Fabien Galthié : «Je préfère les ennuis à l’ennui»
Le sélectionneur du XV de France évoque les défis de préparation, les nombreux forfaits et les ambitions de l'équipe à Marcoussis.
Quick Look
- Le sélectionneur Fabien Galthié aborde la préparation du XV de France à Marcoussis, marquée par de nombreux forfaits.
- Malgré les contraintes d'effectif et les nouvelles règles de gestion des joueurs, il maintient ses ambitions de performance.
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Why It Matters
Le XV de France se prépare à Marcoussis avec un effectif réduit par vingt absences potentielles. Le staff cherche à maintenir ses standards de performance malgré les contraintes de calendrier des clubs.
Les retrouvailles avec les Bleus et Marcoussis
Fabien Galthié : « C’est toujours une grande joie, un grand plaisir de revenir à Marcoussis. Nous (le staff, NDLR), on est là depuis une semaine pour se préparer. On est très heureux d’accueillir nos joueurs ici depuis dimanche soir.»
Les nombreux forfaits
«C’est un sujet, dans le rugby français, qui n’est pas nouveau. Depuis huit saisons que je suis à la tête de la sélection, c’est toujours LE problème. Sur cette compétition, on a compté vingt joueurs potentiellement sélectionnables absents, pour une majorité de blessures courtes et pour, quelques-uns, des délais plus longs. Donc une partie de notre potentiel est, entre guillemets, à l’arrêt. Mais je me suis déjà exprimé là-dessus et je pense que ce n’est pas le moment d’y revenir. Juste constater. C’est l’organisation du rugby français… Nos meilleurs adversaires, parce que je les connais bien, eux, ça ne leur déplaît pas (sourire). Je sais qu’ils savent qu’on entame notre potentiel avant même de les affronter. Pour nos adversaires, ce n’est pas un problème. Je dirais même que ça leur va très bien…»
Des absents pour des ambitions revues à la baisse ?
«Depuis que je suis sélectionneur, on a toujours cherché à construire la meilleure équipe de France possible. Et ça, c’est une obsession. Donc, on a basculé, comme d’habitude, dans la préparation de la meilleure équipe de France possible. Notre ambition est intacte. L’ambition du staff est intacte, voire décuplée, parce que c’est dans les moments difficiles qu’on doit faire front et qu’on doit être encore meilleur. Et l’ambition des joueurs qui ont l’opportunité de porter le maillot de la meilleure équipe de France est totalement intacte. Les attentes sont là. Nous sommes revenus avec 12 points de l’hémisphère sud cet été. Nous sommes premiers de la Ligue Nord. Notre ambition, c’est de la conserver, tout simplement. Il y a une opportunité pour les joueurs qui sont là de prendre la place, de prendre le maillot et d’affirmer leur volonté de rentrer dans cette équipe qui a l’habitude et qui sait performer, quelle que soit sa composition. Il n’y a pas de raison qu’on ne continue pas à performer avec une composition d’équipe qui sera sûrement différente. Je suis très confiant dans notre méthode, dans notre savoir-faire et dans l’appétit des joueurs, dans la volonté de réussir des joueurs.»
Une méthode en constante progression
«J’ai envie de parler de mon staff, j’ai envie de parler de la méthode de préparation. J’ai une grande confiance dans notre méthode de préparation. On a un savoir-faire qu’on a testé depuis maintenant de nombreuses années, de nombreuses compétitions. On va jouer face aux meilleurs et on aime se préparer pour relever le défi d’être à la hauteur des meilleurs. Et c’est ça l’objectif. Nous sommes rentrés de plain-pied dans la méthode de travail. Nous l’avons construite, créée, élaborée avec une seule ambition : rendre l’équipe de France la meilleure possible. On a gagné le tournoi 2025, on a gagné le tournoi 2026 en identifiant des choses imparfaites, des choses à améliorer. Et on est en train de chercher à améliorer encore notre rugby, notre préparation avec les outils qui nous sont proposés et dans lesquels la Fédération a investi. Pour nous, le sujet, il est là aujourd’hui.»
Ces points imparfaits à améliorer
«Je ne sais pas si je peux vous en parler parce qu’on entre là dans des domaines stratégiques et tactiques… On n’est jamais sorti d’une compétition sans se dire qu’on avait des points à améliorer. Après le Tournoi des six nations 2025, remporté, on voulait améliorer notre stratégie, notre tactique offensive et avoir une équipe encore meilleure dans le jeu de transition. Après le Tournoi 2026, également remporté, on s’est rendu compte qu’on avait progressé défensivement loin des lignes mais que, près des lignes, on devait améliorer notre structure. Cet été dans le Sud, on a amélioré cette structure-là sans dégrader les acquis précédents. Et, aujourd’hui, notre ambition est de rendre encore meilleure notre équipe, que ce soit avec le ballon mais aussi sans le ballon, sachant qu’on considère que ne pas avoir le ballon peut être aussi une stratégie offensive. On est donc sur une évolution de notre stratégie offensive. Je n’irai pas beaucoup plus loin sur les chantiers, mais on identifie de manière très claire un chemin et on s’y tient. On a peu de temps, donc on sait faire. On sait se hâter, mais lentement.»
Le casse-tête des nouvelles contraintes
(neuf matchs sur douze au maximum pour les Bleus , pas de partenaire d’entraînement à partir de huit joueurs sélectionnés dans le même club)
«Je préfère les ennuis à l’ennui. Donc ça me va très bien. On essaie de construire des organisations, puis des accords. On essaie de contribuer à ce que les clubs et l’équipe de France puissent vivre de la manière la plus harmonieuse possible. Et, au milieu, il y a les joueurs. On a vraiment le souci de leur santé. Mais ça marche dans les deux sens. Normalement, les clubs doivent faire en sorte que les joueurs n’enchaînent pas un certain nombre de matchs. Ce n’est pas tout à fait réussi pour le moment. On expérimente. Il y a une bonne volonté, une grande volonté, de la part de la Fédération comme de la part des clubs, d’aller vers comment prendre soin de la santé des joueurs et les accompagner dans leur développement. (…) Pour le staff, c’est une gymnastique supplémentaire mais dans le cadre d’une expérimentation. On essaie de faire le mieux possible, on regarde et on en tirera les conclusions après.»
Open Questions
- Quels joueurs remplaceront les absents lors des prochaines échéances ?
- Comment évoluera la collaboration avec les clubs sur la santé des joueurs ?






