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EN DIRECT - Présidentielle 2027 : Natacha Polony évoque son «émotion» de porter la voix de ceux qui «ne sont pas résignés»
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Le Figaro Actualités1 hour agoPolitics7 min readFrance

EN DIRECT - Présidentielle 2027 : Natacha Polony évoque son «émotion» de porter la voix de ceux qui «ne sont pas résignés»

Un tour d'horizon des mouvements politiques, des propositions économiques et des tensions sociales à l'approche de l'élection présidentielle française.

Quick Look

  • À l'approche de la présidentielle 2027, les candidats multiplient les déplacements et propositions.
  • Entre débats sur l'austérité budgétaire, enjeux de souveraineté industrielle et sondages sur l'image des partis, le paysage politique reste fragmenté.

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Why It Matters

La campagne présidentielle de 2027 est marquée par une fragmentation des blocs politiques et des débats sur la souveraineté industrielle et la rigueur budgétaire.

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Pour son premier déplacement de campagne, la souverainiste et ex-journaliste Natacha Polony a dit jeudi son «émotion de porter la voix» des Français «qui ne sont pas résignés» lors d’une visite au salon de l’automobile où elle a fustigé la «concurrence faussée» de la Chine.

«C’est l’émotion de porter la voix de tous ces gens que j’ai rencontrés depuis des années (...) en tant que journaliste», a déclaré l’essayiste au lendemain de l’annonce officielle de sa candidature à l’Elysée.

Entourée par une poignée de journalistes, elle a assuré devant ses anciens confrères qu’il «y a moyen de faire autrement» et mis en avant son objectif de devenir la «porte-voix de tous ceux qui ne sont pas résignés».

Cette visite lui a permis de présenter son programme qui passe par le «retour de l’Etat» pour protéger la production industrielle française.

«L’Etat est très décrié en ce moment, mais il sert à planifier et à définir quels sont nos intérêts vitaux», a-t-elle souligné, lançant sa campagne sur le thème de la défense de l’industrie et le «made in France», prôné en son temps par l’ex-ministre Arnaud Montebourg dont elle est proche.

«Il faut que la puissance publique règle la question des normes, qu’elle utilise la commande publique vers ces gens qui se battent pour produire et inventer sur le sol français», a affirmé Natacha Polony qui assure que «le retour de l’Etat» permettra de «protéger nos intérêts».

Au Ve siècle av. J.-C., les citoyens auraient pu écrire sur un tesson d’argile le nom de Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann, Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau ou Marine Le Pen. Et celui désigné majoritairement à la vindicte populaire aurait été envoyé en exil, sans autre forme de procès. Le malheureux élu aurait purgé sa peine dix années durant et médité, loin des siens, les raisons pour lesquelles il a été suspecté de vouloir nuire à la cité.

Instauré aux débuts de la démocratie athénienne pour conjurer toute tentative tyrannique, l’ostracisme est une procédure connue. Mais ce n’est guère le seul mécanisme de contrôle inventé par les Grecs. Loin de là. Dans son nouveau livre, Quand le peuple domptait les élites (Les Belles Lettres), l’historien Vincent Azoulay explique qu’un « contrôle sévère des élites » s’est imposé à partir des réformes de Clisthène (508-507 av. J.-C.) avec toute une panoplie de sanctions, allant de simples amendes à la dégradation civique pour « éviter la capture oligarchique » du régime.

Gabriel Attal a prôné jeudi une «coalition des démocrates», des «électeurs sociaux-démocrates jusqu’aux électeurs de la droite républicaine», après la victoire à la primaire de gauche de Raphaël Glucksmann, une sérieuse concurrence au centre-gauche pour le candidat Renaissance. Pour Gabriel Attal, la victoire de Raphaël Glucksmann est une «bonne chose». «Quand il y a des candidats dans le camp démocrate et des candidats de gauche qui assument désormais la rupture avec La France insoumise, je ne peux que m’en réjouir», a-t-il déclaré sur franceinfo.

