Iran : Human Rights Watch dénonce une hausse alarmante des exécutions de manifestants
Selon une enquête de HRW et du Centre Abdorrahman Boroumand, au moins 59 hommes ont été exécutés entre mars et août, souvent à l'issue de procès inéquitables.
Quick Look
- Human Rights Watch et le Centre Abdorrahman Boroumand accusent les autorités iraniennes d'exécuter illégalement chaque semaine des manifestants et dissidents.
- Au moins 59 hommes ont été exécutés entre mars et fin août 2026.
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Why It Matters
Les ONG dénoncent une recrudescence des exécutions politiques en Iran à la suite des mouvements de contestation récents.
Des condamnations à mort pour des motifs politiques, et toujours plus fréquentes. "Les autorités iraniennes exécutent illégalement, chaque semaine, des manifestants et des dissidents", accusent Human Rights Watch (HRW) et le Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits humains en Iran, dans une enquête publiée jeudi 10 septembre. Selon les deux ONG, au moins 59 hommes ont été exécutés entre le 18 mars et la fin août. Parmi eux, 29 avaient été arrêtés en lien avec les manifestations antigouvernementales de la fin 2025 et du début 2026, et trois en lien avec le mouvement "Femme, Vie, Liberté" de 2022. Cinq condamnés ont été exécutés en public.
Les deux organisations ont mené des entretiens avec 12 interlocuteurs connaissant ces dossiers, dont "des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes, des avocats, d'anciens codétenus [des individus exécutés] et d'autres sources", précise HRW. Les enquêteurs ont également étudié des messages audio de prisonniers, ainsi que les déclarations des autorités iraniennes et plusieurs jugements de tribunaux.
Leur travail révèle que le régime iranien "condamne à la [pendaison] des manifestants, dont des adolescents, en se fondant sur des 'aveux' entachés de torture", souligne Bahar Saba, chercheuse senior sur l'Iran chez HRW. L'ONG dénombre plusieurs Iraniens âgés de 18 ou 19 ans parmi les 59 exécutés, comme Saleh Mohammadi, un champion de lutte pendu cinq semaines après son arrestation, ou Amir-Hossein Hatami, condamné à mort un mois après son interpellation.
Des procès expéditifs
Selon Bahar Saba, ces verdicts sont rendus à l'issue "de procédures manifestement inéquitables, trop courtes pour permettre d'établir la culpabilité des accusés". L'ONG, qui pointe l'absence d'indépendance de la justice iranienne, a documenté plusieurs cas de refus d'accès des prisonniers à des avocats indépendants, ainsi que des "mauvais traitements comme des violences" ou des "menaces de viol".
Dans plusieurs dossiers, les condamnations ont été prononcées pour des faits de "corruption sur terre", "inimitié envers Dieu" ou "action opérationnelle au profit d'Etats hostiles" – un type de poursuite prévu dans une loi sur l'espionnage adoptée en 2025 –, poursuit HRW. "Cette loi est devenue un mécanisme accéléré permettant de condamner à mort des manifestants sans aucune preuve d'espionnage ni de coopération avec un Etat hostile", dénonce l'ONG, qui appelle à "des actions urgentes et coordonnées des Etats membres de l'ONU" face à ces violations répétées des droits humains.
"Le message des autorités est clairement que toute manifestation sera brutalement réprimée, que ce soit par balles dans la rue ou via des exécutions publiques résultant de procès bidon. ."
Bahar Saba, chercheuse sénior sur l'Iran chez HRW
dans un communiqué
Les auteurs rappellent que des dizaines d'autres manifestants et de dissidents politiques iraniens se trouvent dans le couloir de la mort ou risquent des condamnations à la peine capitale. Ce nombre est largement sous-estimé, "en raison des coupures d'internet et d'une peur justifiée de représailles" de la part du régime, alerte HRW, qui rappelle que tout contact avec des activistes à l'étranger est désormais passible de poursuites.
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Appel à des actions urgentes des Etats membres de l'ONU
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