EN DIRECT - Guerre en Ukraine : Zelensky accuse la Russie d’avoir frappé six installations énergétiques ce lundi
Entre appels à l'interdiction des visas touristiques, nouvelles sanctions européennes et incertitudes sur une trêve énergétique, les dirigeants occidentaux maintiennent une ligne ferme face à Moscou.
Quick Look
- Face à la poursuite de l'agression russe, l'UE adopte de nouvelles sanctions contre 1600 entités.
- La Finlande et la Pologne appellent à durcir les restrictions contre la Russie, tandis que le sort d'une trêve énergétique annoncée par Donald Trump reste incertain.
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Why It Matters
La guerre entre la Russie et l'Ukraine dure depuis plusieurs années, marquée par des sanctions occidentales et des attaques hybrides. La Pologne et la Finlande maintiennent une position ferme contre Moscou.
La ministre finlandaise des Affaires étrangères Elina Valtonen a exhorté lundi les États membres de l’UE à cesser de délivrer des visas touristiques aux Russes tant que Moscou n’aura pas mis fin à la guerre en Ukraine.
Elle appelle la Commission européenne à «adopter des lignes directrices plus strictes concernant le traitement des demandes de visa des citoyens russes» et à «introduire les amendements nécessaires à la législation de l’UE afin de mettre en œuvre une interdiction des visas touristiques» dans une déclaration publiée par son ministère.
«La guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine en est maintenant à sa cinquième année. Il n’est pas normal que des Russes puissent voyager en Europe pour profiter de son mode de vie et de ses libertés, tandis que leur pays bombarde les maisons des Ukrainiens», a ajouté Elina Valtonen dans ce communiqué.
Elle a également demandé aux États membres de se joindre à une lettre adressée à la Commission européenne qui, outre l’interdiction des visas touristiques, préconise également celle «des visas Schengen pour le cercle rapproché du président Vladimir Poutine, des restrictions de visa pour les athlètes russes, ainsi que (...) des combattants russes, anciens ou actuels, décidée par les États membres de l’UE cet été».
L’Alliance atlantique fera en sorte que toute attaque contre ses membres soit «totalement vaine», a assuré lundi son chef militaire, le général américain Alexus Grynkewich, présentant sa «théorie de la victoire». «Si quelqu’un est assez insensé pour nous attaquer, nous nous battrons. Nous arrêterons l’attaque et nous leur refuserons la possibilité d’atteindre leurs objectifs, quels qu’ils soient. En bref, nous veillerons à ce que toute attaque contre n’importe quel allié se révèle totalement vaine», a-t-il déclaré lors d’un forum sur la Défense à Varsovie.
Dans un discours très attendu, Alexus Grynkewich a présenté sa «théorie de la victoire» sur la meilleure façon de battre la Russie en cas d’attaque. Il a toutefois assuré qu’aucun conflit n’était imminent et que tout était fait pour éviter tout malentendu.
«Je ne considère pas qu’un conflit soit imminent ou inévitable. Il ne l’est pas», a-t-il affirmé. «Nous contribuons à éviter le conflit en formulant clairement nos intentions défensives et en maintenant des lignes de communication ouvertes afin de résoudre les malentendus et de favoriser la transparence».
L’Otan cherche à adresser un message à Moscou pour qu’elle mette fin à ce que des responsables occidentaux décrivent comme une campagne «hybride» de sabotages et d’ingérences visant les soutiens de l’Ukraine dans sa guerre face à la Russie.
Le patron du Renseignement intérieur allemand a jugé que l’agressivité de la Russie à l’égard de l’Europe et de l’Allemagne est durable et indépendante de la durée de la guerre en Ukraine, Moscou voulant redessiner la géopolitique en l’Europe. «Les attaques vont (continuer de) venir», a dit Sinan Sellen, qui dirige le BfV. Ce service de renseignement attribue à Moscou une multitude d’opérations de sabotage, de désinformation et d’espionnage. C’est notamment le cas d’une tentative d’attaque au drone explosif contre un avion ukrainien à Leipzig, dans l’est de l’Allemagne, cet été.
Les Européens ne doivent pas faire l’erreur de croire que la fin, un jour, de la guerre en Ukraine, signifierait aussi la fin de la menace russe, a-t-il insisté lors d’une conférence à Berlin. «Pour la Russie, (l’objectif) est une cartographie nouvelle et totale de l’Europe et de son rôle au sein de l’Europe et de la géopolitique», a-t-il estimé. «La menace (russe) hybride est là, et elle est depuis longtemps découplée de la situation en Ukraine».