Mais alors qu’aucun prétendant n’est en «dynamique» entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, «vous avez malheureusement des candidats à gauche qui (veulent) faire le rassemblement de la gauche face à la droite, c’est Raphaël Glucksmann, des candidats à droite qui (veulent) faire le rassemblement de la droite face à la gauche, c’est par exemple Édouard Philippe et Bruno Retailleau», a-t-il développé.

«Je considère que l’époque justifie qu’on fasse une coalition, que vous ayez des électeurs différents qui puissent se retrouver dans un projet commun», a ajouté Gabriel Attal, qui veut une coalition «des électeurs sociaux-démocrates jusqu’aux électeurs de la droite républicaine». Le candidat Renaissance évoque également cette «coalition des démocrates» dans une «lettre aux Français» exposant ses propositions pour «rétablir nos comptes pour préserver l’avenir de notre jeunesse» publiée jeudi.

«On est dans une forme de moment de permacrise, des guerres, des incertitudes sur le pouvoir d’achat, l’inflation», a déclaré Sébastien Lecornu ce jeudi, décrivant «le sentiment qu’une crise pousse une autre.»

«Que la classe politique ou que certains mouvements politiques veulent récupérer cette fatigue pour la transformer en carburant électoral, ça n’a échappé à personne. Et d’ailleurs, c’est leur droit», concède-t-il, avant de prévenir : «Je pense que les Françaises et les Français ne seront pas dupes.»

Répondant à une question d’un journaliste sur la mobilisation du 17 octobre, Sébastien Lecornu a ensuite déclaré : «Il y aura une grande journée de mobilisation aussi, c’est le 18 avril prochain. On fait comme s’il n’y avait pas un grand rendez-vous démocratique qui structure quand même la vie du pays depuis 1962, c’est-à-dire l’élection au suffrage universel direct du président de la République».

Pour la première fois, un sondage a placé David Lisnard - rarement testé dans les enquêtes d’opinion - devant Bruno Retailleau. Il s’agit du sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio, publié le mercredi 14 octobre 2026. Dans l’une des configurations testées, le maire de Cannes recueille 6 % des intentions de vote, contre 5 % pour Bruno Retailleau, à égalité avec Gabriel Attal. Un résultat à relativiser, puisque le patron de LR obtient entre 6,5 % et 8 % dans d’autres hypothèses électorales.

En réaction, le patron des LR a réaffirmé sa «détermination» à rester dans la course. «C’est le yoyo, c’est à partir du mois de janvier, février, que là commencera la vraie campagne présidentielle», a-t-il balayé sur RTL. «On est amené à travailler ensemble avec David Lisnard», a-t-il expliqué ensuite au Salon de l’automobile. «On a un certain nombre de propositions qui sont communes», a-t-il souligné.

Comme le maire de Cannes, «je suis libéral en économie mais j’ai envie aussi d’avoir une dimension sociale, la droite, on a un cœur», a expliqué Bruno Retailleau sur RTL, «on a beaucoup de misère en France (...), il y a un grand appauvrissement (...) et les services publics, pour moi, ça compte».

Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau a proposé un débat à son rival Édouard Philippe, le favori du bloc central dans les sondages, afin de «confronter nos projets devant les Français». «Je vous propose que nous ayons ensemble un débat public, devant les Français, pour confronter nos convictions et nos projets», a écrit le patron de LR dans une lettre adressée au candidat d’Horizons, dont l’AFP a obtenu une copie.

«Je crois que nous avons tout à gagner à préférer une confrontation franche et transparente des idées aux discussions d’appareil», a souligné le sénateur vendéen, qui confirme ainsi son refus de participer à la réunion proposée par Édouard Philippe aux dirigeants de la droite et du centre pour début novembre. Même s’il ne ferme pas la porte au dialogue, Bruno Retailleau prévient que «le rassemblement ne peut être un préalable qui conduirait chacun à renoncer à ce qu’il croit juste pour le pays».

