
Le gouvernement fait état d'un bilan lourd de blessés tandis que des appels à une convergence des luttes sociales se multiplient sur les réseaux sociaux.
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Le mouvement lycéen actuel se cristallise autour de revendications sur le remplacement des professeurs et la vie chère, sur fond de hausse des prix des carburants.
Sébastien Lecornu a déploré mercredi 149 blessés parmi le personnel enseignant en marge du mouvement des lycéens, «le plus lourd bilan que le ministère (de l’Éducation nationale, NDLR) n’ait jamais eu à connaître». Ils ont été généralement blessés «de manière volontaire par des individus, élèves ou pas, qui les ont ciblés, à coups de mortiers ou d’objets», a précisé un peu plus tôt le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray.
Le premier ministre a aussi indiqué que 937 policiers et gendarmes blessés, dont 40 mardi, nouvelle journée de mobilisation des lycéens, rendant «un hommage appuyé à celles et ceux qui rendent le service public de la sécurité». Aucune précision n’a été fournie sur la gravité ni les circonstances des blessures. Quelque 248 élèves ont également été blessés, «bien souvent dans le cadre de violences urbaines», a encore indiqué le locataire de Matignon. Parmi eux, plusieurs lycéens l’ont été grièvement.
Sébastien Lecornu a redit que le mouvement des lycéens avait été «instrumentalisé par (ses) alliés de la France Insoumise» pour essayer «de le récupérer à des fins électorales». «Vous jouez double jeu avec vos alliés de la France insoumise sur ce sujet. Depuis le début vous soufflez sur les braises, et ensuite vous faites semblant de condamner la violence, et même là vous avez oublié de le faire. Cette hypocrisie fait du mal (...) à la France» et «au service public de l’Éducation nationale», a-t-il ajouté, applaudi du RN au bloc central.
Deux tiers des enseignants titulaires remplaçants ont été affectés devant des élèves depuis vendredi, soit 2000 sur les 3000 promis par le gouvernement, a affirmé mercredi le ministère de l’Éducation nationale.
Pour tenter de répondre à la colère des lycéens mobilisés dans la rue, qui se plaignent de professeurs non remplacés parfois pendant des mois, le ministre de l’Éducation nationale avait promis jeudi d’affecter 3000 enseignants titulaires en zone de remplacement (TZR), présentés comme sans affectation en ce moment.
Il a par ailleurs annoncé l’embauche de contractuels. A ce jour, «170 contractuels ont d’ores et déjà été recrutés par les académies sur la base de l’autorisation des 920 que je leur ai donnée», a affirmé à l’Assemblée nationale Édouard Geffray mercredi.
À la rentrée de septembre, les syndicats avaient alerté sur la mise sur la touche de centaines d’enseignants contractuels, qui n’avaient pas été rappelés par les rectorats, conséquence de la réforme de concours enseignants.
La réponse des autorités au mouvement des lycéens est «lamentable», a jugé mercredi l’acteur star Omar Sy, qui estime qu’on «réprimande» les jeunes sans écouter ce qu’ils ont à dire. «C’est nos mômes, c’est l’avenir de notre pays qui est en train de dire à un pays qui est complètement à la dérive “j’ai un cap”», a développé sur France Inter le comédien, venu faire la promotion de la nouvelle saison de «Lupin» sur Netflix.
«Quand je vois qu’on ne réagit pas à ça, et que le réflexe, c’est de les empêcher de parler, ou de leur taper sur la gueule ou même de les mettre les uns en face des autres pour faire des combats d’enfants, je trouve ça lamentable», a-t-il poursuivi.
«Avant de commencer à réprimander, sanctionner (...), on les écoute pas du tout. Mais pire que ça, on leur demande de se taire et puis on leur demande entre eux de se mettre d’accord (alors qu’) on ne sait même pas ce qu’ils ont à dire», a poursuivi Omar Sy. «Oh mais oh ! Ils ont un truc à dire», a-t-il lancé. «Venez on se calme, on les écoute et après on verra».
La cour d’appel de Besançon a ordonné mercredi la remise en liberté d’un adolescent de 17 ans, incarcéré depuis dix jours et mis en examen pour avoir frappé un policier à la tête dans le cadre du mouvement lycéen à Belfort, a annoncé à l’AFP une source judiciaire. La chambre d’instruction de la cour d’appel a fait droit à une demande en ce sens déposée par l’avocat du lycéen, Arié Alimi. Le jeune homme, qui doit sortir de prison dans la journée de mercredi, a été placé sous contrôle judiciaire strict.
«Évidemment qu’on est satisfaits [mais] j’aurais été plus satisfait s’il n’avait pas été placé en détention provisoire», a commenté l’avocat. Le jeune homme de nationalité bulgare, qui aura 18 ans à la fin du mois, est mis en examen pour violences aggravées après le passage à tabac d’un policier le 2 octobre lors de heurts près du lycée Courbet.
