
Des milliers de femmes se mobilisent sur les réseaux sociaux pour noyer les pistes et protéger l'anonymat d'une étudiante américaine qui accuse sept membres d'une fraternité de viol.
Des milliers de femmes se filment sur TikTok et Instagram sous le nom de "Jane Doe" pour protéger l'anonymat d'une étudiante de Cornell accusant sept membres d'une fraternité de viol en 2024, contrant ainsi les tentatives de doxxing en ligne.
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Une ancienne étudiante de l'université Cornell a déposé une plainte civile en septembre après avoir été agressée sexuellement en 2024.
Depuis quelques jours, une même phrase se répète sur TikTok et Instagram : I am Jane Doe, "Je suis Jane Doe". Des milliers de femmes se filment face caméra en affirmant être cette jeune Américaine anonyme. Certaines vidéos cumulent plusieurs millions de vues.
Derrière ce mouvement, une stratégie bien précise : protéger l’identité d’une ancienne étudiante de l’université Cornell, dans l’État de New York, qui accuse 7 membres d’une fraternité de l’avoir droguée et violée en 2024.
Brouiller volontairement les pistes
Aux États-Unis, Jane Doe est un nom générique utilisé dans le cadre judiciaire pour désigner une personne dont l’identité doit être préservée. La jeune femme au cœur de cette affaire a déposé une plainte civile en septembre. Elle met également en cause l’université Cornell, lui reprochant d’avoir protégé les étudiants visés.
Depuis, l’affaire a pris une ampleur considérable aux États-Unis et certains internautes ont tenté de retrouver l’identité de la plaignante. Face à cette chasse en ligne, des milliers de femmes ont décidé de retourner les mécanismes des réseaux sociaux contre ceux qui cherchent à l’identifier. Elles publient des vidéos en affirmant être elles-mêmes Jane Doe, et certaines multiplient volontairement les fausses pistes, faux noms ou fausses informations.
L'objectif est de noyer les moteurs de recherche, les algorithmes et même les intelligences artificielles sous des informations contradictoires, afin qu'il devienne de plus en plus difficile de déterminer qui est réellement la jeune femme.
Des internautes tentent de révéler son identité
Fin septembre, le commentateur américain Michael Tracey, suivi par plusieurs centaines de milliers de personnes sur X, avait appelé ses abonnés à révéler publiquement l'identité de la jeune femme afin – selon lui – de pouvoir juger de sa "crédibilité". Des photos présentées comme provenant du compte Instagram de la jeune femme ont ensuite circulé sur les réseaux sociaux. Elles ont été accompagnées de commentaires remettant en cause sa parole ou laissant entendre qu'elle aurait, par son comportement ou son apparence, une part de responsabilité dans ce qu'elle dénonce. L’identité de la femme apparaissant sur ces images n’a toutefois pas été confirmée.
Avec le hashtag #IAmJaneDoe, de nombreuses femmes racontent à leur tour des agressions sexuelles ou des violences qu'elles ont subies, parfois sans jamais en avoir parlé publiquement auparavant. Elles évoquent la peur de témoigner, les représailles potentielles et l'omerta qui entourent les violences sexuelles sur certains campus américains. Avec une idée qui revient régulièrement : "Nous pourrions toutes être Jane Doe". Le mouvement est ainsi devenu un élan de solidarité pour briser le silence. 9 ans après #Metoo, le message a encore visiblement besoin d'être répété.

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