«On a des projets différents que beaucoup de Françaises et de Français ne perçoivent pas forcément», a expliqué le candidat LR lors d’un point presse au Salon de l’automobile, où il a insisté sur la nécessité d’un débat pour que «les Français soient éclairés».

Les Français sont nettement plus nombreux, 56 % contre 18 %, à croire Mediapart plutôt que Jordan Bardella dans l’affaire des propos antisémites qui lui sont prêtés mais 87% des électeurs RN sont prêts à lui accorder l’excuse de l’âge et seuls 4% d’entre eux pourraient revoir leur vote à l’avenir, selon un sondage publié jeudi et réalisé du 7 au 9 octobre par l’institut Cluster 17 pour Marianne.

Interrogés sur les deux versions qui s’opposent, 56 % des Français accordent davantage de crédibilité à Mediapart. À l’inverse, seuls 18 % considèrent la version de Jordan Bardella comme la plus crédible. Ce jugement est cependant extrêmement dépendant des préférences politiques : 63 % des électeurs RN accordent davantage de crédit à Jordan Bardella.

Dans l’hypothèse où les messages seraient authentiques, 50 % des Français considèrent que le fait que Jordan Bardella avait 17 ans à l’époque ne constitue pas une excuse, contre 46 % (87 % des électeurs RN) qui jugent au contraire que cela en est une. Malgré l’ampleur de l’affaire, le socle électoral du RN apparaît très peu déstabilisé : parmi ses électeurs aux européennes de 2024, seulement 4 % répondent que leur vote pour ce parti devient moins probable.

Point noir cependant pour le parti d’extrême droite, le sondage met en évidence la persistance d’une image négative sur ces enjeux. Près des deux tiers des Français (64 %) considèrent que le RN véhicule des idées racistes et 57 % estiment qu’il véhicule des idées antisémites.

Le candidat de la gauche sociale-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann a promis jeudi d’augmenter à «1000 euros» la rémunération des stagiaires dès le 1er juin s’il arrive à l’Élysée. «1000 euros minimum : c’est permettre à chaque étudiant d’accéder aux mêmes opportunités professionnelles que ses camarades d’où qu’il vienne», déclare le candidat de la gauche sociale-démocrate, élu dimanche avec plus de 66% des voix, dans une vidéo publiée sur Instagram.

La rémunération actuelle, pour un stage de plus de deux mois est de 4,50 euros de l’heure, soit environ 683 euros par mois. «À ce tarif, seuls les étudiants aidés par leurs parents peuvent payer loyer, transports et repas pour accéder aux stages», dénonce le leader de Place publique.

Le député européen explique que le montant sera indexé chaque année sur l’inflation, entièrement exonéré de cotisations et toujours exonéré d’impôt. Une mesure pour «refuser» que la première rencontre des jeunes avec le monde du travail soit une «rémunération sous le seuil de pauvreté», martèle-t-il. «Il faut que le travail paye en France, y compris pour les stagiaires», affirme celui qui avait lui-même été traité de «stagiaire» par Ségolène Royal pendant la primaire.

«Dès mon élection, j’actionnerai un frein d’urgence de 20 milliards d’euros d’économies pour stopper l’hémorragie», écrit Gabriel Attal dans une «lettre aux Français» exposant ses propositions, imprimée à 600.000 exemplaires. Ceci vient avant «un plan de 150 milliards d’euros d’économies sur le quinquennat», afin d’obtenir «des comptes de la sécurité sociale à l’équilibre en trois ans, un déficit public sous les 3 % de notre richesse nationale avant 2032, puis l’équilibre budgétaire d’ici 2037», ajoute Gabriel Attal.

Le candidat Renaissance veut établir «une double règle d’or» : d’abord «d’ici 10 ans, tout budget devra être voté à l’équilibre» mais aussi, «pour tourner notre modèle tout entier vers nos jeunes et l’avenir : nous devrons dépenser moins pour les dépenses courantes et pour les dépenses sociales, et plus pour l’avenir et pour l’éducation».

