
Un mandat de saisie du département de la Justice américain détaille les recommandations d'une adresse associée au Hamas pour contourner Binance et utiliser des solutions alternatives en 2025.
AI-generated summary
Le Hamas et ses branches armées utilisent de longue date des cryptomonnaies pour financer leurs activités, malgré les efforts répétés des autorités américaines pour tracer et saisir ces fonds.
Conseils pratiques. En février 2025, une adresse associée aux Brigades al-Qassam, la branche armée du Hamas, a répondu à une personne qui demandait comment faire un don en cryptomonnaies. Le message recommandait d’éviter d’envoyer les fonds directement depuis Binance et citait Trust Wallet, RedotPay, OKX, Kast et Bybit pour effectuer le transfert.
La réponse, obtenue par une source humaine du FBI, est reproduite dans un mandat de saisie publié par le département de la Justice américain (DOJ). Attention, ce document montre ce que les auteurs du message conseillaient aux donateurs ; elle ne démontre pas que les cinq services cités ont facilité des transferts vers l’organisation.
Points clés
Le message déconseillait les transferts directs depuis Binance, tout en indiquant que la plateforme pouvait servir à acheter des cryptomonnaies.
Il recommandait des envois d’USDT sur le réseau Tron (TRC-20) vers une adresse extérieure aux services cités.
Dans cette enquête, le DOJ dit avoir saisi environ 560 000 dollars en cryptomonnaies au fil de plusieurs opérations menées en 2025.
Pourquoi les Brigades al-Qassam voulaient éviter Binance
Le document au cœur de l’affaire est une réponse envoyée le 10 février 2025 à une personne qui demandait comment soutenir les Brigades al-Qassam en cryptomonnaies. Selon le mandat de saisie du DOJ, le message fournissait une adresse de réception et demandait d’envoyer des USDT sur le réseau Tron (TRC-20).
Il recommandait de ne pas effectuer le transfert final depuis Binance, tout en précisant que la plateforme pouvait servir à acheter les cryptomonnaies. Trust Wallet, RedotPay, OKX, Kast et Bybit étaient cités comme autres moyens d’envoyer les fonds vers l’adresse indiquée. Le document ne précise pas pourquoi Binance était écarté à cette étape, ni si les cinq services cités ont effectivement été utilisés par les donateurs.
Trust Wallet ouvre la liste des recommandations. Ce portefeuille non-custodial ne fonctionne pas comme un compte : l’utilisateur génère et conserve lui-même ses clés privées, sans inscription ni vérification d’identité, et aucune société n’a la main sur les fonds. Binance avait racheté l’application en 2018 avant d’en faire une entité indépendante cinq ans plus tard.
Bybit et OKX appartiennent à une autre catégorie, celle des plateformes centralisées opérant hors du périmètre réglementaire américain. OKX a d’ailleurs réglé 505 millions de dollars en février 2025 pour avoir exercé une activité de transmission de fonds sans licence aux États-Unis, et a durci ses contrôles depuis.
Kast et RedotPay relèvent enfin du paiement : ces cartes adossées à des stablecoins permettent de dépenser des USDT sur n’importe quel terminal Visa ou Mastercard sans passer par un compte bancaire classique.
On rappelle encore une fois qu’aucune des sociétés citées dans le document n’est mise en cause dans le dossier, et que toutes appliquent des procédures de vérification d’identité à l’ouverture.
Crypto et financement du terrorisme : Une traçabilité qui a déjà fait reculer le Hamas
Les Brigades al-Qassam collectaient des bitcoins depuis 2019 sur leur site officiel, avec une adresse générée pour chaque donateur afin de brouiller les pistes. Mais la méthode n’a pas résisté longtemps à l’analyse de chaînes : en août 2020, le DOJ annonçait la saisie de plus de 300 comptes crypto liés à trois campagnes de financement du terrorisme, dont celle du bras armé du Hamas.
En avril 2023, l’organisation a fini par suspendre elle-même sa campagne en bitcoin :
« Par souci pour la sécurité des donateurs et pour leur épargner tout préjudice. »
Communiqué des Brigades Izz ad-Din al-Qassam annonçant l’arrêt de leur collecte en bitcoin, avril 2023 – Source : Chainalysis
L’arrêt de la collecte publique en bitcoin en 2023 n’a donc pas marqué la fin des appels aux dons en cryptomonnaies. Dans le message retrouvé par le FBI en février 2025, les Brigades al-Qassam demandaient des USDT sur le réseau Tron.
Les enquêteurs ont ensuite suivi les mouvements de plusieurs adresses liées à cette collecte et obtenu des mandats de saisie. Le DOJ indique avoir saisi environ 560 000 dollars en cryptomonnaies au cours de plusieurs opérations menées en 2025.
AI outlook — possibilities, not facts
Poursuite des saisies de cryptomonnaies liées au financement du terrorisme par le DOJ
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