L’adolescent a par ailleurs porté plainte pour «tentative de meurtre» contre ce policier, qui avait auparavant tenté de l’interpeller, et qui, selon lui, a essayé de le noyer en lui maintenant la tête dans l’eau d’un ruisseau. Quatre autres lycéens ont également été mis en examen dans l’enquête sur les violences à l’encontre du policier, mais seul le jeune Bulgare avait été placé en détention provisoire.
La famille du lycéen dont la main a été arrachée par une grenade policière en marge de manifestations devant son lycée se constitue partie civile, pour obtenir «une enquête sereine impartiale» et «connaître la vérité», a indiqué un de ses avocats mercredi.
Me Bertrand Wattez a annoncé avoir déposé une nouvelle plainte, cette fois avec constitution de partie civile, pour violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente afin d’obtenir qu’un juge d’instruction soit saisi, avec l’espoir d’un procès devant les assises ou une cour criminelle.
Evan, 15 ans, élève en seconde professionnelle qui voulait devenir menuisier, a selon sa défense démenti avoir ramassé la grenade qui a arraché sa main gauche et nié toute participation à des violences.
Le procureur de Béthune, Étienne Thieffry, avait rapporté vendredi que «l’ensemble des témoignages, […] à l’exception d’un seul, convergent» sur le fait que la grenade tirée à longue distance a «atterri au sol», avant que l’un des manifestants «ne s’en empare jusqu’à ce qu’elle explose».
Evan «était à proximité de la grenade mais n’avait pas du tout l’intention de la saisir», a martelé Me Wattez lors d’une conférence de presse, ajoutant : «Nous avons été choqués de voir le parquet prendre fait et cause pour la version des policiers».
«Samedi 17 octobre 2026. Retenez bien la date», assène un internaute sur TikTok, en s’adressant directement à la caméra. Face à la flambée des prix des carburants, qui ont atteint de nouveaux records en ce mois de septembre, les appels à manifester mi-octobre se multiplient depuis quelques jours, en particulier en ligne. Beaucoup souhaitent un retour du mouvement des «gilets jaunes», qui s’était aussi structuré sur les réseaux sociaux, en 2018, après une hausse des prix à la pompe. «Le retour des gilets jaunes. Il n’y a plus de peur côté peuple !», «Même combat, même colère, plus forts qu’avant !», peut-on lire sur des affiches relayant la mobilisation à venir.
Ces publications trouvent beaucoup d’écho sur Facebook, qui avait permis aux premiers «gilets jaunes» de s’organiser. Selon l’outil de veille sur les réseaux sociaux Visibrain, près de 48.000 publications ont été comptabilisées sur la plateforme au cours des quinze derniers jours. Du côté de X, on trouve 720.600 publications en lien avec la mobilisation du 17 octobre publiées en sept jours, soit trois fois plus qu’en octobre 2018, au début du mouvement historique.
Le lycéen éborgné fin septembre en marge des manifestations lycéennes à Tours est «sorti de l’hôpital», a annoncé mercredi son avocat à l’AFP, au lendemain de la mise en examen «pour violences aggravées» d’un policier. Le jeune Maël, 16 ans, «est sorti de l’hôpital ce week-end», a précisé son avocat Me Colin Verguet à l’AFP. «Un suivi médical reste nécessaire, mais il est désormais de retour au domicile familial. C’est une première satisfaction».
Mardi soir, le parquet de Tours a annoncé la mise en examen et le placement sous contrôle judiciaire d’un policier à l’origine d’un tir de LBD (lanceur de balle de défense). Cette annonce a été qualifiée de «bonne surprise» par l’avocat du lycéen, qui estime que les investigations ont «été rapides».
Le policier a également l’interdiction de porter et posséder un LBD. Un autre policier est placé sous le statut de témoin assisté, selon le communiqué de la procureur de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard. Elle avait indiqué, à la suite des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil de l’adolescent étaient «compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD».
Alors que plusieurs enseignants titulaires remplaçants ont raconté dans les médias avoir été appelés pour donner cours dans une discipline qui n’était pas la leur, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a affirmé sur BFMTV qu’il s’agissait d’«erreurs matérielles» de la part des personnels chargés des ressources humaines dans des rectorats.
«On ne peut jamais enseigner autre chose que la discipline pour laquelle on a été recruté […]. Il peut y avoir parfois des erreurs matérielles, notamment quand vous avez une action comme ça, très rapide, qui fait que la personne qui affecte les agents se trompe», a-t-il justifié. Concernant les rythmes scolaires, il a prévu «d’instruire les choses pour que le prochain [gouvernement]», après l’élection présidentielle, «pourra prendre des décisions».