Il attend 7 milliards d’euros d’économies d’une refonte de l’organisation de l’État et proposera «un plan de départs volontaires pour supprimer 100.000 postes de fonctionnaires avec une prime de départ». Au nom de «la priorité au travail», «deux tiers des économies seront réalisées sur nos dépenses sociales. Elles sont aujourd’hui hors de contrôle : arrêts maladie, réforme de l’assurance chômage et, bien sûr, système de retraite», ajoute l’ancien Premier ministre.

Une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027 pourrait provoquer une vague de contestation et susciter des envies d’exil. Selon une enquête de l’Ifop réalisée pour Marianne, 21% des Français envisageraient de quitter le territoire si la chef de file des députés RN accédait à l’Élysée. Cette proportion grimpe à 40% chez les membres de la génération Z, 43% chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 46% chez les Français de confession musulmane.

L’inquiétude est particulièrement forte chez ces derniers : plus de huit musulmans sur dix interrogés craignent une «hausse des agressions et des discriminations» à leur encontre, contre 63% de l’ensemble des répondants concernant les adeptes de leur propre religion. Plus d’un quart des musulmans (27%) envisageraient de dissimuler leur appartenance religieuse au quotidien. Parmi les Français de confession juive, 44% envisageraient également de quitter le pays, un chiffre à interpréter avec prudence en raison de la faiblesse de l’échantillon.

L’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen pourrait également provoquer d’importants mouvements de contestation. 38% des travailleurs interrogés se disent prêts à participer à une grève générale à l’appel des syndicats, tandis que 41% des répondants affirment qu’ils pourraient refuser de respecter des lois qu’ils jugeraient «injustes». Cette dernière proportion atteint 75% chez les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et 45% parmi les agents de la fonction publique.

Enfin, interrogés sur le candidat qui représenterait le plus grand danger pour la laïcité en cas d’accession à l’Élysée en 2027, 43% des sondés désignent Jean-Luc Mélenchon, contre 35% Marine Le Pen. 17% ne désignent aucun des deux candidats.

Invitée sur LCI ce jeudi matin, la candidate écologiste Marine Tondelier a affirmé avoir un «adversaire politique ultime : le RN». «Je veux que l’extrême droite soit tenue à l’écart de ce pays, je veux combattre la droite et le centre qui ont fait beaucoup de mal à notre pays, je veux une victoire pour notre camp».

Marine Tondelier a appelé Raphaël Glucksmann à travailler avec les autres candidats de gauche, notamment sur «la révolution écologique» qu’il propose. «Il la mène avec qui, sa révolution écologique, s’il ne veut pas travailler avec La France insoumise ?» a feint de s’interroger la candidate. «Quand on a un total [de voix à] gauche à 35%, si on réduit le total, cela fait encore moins de monde… Donc ça veut dire qu’on doit travailler avec d’autres qui ne sont pas dans notre camp politique», a-t-elle fustigé.

La chef des Verts a repris sa campagne présidentielle ce mercredi après près de quatre semaines de congé maternité. Elle a appelé «à lâcher la grappe» aux femmes et a dit «tracer sa route de candidate et de maman» en faisant «au mieux», dans un message sur les réseaux sociaux.

La candidate des Écologistes, qui dit avoir reçu de très nombreux messages bienveillants après avoir accouché d’un garçon, Léon, le 23 septembre, a raconté avoir aussi eu «droit – et peut être encore plus en tant que femme politique – à des jugements sur ce que je devrais faire ou pas. Le tout empli de beaucoup d’injonctions contradictoires, évidemment».

«Lâchez la grappe aux femmes, arrêtez de les juger toujours aussi sévèrement», a-t-elle requis, en expliquant que chaque femme qui vient d’accoucher «fait comme elle peut, comme elle veut».

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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