Le PDG du groupe TotalEnergies s’attend à une détente sur le marché du diesel suite à l’accord annoncé par Donald Trump vendredi, sur la possible levée de l’interdiction russe d’exportation. «C’est une annonce majeure puisque la Russie est un très gros exportateur de diesel dans le monde, pas nécessairement en Europe, mais partout, ça influence les marchés», explique-t-il. Selon lui, cette éventuelle reprise des exportations, associée à la libération de stocks stratégiques par des pays européens comme la France, devrait «influencer vers le bas le prix du diesel».
Interrogé sur le risque de financer la guerre en Ukraine par les exportations russes, Patrick Pouyanné renvoie la question aux dirigeants américain et russe : «Ça, ce n’est pas à moi qu’il faut poser la question. C’est au président Trump et au président Poutine. Je ne suis pas en charge de la géopolitique mondiale.»
La présidence russe a refusé de dire lundi si une trêve avec l’Ukraine dans les attaques sur les infrastructures énergétiques était en vigueur, affirmant maintenir «des contacts» au sujet de ce cessez-le-feu annoncé unilatéralement par Donald Trump.
«Les contacts se poursuivent. Dès que nous aurons quelque chose à dire à ce sujet, nous ne manquerons pas de vous en informer», a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, lors de son point presse.
Interrogé sur l’appel de Kiev en faveur d’un cessez-le-feu total de 60 jours pour permettre la tenue d’élections, Dmitri Peskov a répondu: «Nous ne voulons pas d’un cessez-le-feu, nous voulons une paix durable».
Le premier ministre polonais Donald Tusk a appelé lundi «l’ensemble de l’Occident» à être plus ferme envers la Russie du président Vladimir Poutine qui «se bat pour la domination».
«C’est le moment où l’ensemble de l’Occident - l’Europe, les États-Unis - doit montrer à la Russie et à Poutine sa détermination à poursuivre une politique d’endiguement de la Russie avec des moyens encore plus fermes», a-t-il déclaré au Forum de Varsovie sur la sécurité, en référence à une politique de sanctions. «Si l’Ukraine combat, c’est pour sa survie», alors que la Russie «lutte pour la domination», a-t-il ajouté.
«C’est pourquoi je vais me rendre à Bruxelles pour convaincre tous nos partenaires européens d’envisager sérieusement un renforcement des sanctions contre la Russie», a-t-il ajouté, dans la perspective d’un sommet qui doit se tenir plus tard cette semaine. La Pologne - membre de l’OTAN et de l’UE, frontalière de la Russie - est un allié proche de l’Ukraine depuis le début de l’invasion à grande échelle lancée par la Russie en 2022, fournissant une aide militaire et humanitaire cruciale.
Elle a à plusieurs reprises accusé la Russie de sabotage et de guerre hybride sur le sol polonais, des accusations rejetées par Moscou. En septembre, Donald Tusk a averti que les plans de la Russie concernant sa guerre en Ukraine incluaient des frappes «hybrides» de drones et de missiles contre les alliés de Kiev, dont Varsovie.
Le Premier ministre centriste et pro-européen n’a eu de cesse de dire que la Pologne resterait un allié indéfectible de l’Ukraine, et il a appelé à la solidarité des autres pays occidentaux. «Nous, en Pologne, nous nous souvenons très bien comment la propagande nazie a tenté de convaincre l’Europe et le monde que la Pologne était responsable de l’agression allemande», a-t-il déclaré, soulignant que, «aujourd’hui, nous entendons exactement la même chose à Moscou, et malheureusement, de plus en plus souvent dans certaines de nos capitales».
L’Union européenne a adopté lundi de nouvelles sanctions contre près de 1600 entités et individus, tous liés à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, a annoncé la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.
«Il s’agit de la plus grande extension de notre liste de sanctions depuis le début de la guerre menée par la Russie. L’Europe montre une nouvelle fois un front uni», a-t-elle déclaré sur X.
«Plus de la moitié sont liées à la chaîne de production des missiles balistiques. Nous rendons la production par la Russie des armes qu’elle utilise pour tuer des Ukrainiens bien plus difficiles, plus lente et plus coûteuse», a encore affirmé Kaja Kallas, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE, qui ont formellement approuvé lundi cette décision.
Cet ensemble de sanctions, qui prévoient un gel des avoirs dans l’UE et une interdiction de s’y rendre, avait été approuvé mercredi par les représentants des 27 à Bruxelles. Dans le détail, elles concernent 743 individus et 826 entités, tous liés au complexe militaro-industriel russe, selon des diplomates à Bruxelles.
