La députée RN Laure Lavalette condamne la violence lors des manifestations lycéennes
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La députée RN Laure Lavalette juge légitimes certaines revendications lycéennes mais condamne la violence, notamment les jets d'acide, tandis que le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko estime que la violence peut parfois être légitime pour manifester, déclenchant un signalement au titre de l'article 40 et des échanges sur l'instrumentalisation du mouvement par LFI.
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Why It Matters
Le mouvement lycéen, parti de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine avec le soutien affiché de La France insoumise, réclame davantage de moyens et des remplacements de professeurs, à sept mois de l'élection présidentielle.
La députée RN Laure Lavalette a estimé que certaines revendications des lycéens étaient «légitimes» et révélaient, selon elle, «les carences et les échecs de la politique éducative d’Emmanuel Macron». Mais «rien ne justifie la violence telle qu’on l’a vue dans la rue hier», a-t-elle insisté.
«Des jets d’acide dans une manifestation lycéenne, c’est quasiment du terrorisme, c’est hallucinant», a-t-elle poursuivi, avant d’accuser La France insoumise d’avoir «instrumentalisé» le mouvement et de «mettre de l’huile sur le feu».
«Je les maintiens», a réagi ce jeudi matin le maire de Saint-Denis concernant ses propos dans le cadre du mouvement de grève étudiante. Mardi matin, devant le lycée Paul-Eluard de sa ville, le maire LFI a estimé au micro de BFM que «la violence, à un moment donné, peut être légitime», pour manifester son soutien aux lycéens mobilisés. «Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux», a-t-il aussitôt nuancé. Le préfet du département a effectué un signalement au titre de l’article 40 pour «des faits présumés de provocation à commettre un délit».
«Il faut arrêter de sortir ces mots de leur contexte», a plaidé Bally Bagayoko sur France Info. «J’ai moi-même été aspergé de gaz lacrymogène.» Pour l’élu LFI, la police tendrait à «créer les conditions qui peuvent mettre les jeunes en situation de réagir. (…) Il y a des situations où vous avez affaire à des jeunes, qui n’ont pas de casques, pas de gilet pare-balles, quand vous leur tirez dessus, c’est dangereux.»
Le maire de Saint-Denis a nié chercher à exciter les adolescents par sa présence, alors que des vidéos le montrent dansant à côté d’une poubelle en flammes. Une «fake news», selon l’élu. «Ces élèves n’ont pas besoin de Bally Bagayoko pour les exciter.» Bally Bagayoko réfute également l’idée selon laquelle l’union syndicale lycéenne (USL) serait une succursale de LFI. Louis Boyard en a été le président et le président actuel a été candidat LFI aux municipales. «Il peut être candidat et ça n’a rien à voir ensuite avec ses activités associatives», a répondu le maire de Saint-Denis.
Bally Bagayoko a ensuite reformulé le message qu’il adresse aux étudiants : «Votre revendication est légitime. Ne prenez pas de risques inconsidérés, ils sont toujours utilisés pour noyer votre message. Appeler à l’apaisement, y compris pour le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’éducation.»
Les lycéens qui réclament notamment des remplacements de professeurs et davantage de moyens, espèrent jouer jeudi l’«acte deux» de leur contestation, émaillée de violences, avec les étudiants qui devraient se joindre à eux. Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l’Intérieur.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.
Le président de l’USL, l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, a appelé mercredi lors d’une conférence de presse commune à Paris avec l’Union étudiante, à un «acte deux» faisant valoir des revendications communes. Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent «toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation» jeudi et mardi 6 octobre, et réclament un «financement massif des lycées et des universités».
L’Unef, troisième organisation étudiante, appelle aussi les étudiants «à descendre dans les rues partout en France» contre la «suppression massive de places dans les facs» et le gel des APL notamment. Le gouvernement a tenté mercredi de mettre fin à la propagation du mouvement en annonçant l’ouverture d’une «plateforme de concertation» à laquelle «tous les lycéens pourront contribuer». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes de manière territorialisée.
Emmanuel Macron a martelé mercredi que la mobilisation des lycéens en France ne justifiait pas la «violence» et que les responsables politiques n’étaient «pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», des propos visant les responsables d’un parti de gauche.
La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine avec le soutien affiché de La France insoumise (LFI, gauche radicale) pour demander davantage de moyens. Elle intervient à sept mois de la présidentielle.
«J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (..) ne sauraient légitimer une violence au carré», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Madrid au côté du premier ministre Pedro Sanchez.
Les responsables politiques «sont là parce qu’il y a un mandat démocratique, parce qu’ils ont été élus de manière calme, dans un cadre organisé, et ils ne sont pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», a-t-il ajouté.
L’IGPN, la «police des polices», a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l’ordre sont intervenues «avec beaucoup de proportionnalité». «Ce sont des mineurs qui sont en face des forces de l’ordre. Évidemment, il y a un usage très proportionnel» des «armes intermédiaires», notamment du gaz lacrymogène, a poursuivi le ministre.
Ces investigations concernent des faits qui se sont déroulés à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise) et Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et a été hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont «compatibles» avec un tir de LBD.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le mouvement lycéen connaîtra un «acte deux» jeudi avec la participation des étudiants, comme annoncé par les organisations syndicales.
Very likely · Within days
Le gouvernement poursuivra ses tentatives de désescalade via la plateforme de concertation territoriale.
Likely · Within weeks
Open Questions
- Quel sera l'impact de la «plateforme de concertation» annoncée par le gouvernement sur le déroulement du mouvement ?
- Les enquêtes de l'IGPN sur les tirs de LBD et les blessures vont-elles aboutir à des sanctions ?
- Le mouvement va-t-il réussir à unir les différentes organisations syndicales étudiantes autour de revendications communes ?






