
Le président ukrainien voit dans le basculement du Congrès une opportunité d'obtenir davantage d'aide militaire et financière face à la Russie.
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Les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre ont vu les démocrates remporter le Sénat et la Chambre des représentants. Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a réduit l'aide américaine à l'Ukraine, désormais assurée par les alliés européens. Kiev craint un rapprochement entre Trump et Poutine qui pourrait défavoriser l'Ukraine dans d'éventuelles négociations de paix.
Après la vague bleue, le rapprochement avec Kiev ? C'est en tout cas "l'espoir" de Volodymyr Zelensky, après la nette victoire des démocrates face aux républicains, lors d'élections de mi-mandat organisées aux Etats-Unis, mardi 3 novembre. "Il y a donc maintenant de l'espoir, puisqu'il existe cet équilibre des forces, et que nous serons davantage soutenus", a estimé le président ukrainien, dans un entretien diffusé mercredi par la chaîne publique allemande ZDF.
Le passage du Sénat et de la Chambre des représentants aux mains du Parti démocrate laisse espérer, selon le dirigeant, un soutien militaire et financier accru qui pourrait "influencer" la Russie, en guerre avec l'Ukraine depuis février 2022, et mener "à de possibles négociations et une possible paix". Ces derniers mois, un nouveau rapprochement entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine a fait craindre à Kiev un lâchage de la part de Washington, alors que l'Ukraine s'approche d'un hiver difficile face aux intenses bombardements russes.
Depuis son retour au pouvoir, le milliardaire a asséché l'aide accordée au pays, celle-ci étant désormais dispensée par les alliés européens de Kiev. En deux ans, Donald Trump a soufflé le chaud et le froid sur Volodymyr Zelensky. Les Ukrainiens ont en mémoire la séance d'humiliation surréaliste du président ukrainien dans le Bureau ovale, en février 2025, devant les caméras de télévision du monde entier, comme la tentative de mise en place d'un plan de paix très favorable à Moscou, fin 2025. Mi-octobre, le président américain a même annoncé un achat massif de diesel russe, malgré les sanctions internationales et les restrictions mises en place par les Etats-Unis eux-mêmes.
Des démocrates "un peu plus ouverts" à Kiev
Que changera concrètement un Congrès à majorité démocrate pour Kiev ? Les nouveaux élus, qui ne siégeront qu'à partir du 3 janvier, sont plutôt favorables à l'Ukraine. "Le résultat des élections est une bonne nouvelle, parce qu'il y aura plus d'ouverture d'esprit pour parler aux Ukrainiens", estime Gesine Weber, chercheuse au Centre des études de sécurité de Zurich (Suisse). Les démocrates, menés par Joe Biden lors de sa présidence entre 2021 et 2025, s'étaient illustrés par un soutien très fort aux Ukrainiens.
Pour autant, une majorité bleue ne garantit pas "que cette nouvelle génération de démocrates sera disposée à envoyer de l'argent et des armes à l'étranger, quelle que soit la destination", résume dans un article Leslie Shedd, experte au Centre Eurasie de l'Atlantic Council, un groupe de réflexion basé à Washington. La raison ? "Les électeurs ont clairement exprimé (…) leur volonté de se concentrer sur la politique intérieure et les contraintes budgétaires", ajoute-t-elle.
Le retour des démocrates, "un peu plus ouverts", ne devrait pas laisser penser que les Etats-Unis seront soudainement "complètement alignés" avec les Européens "en termes de politique de sécurité et de défense", prévient Gesine Weber. Comme les républicains, les démocrates n'ont plus pour priorité l'Europe, mais plutôt la Chine, et plus généralement l'Asie. Un mouvement entamé depuis plusieurs années. Et la chercheuse d'appeler au "renforcement de la sécurité et de la défense européennes, mais aussi du soutien continu à l'Ukraine", qui pourrait "motiver les Etats-Unis à poursuivre cette aide."
Dans ce contexte, une nouvelle aide financière à Kiev paraît pour le moment peu probable, tout comme des livraisons d'armes non financées par les Européens. Les démocrates ont toutefois promis de lancer des investigations sur des accords financiers impliquant des membres de la famille ou de l'administration Trump. Ils pourraient aussi enquêter sur l'accord récent sur le diesel russe, d'après le cercle de réflexion German Marshall Fund of the United States (GMF). Le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, et l'envoyé spécial des Etats-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff, pourraient être visés.
Le pouvoir du Congrès limité par la menace de veto de Donald Trump
Un nouveau train de sanctions contre la Russie, après celui adopté par le Congrès en septembre, pourrait être poussé par la nouvelle majorité. Les démocrates font néanmoins face à un obstacle de taille : le veto présidentiel, que Donald Trump a promis d'utiliser à foison. "Je serai monsieur Veto", a récemment prévenu le dirigeant populiste auprès du podcast Pod Force One. "Et pour surmonter ce veto, il est nécessaire d'avoir une majorité des deux tiers", rappelle Gesine Weber. "Il faudrait un effort bipartisan considérable pour l'obtenir", ajoute la spécialiste. Tout le monde ne voudra pas forcément y laisser des plumes.
"Est-ce que la volonté d'imposer des sanctions [à la Russie] est plus importante que leur peur de s'opposer, y compris de manière ouverte et publique, à ce que fait le président ?"
Gesine Weber, chercheuse au Centre des études de sécurité de Zurich
à franceinfo
Tout dépendra de l'attitude républicaine au Congrès, souligne Jörn Fleck, directeur du centre pour l'Europe de l'Atlantic Council, dans une analyse. Des élus "faucons", partisans d'un plus grand interventionnisme militaire américain, pourraient davantage élever leurs voix face à la complaisance de Donald Trump à l'égard de Moscou. Ils auront peut-être "une plus grande marge de manœuvre pour tenir tête à la Maison Blanche", prédit le chercheur.
La politique étrangère, prérogative présidentielle
A Washington, Donald Trump gardera néanmoins la main sur la politique étrangère. Le président "a gouverné en grande partie sans tenir compte du Congrès. Pourquoi cela changerait-il aujourd'hui ?", s'interrogeait ouvertement le chancelier allemand Friedrich Merz mercredi à Berlin. Le domaine reste une prérogative forte des présidents américains, comme le rappelle le cercle de réflexion German Marshall Fund of the United States. Une fois les midterms passées, ces dirigeants ont l'habitude de "mettre davantage l'accent sur leur rôle de chef d'Etat" pour mieux "consolider leur héritage". "Cette tendance s'accentue encore lorsqu'ils font face à une opposition du Congrès", pointe GMF. La politique étrangère devient alors "le dernier terrain sur lequel ils peuvent exercer une influence unilatérale importante".
La fin de l'ère Trump pourrait s'inscrire dans cette lignée – notamment sur l'Ukraine. Donald Trump aspire à permettre la paix entre Kiev et Moscou, et ce, depuis sa campagne victorieuse de 2024. Mais sa conception de la paix risque de privilégier le Kremlin au détriment des Ukrainiens, après presque cinq ans d'invasion russe. Avec la débâcle des midterms, le président "entre dans une phase de 'lame duck'", de "canard boiteux" en fin de mandat, observe Gesine Weber. Il pourrait tenter d'asseoir son héritage en accélérant ses efforts en faveur d'une fin de la guerre. Le milliardaire, bien indulgent quand il s'agit du Kremlin, a même tenu ces propos mi-octobre : "La Russie, franchement, s'est bien comportée à l'égard de l'Ukraine", occultant les crimes de guerre dont sont accusés les soldats russes. Pour Gesine Weber, "il est vraiment prêt à avancer dans la normalisation de la Russie sur la scène internationale".
"J'imagine que Donald Trump est un peu plus prêt, maintenant, à faire encore un pas vers Vladimir Poutine. Un 'deal', un accord très englobant sur l'Ukraine, ce serait quelque chose qu'il pourrait bien vendre aux Etats-Unis."
Gesine Weber, chercheuse au Centre des études de sécurité de Zurich
à franceinfo
En attendant 2028 et la perspective d'une potentielle victoire démocrate lors de l'élection présidentielle, Kiev devra "nouer des relations de travail avec les démocrates nouvellement élus, tout en s'assurant le soutien des républicains pragmatiques, dont les votes resteront indispensables à l'adoption de lois controversées", prévient la politologue ukrainienne Lesia Dubenko dans un article publié par le Kyiv Post. Conscient de sa faiblesse dans le camp trumpiste, Kiev avait eu à cœur de cultiver des liens avec les milieux conservateurs américains après l'épisode du Bureau ovale, rappelle l'analyste.
AI outlook — possibilities, not facts
Les démocrates lanceront des investigations sur des accords financiers impliquant la famille ou l'administration Trump, y compris l'accord sur le diesel russe.
Likely · Within weeks
Donald Trump utilisera fréquemment son droit de veto pour bloquer les initiatives du Congrès démocrate.
Very likely · Within months
Kiev devra nouer des relations de travail avec les démocrates nouvellement élus tout en maintenant le soutien des républicains pragmatiques.
Likely · Within months
Donald Trump has predicted a “very big” deal with Russia over Ukraine that could encompass all of Europe. He met with Vladimir Putin's envoy, Kirill Dmitriev, at the White House, but did not speak to the Ukrainian delegation. Russian-Ukrainian talks are planned in Abu Dhabi on November 10-11, and Trump could meet with Putin and Xi Jinping at an Apec summit in China in less than two weeks.

