«Il faudra encore me supporter» : Monique Barbut évoque son maintien au gouvernement et l'adaptation climatique
Après sa démission refusée, la ministre de la Transition écologique détaille ses priorités et envisage de financer l'adaptation climatique via l'épargne des Français.
Quick Look
- Après le refus de sa démission, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut confirme son maintien au gouvernement dans un entretien à Libération.
- Elle détaille ses projets de financement de l'adaptation climatique et sa position sur le cadmium.
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Why It Matters
Monique Barbut avait annoncé sa démission en juillet pour protester contre la loi d'urgence agricole, avant de rester au gouvernement.
«Il faudra encore me supporter» : après sa démission refusée, la ministre de la Transition écologique Monique Barbut se voit rester au gouvernement et réfléchit à financer l'adaptation au changement climatique via «l'épargne des Français», dans un entretien à Libération publié dimanche.
«Je peux me sentir plus fragile mais pas fragilisée. Les articles publiés dans la presse cet été ne viennent pas que des oppositions... Je ne suis pas dupe. Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter», affirme-t-elle dans cet entretien.
Après avoir annoncé sa démission en juillet pour protester contre l'adoption de la loi d'urgence agricole, Monique Barbut était finalement restée au gouvernement, assurant avoir obtenu des «garanties» sur des sujets lui tenant à cœur, comme l'adaptation au changement climatique. «J'ai trois grandes priorités: l'adaptation, la forêt et la santé environnementale sur lesquelles j'ai fait et ferai des propositions», affirme-t-elle dans l'entretien. «Tant que ces sujets avancent», la question de son avenir au gouvernement «ne se pose pas», dit-elle.
Une norme pour le cadmium
Le premier ministre Sébastien Lecornu l'avait chargée fin juillet de lui présenter d'ici octobre de nouvelles mesures pour «accélérer» la mise en œuvre du Plan national d'adaptation au changement climatique. «Pour ce qui est du financement, les ressources de l'État étant ce qu'elles sont, je voudrais creuser la piste d'un financement via la Caisse des dépôts issu de l'épargne des Français», indique Monique Barbut.
Elle revient aussi sur le cadmium, métal lourd toxique présent dans l'environnement et l'alimentation, pour lequel le gouvernement prépare un décret organisant la baisse dans les engrais phosphatés. «Je souhaite que nous fixions une norme maximale de 20 milligrammes par kilogramme (mg/kg) à horizon 2030, contre 90 mg/kg actuellement», dit Monique Barbut. Une baisse plus rapide que celle qu'envisageait le ministère de l'Agriculture en mai, à «40 mg/kg en 2030» et «20 mg/kg» d'ici 2038.
La ministre juge enfin «pas surprenantes» les conclusions du Conseil constitutionnel, qui a validé vendredi la quasi-totalité de la loi d'urgence agricole, tout en saluant des clarifications «utiles». Ainsi l'absence de décision de l'Anses, dans le délai de deux mois prévu pour une demande de dérogation à l'utilisation de l'insecticide acétamipride, vaut décision de refus. «Je veillerai à ce qu'aucune pression ne soit exercée sur l'Anses pour tenir des délais qui ne seraient pas compatibles avec les exigences d'une expertise scientifique rigoureuse», affirme Monique Barbut.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Présentation de nouvelles mesures pour accélérer le Plan national d'adaptation au changement climatique
Very likely · Within months
Open Questions
- Quelles seront les modalités exactes du financement via l'épargne des Français ?
- Comment le décret sur le cadmium sera-t-il accueilli par le secteur agricole ?



