La préfecture ordonne des mesures d'urgence pour sécuriser l'usine Fibre Excellence de Tarascon
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La préfecture des Bouches-du-Rhône a ordonné au liquidateur judiciaire de l'usine Fibre Excellence de Tarascon de prendre immédiatement des mesures d'urgence pour rétablir la sécurité du site Seveso seuil bas, après l'arrêt de systèmes critiques comme la défense incendie et la station d'épuration, suite à un déversement accidentel de produits chimiques et la présence de substances dangereuses sur place.
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Why It Matters
L'usine Fibre Excellence de Tarascon, classée Seveso seuil bas, est en liquidation judiciaire depuis le 29 juillet. Elle faisait partie des deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France avec celle de Saint-Gaudens. Avant la liquidation, une quarantaine d'ex-salariés assuraient une veille de sécurité 24h/24 jusqu'à la fin de leur contrat fin août.
La sécurité du site de l'usine de pâte à papier Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône), en liquidation judiciaire, n'est «plus correctement assurée», selon la préfecture, qui a enjoint le liquidateur judiciaire de mettre en œuvre «immédiatement» des mesures d'urgence. «La sécurité du site, des personnes qui s'y trouvent et de son environnement ne sont plus correctement assurés», a affirmé jeudi la préfecture qui alerte sur les risques incendies ou de pollution de l'environnement de cette usine classée «Seveso seuil bas».
En cause : l'arrêt début septembre par le liquidateur judiciaire, contre l'avis des ex-salariés, de certaines installations électriques ayant conduit à la mise à l'arrêt partielle du système de défense incendie de l'usine et de sa station d'épuration, dont le but est de recueillir les rejets accidentels de produits chimiques dans le Rhône.
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Le 1er septembre, 50 m3 de «liqueur noire» ont été accidentellement déversés dans une zone de rétention et 6 m3 dans cette station d'épuration désormais inexploitable. «Cet incident démontre qu'un incident de type déversement est susceptible de se produire sur le site», alerte la préfecture dans son arrêté de cinq pages, dont l'AFP a obtenu une copie, transmis jeudi au liquidateur judiciaire.
Onze tonnes de bois et d'importants produits chimiques, notamment du peroxyde d'hydrogène, du propane ou du fioul lourd, sont toujours présents sur place. «La présence de ces substances, produits et déchets est susceptible, en cas d'incident ou accident, de conduire à des incendies d'ampleur ou à une pollution de l'environnement», estime la préfecture. Elle enjoint le liquidateur, qui n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP, d'«immédiatement» redémarrer ces éléments de sécurité. Des agents de la Direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal) «vont inspecter le site pour vérifier si les mesures demandées sont bien mises en oeuvre» vendredi, a assuré la préfecture.
«Limiter les risques»
À défaut, ils pourront dresser des procès-verbaux pouvant mener à des amendes administratives allant jusqu'à 45.000 euros et 4.500 euros par jour de retard jusqu'à la mise en conformité. «Le liquidateur judiciaire n'en fait qu'à sa tête et s'obstine, quitte à mettre en danger les personnes», a réagi le délégué syndical CGT, Jean-Michel Bulinge, technicien de maintenance sur le site depuis près d'une décennie.
Depuis le 29 juillet, date de la mise en liquidation de l'usine, une quarantaine de salariés sur les 270 que comptait l'entreprise se relayaient 24h/24 pour assurer la sécurité des installations, jusqu'à la fin de leur contrat de travail fin août. Depuis, les syndicats réclament que plusieurs ex-salariés soient associés aux opérations de sécurisation du site «pour éviter et limiter les risques» car «la passation est insuffisante et les moyens pas à la hauteur».
Fibre Excellence, qui possédait les deux dernières grandes fabriques de pâte à papier de France, à Saint-Gaudens (Haute-Garonne) et Tarascon, et employait environ 700 salariés, a été placée en redressement judiciaire fin avril. Le sort de l'usine de Saint-Gaudens doit être examiné le 8 septembre par le tribunal de commerce.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La Dreal va inspecter le site vendredi pour vérifier la mise en œuvre des mesures de sécurité demandées par la préfecture.
Very likely · Within days
Des procès-verbaux pourront être dressés en cas de non-conformité, entraînant des amendes administratives.
Very likely · Within days
Open Questions
- Le liquidateur judiciaire va-t-il se conformer à l'injonction préfectorale ?
- Quelles seront les conséquences si les mesures de sécurité ne sont pas rétablies ?
- Quel est l'avenir de l'usine de Saint-Gaudens après l'examen du tribunal de commerce le 8 septembre ?
- Les ex-salariés seront-ils associés aux opérations de sécurisation du site comme ils le réclament ?



