Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse a défendu la faisabilité économique de l'annulation d'une partie de la dette française, provoquant de vives critiques de Jordan Bardella et Gabriel Attal.
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La proposition d'annuler une partie de la dette publique détenue par la BCE est un sujet récurrent dans le programme économique de Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon a trouvé en la personne du banquier d’affaires Matthieu Pigasse un soutien, notamment à son programme économique. Lors d’un débat avec Manuel Bompard aux universités d’été de LFI samedi, celui qui est aussi propriétaire de Radio Nova a affirmé que «ce que vous dites à LFI c’est possible, économiquement». En particulier l’une des propositions controversées mise sur la table dernièrement par le candidat Insoumis à la présidentielle : l’annulation d’une partie de la dette publique française.
«Il y a à peu près 20 % de la dette française qui est détenue par la BCE (Banque centrale européenne, NDLR). Cette dette, elle peut être annulée», a assuré Matthieu Pigasse. Et ce, «sans aucun impact économique et sans aucun impact financier», selon le banquier, homme de gauche revendiqué. «J’en tire la conclusion qu’on a des marges de manœuvre très importantes» sur le plan budgétaire, a-t-il ajouté, alors même que cette proposition est très loin de faire consensus parmi les économistes.
Idem de l’autre côté de l’échiquier politique. Sur le réseau social X, le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella a jugé que Matthieu Pigasse «racont[ait] n’importe quoi». «Annuler la dette détenue par la Banque de France ne donnerait pas davantage de marge de manœuvre. La Banque de France est détenue par l’État. Les intérêts versés par l’État sur la dette détenue par la Banque de France sont ensuite reversés à l’État sous forme de dividendes. Cela ne soulagerait donc en rien les finances publiques, et encore moins le coût du financement de la dette», a développé l’eurodéputé. Il estime en revanche qu’«une telle annulation pourrait inquiéter les investisseurs, qui pourraient craindre que l’État soit tenté de faire la même chose avec les créanciers privés», ajoutant qu’«il n’y a pas d’argent magique».
«Jordan Bardella découvre la Banque de France»
Le début d’une passe d’armes entre les deux hommes, Matthieu Pigasse répondant à son tour au patron du RN. «Jordan Bardella découvre la Banque de France. Mais pas encore son bilan. L’économie pour les nuls...», a-t-il ironisé. Affirmant que «près de 700 milliards d’euros de dette publique française sont détenus par l’Eurosystème», le fondateur du groupe de presse Combat a jugé que «la question n’est donc pas : “y a-t-il de l’argent magique ?”». «Qui décide de ce que nous faisons de notre argent ? Nous», a-t-il poursuivi, disant être «prêt à en débattre» avec le responsable frontiste.
Jordan Bardella n’est pas le seul à s’en prendre à l’annulation de la dette avancée par Jean-Luc Mélenchon - qu’il avait déjà proposée en 2020. Gabriel Attal, patron du parti Renaissance et candidat à la présidentielle, avait déclaré la semaine dernière que «cela nous condamnerait à la plus grave crise que la France a jamais connue, [...] à ne plus pouvoir nous financer sur les marchés et donc ne plus pouvoir financer nos services publics et notre modèle social». Dans les faits, une telle mesure se heurterait en effet à des obstacles juridiques, en plus d’avoir des effets délétères sur l’économie, avec un retour de l’inflation et une grave rupture de confiance avec les investisseurs.

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