François Fillon revient sur les rumeurs de Jacques Chirac et ses affaires judiciaires
Dans un entretien accordé au média Legend, l'ancien Premier ministre évoque ses regrets, les accusations d'emplois fictifs et sa vision de la politique actuelle.
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François Fillon s'est confié sur les rumeurs lancées par Jacques Chirac concernant son orientation sexuelle et a réaffirmé son innocence dans l'affaire des emplois fictifs, tout en critiquant vivement le bilan d'Emmanuel Macron.
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Why It Matters
François Fillon a été condamné dans l'affaire des emplois fictifs de son épouse. Il a été Premier ministre sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
«Jacques Chirac pensait que j’étais homosexuel. Il expliquait ça à tous ses interlocuteurs.» «Et ça vous faisait marrer ça ?» «Honnêtement, c’était anecdotique». L’ex-premier ministre François Fillon, très discret dans les médias depuis sa défaite à l’élection présidentielle de 2017, s’est livré dans un entretien fleuve accordé au média Legend sur les épisodes marquants qui ont façonné sa carrière politique et personnelle.
Occasion pour le candidat malheureux à l’Élysée de revenir sur les scandales et rumeurs l’ayant visé lors de ses différentes mandatures et campagne. Parmi elles, et non des moindres, celle lancée directement par Jacques Chirac concernant son hypothétique homosexualité. «Moi, il n’a jamais évoqué le sujet. Mais il en parlait souvent avec Philippe Seguin , qui était mon mentor», a ainsi relaté François Fillon d’un ton ironique. «Philippe Seguin lui disait : “je ne crois pas du tout, et d’ailleurs il a cinq enfants.” Et Chirac répondait : “ça, ça ne veut rien dire”», a poursuivi l’ex-premier ministre, ponctuant : «Chirac avait des avis assez tranchés sur les gens en fonction de leur apparence. C’était parfois un peu superficiel.»
«Il n’y a pas eu d’emploi fictif»
Le Sarthois a également souhaité «solder des comptes», dix ans après sa déroute surprise en politique. «Les gens auxquels j’en veux le plus, ce sont tous les gens lâches, ceux qui se sont tus ou m’ont accablé alors qu’ils étaient au courant des situations, ou étaient dans des situations identiques à la mienne», a taclé François Fillon. Critique élargie aux détracteurs de Marine Le Pen, dont il caractérise la décision de justice l’ayant condamnée de «totalement injuste». Condamné définitivement en appel à quatre ans de prison avec sursis et 5 ans d’inéligibilité dans ce dossier, l’intéressé s’est également vu privé de sa Légion d’honneur pour 10 ans.
Une sanction n’empêchant pas l’ex-premier ministre de continuer à clamer son innocence. «Il n’y a pas eu d’emploi fictif. (...) Le fait que votre épouse soit impliquée dans votre travail parlementaire, vous représente, reçoive les gens, traite votre courrier, assiste à des repas d’anciens à votre place... C’est une collaboration absolument fondamentale», s’est-il ardemment défendu, d’autant plus qu’en 1981, lorsqu’il avait été élu député pour la première fois, «plus de la moitié des parlementaires avaient leur conjoint comme collaborateur (...) Le problème quand on est élu depuis longtemps, c’est que je n’ai pas vu que ce qui était une pratique normale du parlement pendant très longtemps n’était plus accepté par la société», a-t-il insisté.
«Pente de décadence»
François Fillon est également revenu sur l’affaire des costumes, conscient des dégâts causés par cette affaire dans l’opinion publique à quelques semaines du scrutin élyséen à l’époque. «J’ai commis une faute. (...) C’était moralement inacceptable», s’est-il admonesté.
Ces affaires auraient, à ses dires, contribué à faire accéder Emmanuel Macron à l’Élysée. «Mon premier regret c’est d’avoir fait perdre du temps à la France, car l’élection d’Emmanuel Macron a aggravé la situation de crise», a-t-il regretté. Le président de la République en prend pour son grade, François Fillon reconnaissant s’être «trompé» au sujet d’un dirigeant qui a «beaucoup abîmé le pays». L’ancien candidat à la présidentielle évoque la colère des Français qui «monte comme une marmite» et pourrait déboucher sur une alternative «révolutionnaire» face à la «pente de décadence» dans laquelle s’est engagée la France.
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- Quelles seront les réactions des personnalités politiques citées ?






