Écart entre les estimations de transactions crypto et les déclarations fiscales en France
Quick Look
- Chainalysis estime que les opérations crypto potentiellement imposables en France ont atteint 9,4 milliards de dollars en 2025, tandis que la DGFiP indique que seuls 24 000 contribuables ont déclaré 368 millions d'euros de plus-values nettes pour les revenus de 2024.
- L'écart s'explique par des différences d'assiette et d'année, mais souligne le défi fiscal auquel répondra la directive DAC 8 à partir de 2027, permettant l'échange automatique de données entre États.
AI-generated summary
Why It Matters
La fiscalité des cryptomonnaies en France distingue les plus-values, les revenus de minage ou de staking, et les paiements en crypto, avec des règles spécifiques comme l'exonération sous 305 euros annuels. Jusqu'à récemment, les déclarations étaient faibles, mais montrent une progression rapide.
Des milliards d’activités crypto face à quelques centaines de millions déclarés. Selon Chainalysis, les opérations potentiellement imposables réalisées en France en 2025 auraient atteint 9,4 milliards de dollars. Dans le même temps, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) indique que 24 000 contribuables ont déclaré 368 millions d’euros de plus-values nettes lors de la campagne 2025, portant sur les revenus de 2024. L’écart paraît spectaculaire, mais les deux chiffres ne sont pas directement comparables : ils ne concernent ni la même année ni la même assiette. Il montre néanmoins l’ampleur du défi auquel le fisc français entend répondre grâce à DAC 8 et au partage automatique des données crypto.
Crypto : 9,4 milliards de dollars potentiellement imposables en France
L’estimation de Chainalysis comprend 2,5 milliards de dollars de plus-values, 1,7 milliard de revenus issus notamment du minage et du staking, ainsi que 5,2 milliards de paiements effectués en cryptomonnaies.
Ces 9,4 milliards ne correspondent donc pas à des gains dissimulés au fisc. Le montant d’un paiement n’est pas égal à la plus-value imposable qu’il génère, tandis que les revenus du minage ou du staking peuvent relever de régimes fiscaux différents selon leur nature et les conditions de l’activité.
D’ailleurs, contrairement à ce qu’affirme BFM dans son article, l’achat d’un bien ou d’un service avec des cryptomonnaies constitue bien une cession imposable en France. L’échange entre deux actifs numériques bénéficie en revanche d’un sursis d’imposition pour les particuliers, tandis que la simple détention n’est pas taxée. Les cessions bénéficient aussi d’une exonération lorsque leur montant total annuel ne dépasse pas 305 euros. Si tout ceci vous parait confus, retrouvez notre guide à ce sujet.
Les données de la DGFiP montrent toutefois une nette progression des déclarations. Pour les revenus de 2023, environ 7 700 contribuables avaient déclaré 150,8 millions d’euros de plus-values nettes. Un an plus tard, ils étaient 24 000 à déclarer 368 millions d’euros.
DAC 8 donnera au fisc de nouvelles informations dès 2027
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, la directive européenne DAC 8 impose aux prestataires crypto concernés de collecter des informations sur leurs utilisateurs et leurs opérations. Ces premières données, couvrant l’année 2026, devront être transmises puis échangées entre administrations fiscales en 2027.
Le fisc pourra ainsi rapprocher l’identité des contribuables, leur résidence fiscale et les transactions déclarées par les plateformes. Le cadre CARF (Crypto-Asset Reporting Framework) élaboré par l’OCDE doit progressivement étendre cette coopération à de nombreuses juridictions extérieures à l’Union européenne.
Cette surveillance ne couvre cependant pas automatiquement toutes les activités. Les échanges réalisés directement entre portefeuilles autohébergés, sans passer par un prestataire déclarant, restent hors du champ de collecte immédiate. Ils ne sont pas invisibles pour autant : les transactions publiques inscrites sur les blockchains peuvent être suivies dès qu’une adresse est reliée à une identité ou à une plateforme.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le nombre de déclarations de plus-values crypto continuera d'augmenter nettement en 2026 et 2027 grâce à l'effet dissuasif de DAC 8.
Likely · Within months
L'échange automatique de données crypto entre administrations fiscales commencera en 2027, couvrant l'année 2026.
Very likely · Within years
Open Questions
- Quel sera le taux de conformité une fois que DAC 8 sera pleinement opérationnel ?
- Comment les autorités traiteront-elles les transactions entre portefeuilles autohébergés ?
- Les échanges internationaux non européens seront-ils effectivement couverts par le cadre CARF ?