«Je ne vais pas changer de bac à six mois d’une présidentielle», ce serait «de la folie», a-t-il redit, alors que la réforme du lycée de 2018, supprimant les filières L, ES, S, a complexifié les emplois du temps.
Entre la crise des carburants, la colère des lycéens et la mobilisation des syndicats de pompiers, les mouvements de grogne se multiplient, tout comme les face-à-face tendus avec la police, dont les images ont émaillé l’actualité de ce début d’automne. Sur les réseaux sociaux, de nombreuses publications, très remarquées, appellent à une grande convergence des mouvements le 17 octobre prochain. Cette date avait été choisie à l’origine par une poignée de groupes se réclamant des «gilets jaunes», alors que les prix à la pompe frôlent des niveaux record, sur fond de guerre au Moyen-Orient. Alors que le week-end des 17 et 18 octobre coïncide avec le début des vacances de la Toussaint dans l’ensemble du pays, la fièvre contestataire pourrait-elle gagner les transports publics ?
À ce jour, un seul préavis de grève a été officiellement déposé dans le secteur. Il émane d’une intersyndicale du transport aérien (Unsa PNC, SNPNC, SNGAF, SNPL et Unac) et date du lundi 21 septembre. Les cinq syndicats appellent l’ensemble des personnels navigants à cesser le travail du samedi 17 au mercredi 21 octobre. Leurs revendications ne portent pas sur la crise des carburants, mais sur la réforme du cumul emploi-retraite, qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Ils la jugent «punitive et inadaptée aux spécificités de nos professions».
On parle d’une véritable «révolution». On dit que «le jour de gloire est arrivé». On affirme qu’il s’agit du grand retour des gilets jaunes. Et il est vrai que le contexte de cet automne présente des similitudes avec celui de novembre 2018, à commencer par la grogne autour des prix des carburants. Mais rien ne dit que les appels à une journée d’action le 17 octobre contre la vie chère, nés sur les réseaux sociaux, se mueront comme il y a huit ans en une mobilisation concrète, dans les rues, sur les places et les ronds-points, vestes fluorescentes sur les épaules. «Cet appel est pour le moment encore assez incertain et un peu nébuleux. Il y a parfois un gros delta entre un appel sur les réseaux sociaux et son réel suivi», glisse une source policière.
Le 17 octobre a pris un peu plus d’épaisseur ces derniers jours avec le ralliement à la cause de plusieurs figures de proue historiques des gilets jaunes. Ainsi de Jérôme Rodrigues, militant qui avait perdu un œil lors d’une manifestation en 2019 : «Cette date doit être l’occasion de remettre les difficultés du quotidien au centre du débat public, de faire entendre nos revendications et de montrer que nous refusons de considérer la précarité comme une fatalité», a-t-il déclaré samedi soir sur ses réseaux sociaux.
La CGT a indiqué mardi soutenir les mobilisations du 17 octobre qui cherchent à faire converger revendications des gilets jaunes contre la vie chère et colère des jeunes, mais souligne que sa présence visera «aussi à empêcher les tentatives de détournement par l’extrême droite» de cette journée.
«La CGT apporte son soutien aux mobilisations du 17 octobre portant sur les revendications sociales d’augmentation des salaires et pensions, de baisse des prix et de défense d’un service public à hauteur des besoins», écrit dans un communiqué la CGT, à l’issue d’une nouvelle journée de mobilisation des lycéens qu’elle soutenait également.
Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre le mouvement des gilets jaunes samedi, qui doit comprendre des manifestations déclarées et des blocages.
«Partout où les conditions sont réunies, les forces militantes de la CGT seront présentes avec celles et ceux qui se mobiliseront, lycéens et étudiants, salariés, retraités», poursuit la CGT. «Notre présence vise aussi à empêcher les tentatives de détournement par l’extrême droite de cette journée de lutte sociale», souligne le syndicat.
Un policier a été mis en examen pour «violences aggravées» mardi et placé sous contrôle judiciaire après qu’un lycéen a été éborgné fin septembre en marge des manifestations lycéennes à Tours, a annoncé mardi le parquet. Le policier a également l’interdiction de porter et posséder un LBD (lanceur de balle de défense). Un autre policier est placé sous le statut de témoin assisté, selon le communiqué de la procureur de la République de Tours Catherine Sorita-Minard.
Le 30 septembre, Maël, un lycéen de 16 ans, a été éborgné après des incidents survenus lors du blocage d’un établissement à Tours. La famille avait annoncé porter plainte pour «violences par personne dépositaire de l’autorité publique». La procureur de Tours, Catherine Sorita-Minard, avait indiqué à la suite des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil de l’adolescent étaient «compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD».
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Mobilisation nationale le 17 octobre
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