Cela va porter à près de 4.600 le nombre total de personnes et entités sanctionnées par l’UE en raison de la guerre menée par le Kremlin en Ukraine. «Je le regrette profondément. J’espère que cela n’entrera pas en vigueur, car nous devons accentuer la pression sur la Russie et renforcer le soutien à l’Ukraine», a ainsi déclaré lundi à Luxembourg la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard.
L’Ukraine «répondra» si la Russie ne respecte pas une trêve énergétique cet hiver, a déclaré lundi le président Volodymyr Zelensky après l’annonce inattendue par le président américain d’un «cessez-le-feu» sur les infrastructures énergétiques entre Kiev et Moscou.
«Cet hiver, si la Russie n’accepte pas un cessez-le-feu énergétique, nous répondrons», a déclaré Volodymyr Zelensky lors d’un discours en vidéoconférence à un forum sur la sécurité à Varsovie. «Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes de longue portée contre ses raffineries pétrolières et ses exportations de pétrole, alors la Russie doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. Et arrêter de tuer notre peuple», a-t-il ajouté.
Il a en outre souligné qu’au cours de la nuit de dimanche à lundi, l’Ukraine n’avait frappé aucun site énergétique en Russie, contrairement à Moscou qui a ciblé, a-t-il dénoncé, un site gazier et «une station service ordinaire». «Il y a eu des violations russes du cessez-le-feu énergétique annoncé par le président Trump», a-t-il poursuivi, précisant que, lundi matin, «des drones à réaction russes» continuent «de survoler le ciel de Kiev et d’autres villes ukrainiennes».
Depuis cet été, la Russie a nettement intensifié ses attaques contre l’Ukraine, visant en particulier la capitale en lançant des nuées de drones à réaction, plus difficiles à intercepter que des drones classiques. Le président ukrainien a en outre appelé les États-Unis à maintenir la «pression» sur la Russie, et non pas à faire des concessions.
«Nous avons besoin de la pression américaine sur la Russie, pas d’un allègement des sanctions, pas de concessions, mais d’une pression réelle, afin que nous puissions obtenir au moins ce dont le président américain a parlé dans son message d’hier», a-t-il insisté, en référence au «cessez-le-feu énergétique» annoncé par Donald Trump. Donald Trump avait annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou.
L’Union européenne est prête à soutenir une trêve des frappes sur les infrastructures énergétiques entre la Russie et l’Ukraine «dès qu’elle tiendra», a affirmé lundi sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas. «Bien sûr, nous saluerons le cessez-le-feu dès qu’il tiendra», a-t-elle déclaré avant le début à Luxembourg d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. «Nous n’avons pas encore la certitude que la Russie va s’y conformer», a-t-elle ajouté.
Toute trêve devrait couvrir bien plus que les seules raffineries de pétrole dans les deux pays «où l’Ukraine en possède une et la Russie en a beaucoup, donc cela profite clairement aux Russes», a-t-elle encore affirmé. Le meilleur moyen de mettre fin à ces frappes contre les raffineries de pétrole en Russie ou les centrales électriques en Ukraine est pour Moscou de mettre fin à la guerre, a souligné Kaja Kallas.
«Notre message est clair : si nous voulons mettre fin à cette guerre, la seule façon d’y parvenir est d’exercer davantage de pression sur la Russie», a expliqué l’ancienne première ministre estonienne, appelant les États-Unis à «mettre en place les sanctions nécessaires afin que nous puissions réellement terminer cette guerre». «Il n’y a pas d’autre voie: pression sur la Russie et soutien à l’Ukraine», a résumé de son côté la cheffe de la diplomatie lettonne Baiba Braze.
Emmanuel Macron a affirmé lundi qu’il ne fallait pas «céder» à «la menace russe», en réponse à une série de décisions et de propos de Donald Trump semblant aller dans le sens de la Russie face à l’Ukraine.
«Je pense qu’il faut qu’on soit collectivement sérieux», a dit le président français à la presse en marge d’une visite au Mondial de l’Auto à Paris, précisant qu’il parlerait dans la journée à son homologue américain. «On n’a aujourd’hui, je crois, aucune raison factuelle de changer notre position. La Russie continue de bombarder à la fois les civils et les infrastructures en Ukraine. Et donc oui pour chercher un cessez-le-feu sur l’énergie (...), non pour céder face à la menace russe», a-t-il ajouté.
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Renforcement des sanctions européennes contre la Russie
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- La Russie respectera-t-elle réellement la trêve énergétique ?
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