Analyse des scénarios juridiques et politiques entourant une éventuelle troisième candidature de Donald Trump malgré le 22e amendement.
AI-generated summary
Le 22e amendement de la Constitution américaine, ratifié en 1951, limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Donald Trump a publié une image suggérant une candidature pour 2028.
Certains pensent qu’il ne fait que « troller ». D’autres s’inquiètent de ses ambitions futures. Président imprévisible, Donald Trump donne du fil à retordre aux spécialistes de la politique américaine, qui se gardent bien désormais de tenter de prédire sa prochaine extravagance.
C’est pourquoi, quand le 16 août dernier le président américain a publié une nouvelle image de lui avec sa fameuse casquette rouge floquée « Trump 2028 » accompagnée du commentaire : « Nous allons gagner », peu savent comment l’interpréter.
A priori, la constitution américaine l’empêche de se présenter une troisième fois à la tête de la Maison-Blanche. Peut-il contourner cette prévision comme semble l’avoir envisagé son ex-conseiller Steve Bannon en 2025 assurant qu’ils « travaillaient sur 5 ou 6 scénarios différents pour que Trump puisse se représenter » et « que le 20 janvier 2029 après-midi, Donald Trump sera président pour un troisième mandat » ?
Changer la constitution
La plus grande épine dans le pied de Donald Trump, c’est la constitution américaine. L’interdiction pour un président de se présenter une troisième fois à l’élection, que les mandats soient consécutifs ou non, est inscrite depuis 1947 dans la Constitution américaine, avant sa ratification en 1951. La manière la plus directe de s’en débarrasser, c’est de revenir sur ce 22e amendement.
« Rien ne s’oppose juridiquement à ce que le 22e Amendement à la Constitution soit révisé », précise Julien Jeanneney, professeur de droit public à l’Université de Strasbourg et membre de l’Institut universitaire de France. Mais il faudra un soutien de poids, notamment celui du « Congrès ainsi que les trois quarts des Etats », précise Maud Michaut, maîtresse de conférences en droit public à l’université Panthéon-Assas.
Le Congrès est aujourd’hui contrôlé par le Parti républicain (celui de Donald Trump), ce qui ne veut pas dire que le président aura la marche de manœuvre suffisante. D’autant que les élections de mi-mandat prévues en novembre se présentent mal pour le camp républicain.
Devenir calife à la place du calife
Concrètement, le 22e amendement prévoit que « nul ne peut être élu à la présidence plus de deux fois ». Tout est dans le mot « élu ». Un président américain est toujours élu avec un (ou une) colistier. Si le 45e et 47e président des Etats-Unis est choisi par le futur candidat, au hasard JD Vance, et que ce dernier remporte le scrutin, Donald Trump deviendrait alors vice-président. Il ne lui manquerait plus que convaincre son associé de démissionner pour revenir à la tête du pays. Le vice-président est en effet le numéro deux dans l’ordre de succession. Donald Trump a déjà écarté cette option peut-être parce qu’il y a débat autour du 12e amendement selon lequel, « pour se présenter comme vice-président, il faut être éligible comme président, ce qui pourrait être soumis à des interprétations », développe Maud Michaut.
Il peut autrement se faire élire président de la chambre des représentants, une option improbable - puisque la Chambre n’a toujours élu qu’un de ses membres - mais pas impossible. Dans ce cas, Donald Trump serait 3e dans l’ordre de succession et ça lui permettrait de ne pas ouvrir le débat de l’inéligibilité.
Autre manière de contourner la loi : si le vice-président démissionne, c’est au président de choisir son nouveau vice-président (lequel n’est alors pas élu). Dès lors, si le vice-président de, disons, JD Vance démissionne, le président élu pourrait désigner Donald Trump comme remplaçant pour, à son tour, laisser son siège vacant. Un « tour de passe-passe » déjà vu dans le passé, quand « Gerald Ford est devenu président, en août 1974, par l’effet d’une double démission », rappelle Julien Jeanneney dans un article publié sur son site. Mais Donald Trump pourrait finir comme Iznogoud, car pour réussir, il faudra compter sur l’abnégation de son complice, qui pourrait bien refuser de quitter les rênes du pouvoir une fois installé.
Passer outre
Donald Trump a une relation fluctuante avec le droit, voire conflictuelle. Il a déjà prouvé dans le passé qu’il n’avait pas de mal à passer au-dessus des lois, quitte à risquer de se faire rattraper par la justice, comme sur ses droits de douane. Il pourrait, une nouvelle fois, faire fi des règles et se représenter malgré l’interdiction. Dans ce cas « ça sera à la cour suprême de trancher, mais prendra-t-elle le risque d’interpréter ce texte, assez clair, autrement ? », s’interroge Maud Michaut.
Et s’il ne veut pas s’embarrasser d’un tel probable scandale, Donald Trump pourrait choisir l’option de ne simplement pas partir. Une sorte de coup d’Etat en prétextant un argument quelconque pour appliquer la loi martiale, auquel cas « le droit ordinaire ne s’applique plus », explique encore la maîtresse en droit public.
Des présidents portés par la foule
C’est par ce mécanisme qu’avant 1951 Franklin Roosevelt avait pu rester plus longtemps que deux mandats. Mais même après l’entrée en vigueur du 22e amendement, certains n’avaient pas écarté l’éventualité de se présenter une troisième fois comme Richard Nixon (37e président entre 1953 et 1974).

La CGT et Familles de France s'opposent à un rapport gouvernemental suggérant jusqu'à 4,2 milliards d'euros d'économies sur les politiques familiales. Les critiques portent sur les menaces pesant sur les APL, les frais de scolarité et les pensions de retraite.
La France Insoumise enregistre une affluence record de plus de 8 000 participants à ses universités d'été à Châteauneuf-sur-Isère. Les militants expriment une forte ferveur autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2027.
En déplacement à Mayotte, Édouard Philippe a répliqué aux critiques de Jean-Luc Mélenchon concernant ses propositions restrictives sur l'immigration. Il a invité son adversaire à constater sur place les conséquences concrètes de la crise migratoire.

La mairie de Paris a annoncé la mise à l'abri de 253 personnes, principalement des migrants, installées devant la mairie de Paris Centre. Ces individus avaient été évacués d'un campement du Samu social dans le 13e arrondissement par les autorités étatiques.

Après le piratage massif des données du fisc, plusieurs élus, dont David Lisnard et Sarah Knafo, demandent le report ou l'annulation de la réforme de la facturation électronique, jugeant l'État incapable de garantir la sécurité des données sensibles des entreprises.

La vente de La Boisserie, demeure historique du général de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, est fragilisée par des tensions entre les petits-fils propriétaires, remettant en cause le projet de rachat par le département de la Haute-Marne.