«Je ne savais pas pourquoi je tapais ma fille» : au procès des parents de l’inconnue de l’A10, une mère murée dans le déni
Jugée pour des actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort, Halima El Bakhti a comparu devant la cour d'assises de Blois aux côtés d'Ahmed Touloub.
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Jugée aux côtés d'Ahmed Touloub devant la cour d'assises de Blois, Halima El Bakhti s'explique sur la mort de sa fille Inass, retrouvée morte en 1987 et surnommée "la martyre de l'A10".
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Why It Matters
Inass, surnommée la martyre de l'A10, a été retrouvée morte le long d'une autoroute le 11 août 1987 après avoir subi de multiples violences.
Quand Halima El Bakhti donne naissance à sa troisième fille au matin du 3 juillet 1983 à la polyclinique de Casablanca, elle se souvient d’un détail, le tout premier : «j’ai juste vu ses petits pieds, ses petits doigts.»
«Vous l’avez aimée ?», l’interroge la présidente de la cour d’assises de Blois vendredi soir. «Bien sûr.» Mais la petite Inass est laissée à sa grand-mère maternelle, tandis qu’Halima El Bakhti rentre en France, ses deux aînées sous le bras, dans le deux-pièces de Vitry-sur-Seine où elle habite désormais avec son mari et ses enfants. Le père, Ahmed Touloub qui comparaît à ses côtés, aurait exigé, selon ses dires, qu’elle ne s’encombre pas d’un nourrisson pour l’aider à l’épicerie. «J’ai baissé la tête et je suis rentrée. Sans ma moitié.»
La fillette reste un peu plus d’un an loin de ses parents, de l’autre côté de la Méditerranée, avant qu’Halima El Bakhti ne vienne la chercher l’été suivant. À partir de cet instant, les jours d’Inass seront comptés.
Ces premiers instants de douceur de l’été 1983, quand Halima El Bakhti et sa fille étaient dans la maison familiale de Casablanca, sont les seuls souvenirs heureux qu’elle garde avec sa fille. «Après, c’était affreux tout le temps. C’était tout noir», résume-t-elle en fronçant les sourcils, parfois en agitant la main près de sa tête.
Cette noirceur a inondé la cour d’assises deux jours durant, quand ont été projetés les clichés de son enfant sur la table d’autopsie. Ce sont les mêmes petits pieds, les mêmes petits doigts que ceux de la polyclinique, mais la totalité du corps est recouverte de morsures, brûlures, lésions, ecchymoses.
Inass est devenue «la martyre de l’A10», une fillette abandonnée le long de l’autoroute, dans le Loir-et-Cher, le 11 août 1987. Depuis lundi, Halima El Bakhti, 72 ans, est jugée pour «actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner» sur son enfant et Ahmed Touloub, pour complicité. Son interrogatoire a achevé une première…
Open Questions
- Quelles ont été les peines exactes prononcées par la cour ?
- Comment les faits ont-ils été découverts à l'époque ?






