L'Insee abaisse fortement sa prévision de croissance pour 2026
Dans une note intitulée "vigilance orange sur la croissance", l'Insee prévoit une croissance de 0,4% pour 2026, contre 0,7% initialement.
Quick Look
- L'Insee a réduit sa prévision de croissance française pour 2026 à 0,4%, invoquant les épisodes caniculaires et les tensions au détroit d'Ormuz.
- Le pouvoir d'achat des ménages devrait reculer de 0,4% dans un contexte de ralentissement économique marqué.
AI-generated summary
Why It Matters
L'Insee publie régulièrement des notes de conjoncture sur l'état de l'économie française. La croissance de 2025 était établie à 0,9%.
L'économie française "décroche". Dans une note intitulée "vigilance orange sur la croissance", et publiée jeudi 10 septembre, l'Insee a fortement abaissé sa prévision de croissance pour 2026. Elle passe de 0,4% du produit intérieur brut contre 0,7% auparavant. Cette nouvelle prévision marque aussi un ralentissement par rapport à la croissance de 0,9% en 2025. Si ce chiffre se confirmait, il s'agirait de la plus faible croissance depuis 2012, hors Covid.
L'Institut national de la statistique avance plusieurs explications : "Les épisodes caniculaires de l’été coûteraient 0,1 point de croissance annuelle à l’économie française en 2026, essentiellement en raison de la baisse de la production agricole", et "la fermeture du détroit d’Ormuz à partir de mars, par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux, a un peu entravé cette dynamique".
Le pouvoir d'achat des ménages reculerait de 0,4% sur l'année
"A rebours de ses voisins" et "contrairement au reste de l'Europe, l'activité a fléchi cet hiver et est restée étale au printemps", a souligné Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l'Insee, lors d'une conférence de presse. D'ici la fin de l'année, "la France renouerait avec une timide croissance", mais "en moyenne annuelle, elle ferait pâle figure à côté de ses voisins", avec une croissance "trois fois moins" importante que "les voisins de la zone euro ou le Royaume-Uni".
L'Insee table ainsi en France sur une croissance de 0,1% au troisième trimestre, et 0,2% au quatrième, après -0,2% au premier trimestre et 0,0% au deuxième. L'inflation, qui a atteint 2,4% en août, continuerait d'augmenter pour atteindre 2,9% en France en fin d'année.
Le pouvoir d'achat des ménages reculerait de 0,4% sur l'année, sous l'effet de la baisse de l'emploi salarié et de l'atonie des salaires réels. Pilier traditionnel de la croissance française, la consommation des ménages ralentirait (+0,3% sur l'année), après des années 2024 et 2025 déjà peu dynamiques.
Du côté des investissements, celui des entreprises serait "plombé par des perspectives de demande atone et un coût du capital en hausse" et repasserait dans le rouge en 2026 (-0,3%), tout comme celui des ménages (-1,3%).
Open Questions
- Quelles mesures gouvernementales seront prises pour contrer ce ralentissement ?




