Face à la multiplication des abonnements nécessaires pour suivre le football européen, de nombreux téléspectateurs français se tournent vers des solutions de piratage.
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Le marché des droits TV du football en France a connu une restructuration majeure avec l'arrivée de DAZN et le regroupement de la Ligue 1 sur une plateforme dédiée. Ce morcellement oblige les téléspectateurs à souscrire à plusieurs abonnements pour accéder à l'intégralité des compétitions.
Plus calme que d’autres années, surtout en France où l’on est habitué à changer de diffuseurs de la Ligue 1 comme de Premier Ministre sous Macron II, le mercato des droits TV en France a connu une petite nouveauté avec la perte de la Liga par beIN Sports, qui bascule cette année sur DAZN.
Nombreux sont alors ceux qui se sont demandé s’il était bien utile de garder cet abonnement pour ne plus regarder que quelques matchs de Bundesliga par saison, et encore, d’autant que le match de Ligue 1 du samedi après-midi a de son côté rejoint le reste de la famille sur Ligue 1 +. Ce qui fait dire à l’économiste du sport Jean-Pascal Gayant que le morcellement de l’offre ne s’est pas tant que ça dégradée, au fond.
« Je dirais même que le fait que Ligue 1 + a récupéré le dernier match qui lui manquait, cela rajoute tout de même de la cohérence, c’est une offre qui est un peu plus simple pour le consommateur », juge ce spécialiste des droits TV.
Quasi 70 euros par mois pour voir tout le foot européen
Il n’empêche, pour les accrocs purs et durs qui se tartinent des Real Madrid-Getafe ou des Barça-Villarreal en plus de la Ligue 1, de la Premier League et de la Bundesliga, il faudra désormais songer à rajouter un abonnement DAZN à la liste déjà longue des chaînes sportives contractées. Et l’addition risque d’être aussi salée que dans un restaurant français du bord de mer cet été. Ainsi, pour couvrir l’essentiel du très haut niveau européen cette saison, il vous faudra quatre abonnements différents pour la bagatelle de 68 euros par mois (816 euros par an).
Canal+ Sport : Premier League + Ligue des champions + Ligue Europa + Conference League
BeIN Sports : Ligue 2 + Coupe de France + Bundesliga
DAZN : Serie A + Liga
Ligue 1 + : Ligue 1
Quasiment 900 euros par an pour voir tout le foot européen, et ce alors que le portefeuille des Français tire déjà méchamment la tête, c’est une belle somme comme dirait l’autre. Si certains feront le choix de la débrouille en se disant qu’on peut très bien vivre sans voir son petit match de Liga du week-end, d’autres ont choisi de sauter le pas et d’entrer dans l’illégalité en passant à l’IPTV, ces petits boîtiers installés que l’on branche sur notre télé et qui, moyennent une somme ridicule (entre 30 et 50 euros l’année), vous fournissent des milliers de chaînes généralistes et sportives, ainsi que Netflix, Prime Video, Disney +, etc.
C’est le cas d’Antoine, un supporter de Stade Rennais qui vient de se lancer il y a une semaine. « Au départ je partais pour prendre un abonnement Ligue 1 + avec un ami, comme l’année passée. Nous comparions les offres DAZN/Ligue 1 avec ou sans Disney+. Globalement le tarif était autour des 250 euros par an. Sachant qu’il faudra encore rajouter le prix des billets de matchs au Roazhon Park où, aujourd’hui on a difficilement une place à moins de 40 euros, raconte-t-il. Le week-end suivant, en soirée, j’en discute avec un ami qui me propose un IPTV à 30 euros l’année. C’était vite vu. »
Pour lui, le jeu (le prix) en vaut la chandelle et le risque de se faire prendre est tout de même relativement limité vu les faibles moyens mis en œuvre par l’Etat, via l’ARCOM.
« Le piratage c’est une forme d’arbitrage entre le coût et le risque. Il y a tout un spectre de consommateurs qui s’interrogent, qui sont prêts à souscrire des abonnements si ceux-ci sont raisonnables, mais qui basculent dans le piratage vu le morcellement de l’offre. A voir si la loi contre le piratage pourra apporter des réponses à cette problématique », analyse Jean-Pascal Gayant. De son côté, Simon est passé de l’autre côté du rideau depuis près de sept ans, au début du morcellement des droits TV du football français, au moment où Canal+ et beIN ont commencé à se partager le gâteau Ligue 1.
« J’ai trouvé très injuste. C’est un sentiment partagé par plusieurs consommateurs d’IPTV. J’ai réellement senti qu’aucun parti, que ce soit les clubs, la Ligue ou les diffuseurs n’ont pris en compte l’avis et la situation des supporters, explique-t-il. Ils ont décidé de cet éclatement de la diffusion des matchs sans nous consulter, ce qui a abouti à nous forcer à prendre un abonnement supplémentaire pour suivre notre équipe. »
L’IPTV a de beaux jours devant elle
S’il a pleinement conscience d’être dans l’illégalité, Simon estime aussi agir dans son « bon droit ». « Quand je vois la financiarisation à outrance du foot, avec des maillots toujours plus chers, des places au stade toujours plus chères et des évènements toujours plus payants, je sais que sans ce service, je ne pourrais pas assurer le minimum, à savoir suivre mon équipe à la télé. » Si Antoine admet que l’offre de Ligue 1 + à 15 euros par mois est très intéressante, c’est le coût du package total pour voir tout le foot européen qui l’a poussé dans les bras de l’IPTV.
« On peut voir ça comme de la désobéissance économique mais j’ai surtout l’impression qu’il n’y a aucune considération des moyens et les besoins du consommateur français. Et que donc, finalement, on cherche tous à trouver une solution qui nous semble plus adaptée à nos moyens et notre consommation pour vivre notre passion. »
Simon n’oublie pas quant à lui ce qui a mené le football français dans cette situation, lui qui a cru au Père Noël avec le fameux milliard d’euros de droits TV promis par Mediapro à l’origine de la descente aux enfers de notre championnat et de nos clubs. « Au vu des décisions des clubs et de la Ligue ces dernières années (Mediapro, le soi-disant milliard de droits TV, CVC, nouveaux locaux de la LFP extrêmement cher, augmentation du salaire du président de la Ligue…) je pense que l’exemple doit venir d’en haut d’abord. Là, j’ai l’impression qu’aucune prise de conscience de la part des dirigeants n’est à l’ordre du jour, donc je refuse tout bonnement de financer leurs erreurs, je préférais encore ne plus avoir accès aux matchs que de payer pour eux. »

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