Japan protests to Moscow and demands the immediate release of Japan Tobacco International assets seized in Russia. President Vladimir Putin ordered the temporary transfer of these assets to a Russian company, amid strained relations between the two countries linked to sanctions against Moscow over the war in Ukraine.

Yoani Sánchez, a figure of independent journalism in Cuba, was released Thursday after an arbitrary arrest and a few hours of detention in Havana. The same day, Berta Soler, leader of the Ladies in White, was also arrested with another member of the collective. Independent Cuban media regularly face pressure from the authorities.

Donald Trump has announced that a major agreement involving Russia, Ukraine and potentially Europe is in preparation. He confirmed having met with Vladimir Putin's emissary, Kirill Dmitriev, at the White House.

The Russian masculinist group "Male State" is suspected of being behind bomb threats at Sofia and Rome airports on Thursday, according to threatening emails received by employees. No links have yet been authenticated and no claims have been noted.

Several Russian regions are reducing or eliminating compensation paid to the families of soldiers who died in Ukraine, in the face of a budgetary deterioration linked to increased military spending. The Republic of Bashkiria, Saratov Oblast, Belgorod Region and Samara Region are among the affected territories, while the cumulative regional deficit increased from 50.6 billion rubles surplus in 2022 to 1540 billion rubles deficit in 2025.