"La seule option est un gouvernement de gauche avec nous" : en Israël, les citoyens arabes espèrent être représentés dans le prochain gouvernement
Le rôle charnière des élus arabes israéliens dans la formation du futur gouvernement
Quick Look
- Gadi Eisenkot est chargé de former une coalition en Israël.
- Pour réussir, il pourrait dépendre du soutien des partis arabes israéliens, qui ont obtenu 19 sièges, dans un contexte marqué par des tensions liées aux expulsions de populations arabes.
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Why It Matters
Le gouvernement sortant, dominé par l'extrême droite, a mené des politiques d'expulsion visant la population arabe. Le village bédouin d'Al-Dahiya a été rasé le 12 octobre.
Gadi Eisenkot a été choisi par le président Isaac Herzog pour tenter de former une coalition et diriger le pays. Les partis sionistes ne suffiront pas et il pourrait devoir trouver des compromis avec les Palestiniens de nationalité israélienne, qui ont obtenu un score record de 19 sièges et promis de le soutenir. Mais à quel prix ? Les négociations entrent dans le dur. Pour la minorité arabe, qui représente plus de 20 % de la population de l'État hébreu, il était temps, après quatre ans de discriminations sous un gouvernement dominé par l'extrême droite, de faire entendre sa voix dans les urnes.
Le 12 octobre dernier, seulement quinze jours avant les élections, les autorités israéliennes ont rasé le village bédouin d'Al-Dahiya, considéré comme illégal. "Nous n'aurions jamais imaginé qu'ils détruiraient toutes les maisons et laisseraient un champ de ruines, témoigne un habitant. Mais on a vite compris que cette décision avait été prise par les ministres d'extrême droite, Smotrich et Ben Gvir, pour séduire leur électorat."
En quelques heures, 400 habitants, dont Ahmad et sa fille Aden, ont été jetés à la rue. Depuis quatre ans, le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël procède à des expulsions qui ne visent que la population arabe. Et c'est pour mettre fin à cette politique violente et discriminatoire que les 250 habitants du village en âge de voter se sont tous mobilisés. "C'était important. Ils ont détruit nos maisons. C'était donc essentiel de se rendre aux urnes pour changer de gouvernement", explique une habitante.
"On espère que les Israéliens vont modifier le regard qu'ils portent sur nous et qu'on pourra enfin être intégrés à la société."
Un vœu pieux pour l'activiste Huda Abu Obaid, qui espère que l'opposition sioniste dirigée par Gadi Eisenkot saisira la main tendue. "On va voir ce qu'il va se passer, si nous allons vraiment avoir un gouvernement avec eux, des Juifs et des Arabes, ou si les Juifs vont faire tout leur possible pour ne pas laisser les Arabes participer à ce gouvernement. Si les Israéliens veulent conserver leur démocratie, ils ne peuvent pas le faire seuls parce que l'extrême droite les fait glisser vers le fascisme. La seule option est un gouvernement de gauche avec les Arabes", estime-t-elle.
Car aujourd'hui, la jeune femme considère qu'Israël "est un État démocratique, dit-elle, seulement pour les Juifs" et pas pour les Palestiniens de nationalité israélienne comme elle.
Open Questions
- Gadi Eisenkot parviendra-t-il à former une coalition ?
- Quelles concessions seront faites aux partis arabes ?







