
Le 11 septembre 2001, Heather Penney, pilote de chasse de l'US Air Force, décolle sans munitions pour intercepter un avion détourné visant Washington, décrivant une mission suicide aux côtés de son coéquipier pour empêcher une attaque sur le Capitole, avant d'apprendre que le vol United 93 s'est écrasé en Pennsylvanie grâce à l'héroïsme des passagers.
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Le 11 septembre 2001, des terroristes d'Al-Qaïda ont détourné quatre avions commerciaux aux États-Unis, frappant les tours du World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, tandis qu'un quatrième avion, le vol United 93, s'est écrasé en Pennsylvanie après une révolte des passagers.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Durant des heures, le 11 septembre 2001, elle s'est tenue prête à donner sa vie pour protéger Washington. Heather Penney est alors pilote de combat dans l'US Air Force depuis deux ans, lorsqu'elle reçoit ce jour-là l'ordre de décoller. "Nous savions que c'était une mission suicide, mais je voulais protéger et défendre mon pays", raconte-t-elle.
Quelques minutes plus tôt, les tours jumelles du World Trade Center sont frappées par une attaque terroriste d'une ampleur inédite aux États-Unis. Le Pentagone, cœur du pouvoir militaire américain, est ciblé lui aussi par un avion de ligne détourné. "Selon les témoins, il y a eu une explosion. Le bâtiment est évacué", annonce ce matin-là CNN. Mais au sortir de la guerre froide, l'Amérique n'est pas prête et n'a plus de système d'alerte performant pour ses avions de chasse.
Heather Penney décolle donc sans munitions. Elle doit, avec un autre pilote de F-16, neutraliser tout appareil s'approchant de la capitale. "Mon coéquipier devait percuter le nez de l'avion, la zone du cockpit, pour tuer les terroristes et paralyser les commandes. Mon rôle était de percuter avec mon F-16 la queue de l'appareil, d'arracher l'empennage. Cela devait déséquilibrer l'avion et le forcer à s'écraser au sol", détaille-t-elle.
Une angoissante palpable
Alors que le Congrès est évacué de toute urgence, les habitants de Washington aperçoivent les deux appareils, aux aguets, dans le ciel de la capitale. "Je viens juste de voir un F-16 survoler le Pentagone. Il prend la direction de l'ouest", commente alors CNN. Ils patrouillent à basse altitude à la recherche d'avions qui voleraient sous les radars. Au sol, leur officier de renseignement est engagé dans une course contre la montre pour identifier les vols ayant disparu des écrans de contrôle.
"Il a décroché son téléphone pour appeler les compagnies aériennes, les standards des aéroports et toutes les tours de contrôle de la région, pour savoir quels avions ne donnaient plus de nouvelles, rayant au marqueur les numéros les uns après les autres. Puis, il nous a rappelés pour nous dire : 'Il y en a un qui survole la rivière et qui vient vers vous'", poursuit l'ancienne pilote.
"La décision qu'ils ont prise fait que je suis encore devant vous aujourd'hui"
Cet avion, c'est le vol United 93. Quatre terroristes en ont pris le contrôle et le détournent vers Washington. Mais à bord, les passagers et l'équipage se soulèvent. L'avion s'écrase finalement dans un champ de Pennsylvanie. Il n'y a aucun survivant. "Parmi les passagers, il n'y avait pas d'anciens de l'armée. Il n'y avait pas de policiers, d'ambulanciers... Il n'y avait que des Américains ordinaires. La décision qu'ils ont prise fait que je suis encore devant vous aujourd'hui", souligne Heather Penney.
Ces visages, elle n'en a oublié aucun. Toujours hantée, dit-elle, par ce jour de septembre 2001 : "Je ne sais pas si je me pardonnerai un jour, ou si nous pardonnerons en tant que nation, d'avoir à ce point échoué ce jour-là. Alors, la seule chose que je peux faire, c'est de m'assurer que l'histoire du vol 93 soit racontée encore et encore, d'une façon qui continue à honorer longtemps leurs sacrifices."
Après avoir quitté l'armée, Heather Penney a fait de ce travail de mémoire son combat au sein d'une organisation qui milite pour que l'Amérique soit parfaitement préparée en cas de nouvelles attaques sur son territoire.

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