rouen, vendredi vers 19h45. Le convoi de deux rames transportait 186 personnes. D’importants moyens de secours ont été mobilisés, avec 130 pompiers, cinq équipes médicales et 80 véhicules. La passagère de 18 ans la plus grièvement blessée a été «évacuée en urgence absolue» par hélicoptère vers le CHU de Rouen.
43 autres personnes ont été prises en charge «en urgence relative». Elles ont toutes été prises en charge et «leur sortie d’hôpital a eu lieu, ou est imminente», précise le parquet. En parallèle, l’association d’aide aux victimes AVEDE ACJE a été requise par le parquet et va entrer en contact avec chaque victime dès lundi. Des «dépistages» d’alcool et de stupéfiants sur le conducteur du train se sont révélés «tous négatifs», a fait savoir le magistrat. Ce samedi, la police technique poursuit ses investigations sur place. La «boîte noire» du train a notamment été saisie et va être analysée. «Plusieurs auditions sont prévues. Un expert judiciaire est requis», ajoute Sébastien Gallois.
Des passagers présents ont témoigné de la violence de l’accident. «D’un seul coup sont venues quelques secousses, puis au bout de trois secondes, c’est devenu de plus en plus fort», a témoigné auprès d’ICI Normandie l’un des passagers, Louis, âgé de 24 ans. «Je ne tenais plus sur mon siège (...) Les vitres ont partiellement explosé, les cailloux de la voie sont rentrés dans le wagon», a-t-il dit. «C’était vraiment choquant, j’en tremble encore.» Dès l’annonce de l’accident, le préfet de Seine-Maritime a déclenché le plan Orsec nombreuses victimes (NOVI) et s’est rendu sur place.
L’accident a provoqué de «fortes perturbations» pour le trafic ferroviaire entre Rouen et Caen et entre Caen et Le Havre, dans les deux sens, selon la SNCF. «Entre Rouen et Elbeuf, la circulation des TER est interrompue dans les deux sens, notamment pour permettre le bon déroulement des investigations», a précisé Philippe Tabarot à la mi-journée. En revanche, la circulation, notamment sur les lignes Paris-Rouen et Rouen-Amiens, a été rétablie, a précisé ce samedi matin un porte-parole de SNCF Réseau. Sur la ligne Rouen-Caen elle-même, où dix allers-retours par jour et six le week-end sont normalement assurés, un service de cars de substitution a été mis en place, a indiqué SNCF Voyageurs.
Pour le «relevage» du train, les équipes de SNCF Réseau sur place doivent attendre que le procureur «rende la zone», à une échéance à ce stade indéterminée, pour pouvoir inspecter puis organiser les opérations, selon le porte-parole. La compagnie ferroviaire nationale a exprimé «toute sa solidarité envers les voyageurs blessés et leurs proches, ainsi qu’envers l’ensemble du personnel SNCF mobilisé sur place et engagé pour porter assistance aux passagers dans cette épreuve». La SNCF a souligné qu’elle apporterait à l’enquête «tout son concours en toute transparence».
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Auditions des témoins et analyse de la boîte noire par les enquêteurs.
Very likely · Within days
Open Questions
- Qui a déposé le morceau de rail sur la voie ?
- Quelles sont les conclusions finales de l'analyse de la boîte noire ?




