Espagne : manifestations massives contre la crise du logement
Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Madrid pour réclamer un logement décent et dénoncer l'inaction du gouvernement.
Quick Look
- Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé à Madrid ce samedi pour protester contre la crise du logement et l'inaction du gouvernement Sanchez.
- Les participants réclament des mesures concrètes face à la hausse des loyers et la précarité.
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Why It Matters
La crise du logement en Espagne s'est intensifiée récemment suite à l'expulsion médiatisée d'une octogénaire à Madrid.
La colère a envahi les rues de nombreuses villes espagnoles, ce samedi, dirigée contre le gouvernement de Pedro Sanchez. A Madrid, où un campement rassemble une centaine de militants depuis une semaine sur une place ultra-touristique, plusieurs cortèges, marchant derrière une large banderole « Vers la grève générale », ont convergé vers une autre vaste place du centre-ville. Quelque 70.000 personnes, selon les autorités, à 500.000, selon le syndicat des locataires, ont défilé dans la capitale espagnole.
« Ce qui se respire dans les rues, c’est une nouvelle énergie, une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste », a déclaré, dans une pique à l’adresse du gouvernement Sanchez, Valeria Racu, une des porte-parole du syndicat de locataires à l’origine du mouvement.
« Les politiciens sont aux ordres de l’argent, des fonds " vautours " et éloignés du peuple », fustige dans un des cortèges madrilènes Adhara Freile, 41 ans, jardinière, qui vit avec son compagnon dans un appartement d’une pièce à Villaverde, un quartier très excentré de Madrid. L’année prochaine, lorsque leur bail arrivera à échéance, elle craint qu’ils ne soient contraints de quitter leur logement, comme c’est arrivé à d’autres personnes de son immeuble.
« Ecrasés par le système »
Libraire de 26 ans, Marcos Sainz, lui, louait auparavant un appartement de 3 pièces avec des amis pour 900 euros de loyer. Aujourd’hui, selon ses constatations, un deux-pièces vaut souvent 1.000 euros. « Et encore, je me sens privilégié parce que je peux me le permettre », déclare-t-il. Il assure qu’il continuera à protester « jusqu’à ce que quelqu’un ose réglementer tout ça, parce qu’on va devoir tous quitter Madrid et ça me fait de la peine, parce que je suis d’ici ».
« Nous vivons dans des conditions très précaires, écrasés par un système qui ne nous offre pas des conditions dignes pour vivre. Et nous revendiquons un droit fondamental : avoir un logement décent, une stabilité et des conditions qui nous permettent de construire un projet de vie digne », abonde Javier, 31 ans, un installateur de panneaux photovoltaïques. « Personnellement, en ce moment, je vis dans un appartement de 90 mètres carrés, avec trois autres personnes », explique-t-il. « Je consacre, comme la plupart d’entre nous, la moitié de mon salaire à une minuscule chambre ».
« Ici, on peut voir clairement que nous sommes la majorité des gens, et que les problèmes qui touchent la majorité semblent ne pas concerner nos "représentants". Ils ne s’y intéressent pas et ne prennent aucune mesure », fustige-t-il.
Crise du logement
Ces défilés, qui étaient prévus avant le rejet vendredi des mesures portées par le gouvernement par les députés, s’inscrivent dans le cadre de la crise ouverte il y a une dizaine de jours par l’expulsion de son logement madrilène d’une octogénaire. Cette dernière est devenue le symbole de la crise du logement qui frappe l’Espagne depuis plusieurs années. « C’est maintenant que commence la vraie politique, la politique qui a toujours appartenu au peuple et qui revient une bonne fois pour toutes dans les rues », a estimé Valeria Racu.
Open Questions
- Quelles mesures concrètes le gouvernement prendra-t-il après ces manifestations ?





