Le cuivre atteint un nouveau record à 14 674 dollars la tonne sur le LME
Quick Look
Le cuivre a atteint un nouveau record de 14 674 dollars la tonne sur le London Metal Exchange mardi 9 septembre, en hausse de 1,1 % sur la séance et de 18 % sur l’année, porté par une pénurie physique aggravée, des stocks américains en forte hausse et l’anticipation de nouveaux tarifs douaniers américains, tandis que la demande des centres de données pour l’IA et l’électrification soutient la tendance malgré un ralentissement de l’offre minière mondiale, notamment après l’accident à la mine de Grasberg en Indonésie.
AI-generated summary
Why It Matters
Le cuivre est un métal industriel essentiel utilisé dans l’électricité, la construction, l’électronique et désormais les centres de données pour l’intelligence artificielle. Son prix est influencé par l’équilibre entre l’offre minière mondiale et la demande industrielle, fortement sensible aux politiques commerciales et aux perturbations d’approvisionnement.
Battre le fer tant qu’il est chaud, version cuivre. C’est un peu ce que font les traders depuis quelques semaines. Le cuivre a inscrit un nouveau record mardi 9 septembre à 14 674 dollars la tonne sur le London Metal Exchange. La séance affiche une hausse de 1,1 %. Le record de la veille tombe déjà. Sur l’année le métal industriel gagne 18 %. Cette envolée tient à une pénurie physique qui s’aggrave et à la crainte de nouveaux tarifs douaniers américains sur les importations. Un cousin industriel de l’or et du bitcoin dans la course aux actifs rares, sauf que celui-là se pèse en tonnes et dort dans des entrepôts plutôt que dans un wallet.
Cuivre : New York fait le plein, le reste du monde à sec
Deux marchés pour un seul métal. Fin août, les stocks du Comex à New York culminaient à 675 185 tonnes après 46 séances de hausse consécutives. Les réserves du LME à Londres ont chuté de près de 40 % depuis fin mai, tandis que les stocks de la Bourse de Shanghai ont fondu de 85 % depuis leur pic de mi-mars.
De fait donc, les importateurs américains ont fait rentrer 885 000 tonnes de cathodes de cuivre raffiné au premier semestre, le double de leurs importations sur la même période en 2024. Rien qu’en juillet, 225 094 tonnes de cuivre ont débarqué sur le sol américain : un record mensuel absolu. « Le cuivre physique continue d’affluer vers les États-Unis, ce qui aggrave la tension sur les marchés hors des États-Unis », résume un analyste d’Everbright Futures cité par Business Recorder.
Droits de douane : Washington fait bouger les stocks de cuivre avant même de trancher
Par ailleurs, le marché anticipe un élargissement des tarifs américains sur le cuivre raffiné dès l’an prochain, et les importateurs n’attendent pas la décision pour agir. La courbe des contrats à terme est passée en franc backwardation (le cuivre livré tout de suite coûte plus cher que celui livré dans six mois), signe que le disponible immédiat vaut de l’or.
De plus, la production minière mondiale ne suit plus : les analystes tablent sur un premier recul annuel de l’extraction depuis 2017. Et la faille vient de s’élargir d’un coup. En effet, Grasberg, en Indonésie, est la deuxième mine de cuivre au monde. Cette dernière a été frappée le 8 septembre par une coulée de boue qui a piégé des ouvriers sous terre, forçant l’exploitant Freeport-McMoRan à déclarer la force majeure. Goldman Sachs chiffre la perte de production totale à 525 000 tonnes, selon des données relayées par Yahoo Finance, de quoi faire basculer son bilan mondial 2025 d’un excédent de 105 000 tonnes à un déficit de 55 500 tonnes.
L’appétit de l’intelligence artificielle dépasse déjà les pronostics sur le cuivre
Il y a un peu plus d’un an, Goldman Sachs visait 10 750 dollars la tonne à l’horizon 2027. Le marché a donc déjà doublé la mise, avec dix-huit mois d’avance sur son propre calendrier.
Pourquoi un tel écart ? Parce que la demande structurelle ne vient plus seulement des câbles électriques et du bâtiment. Les centres de données pour l’intelligence artificielle et la grande vague d’électrification, des transports aux réseaux, tirent la demande vers le haut au moment précis où l’offre minière cale. Même State Grid, l’opérateur électrique public chinois, passe des commandes que les courtiers locaux jugent solides. Attention, cette flambée reste avant tout un phénomène de stocks et d’anticipation tarifaire, pas encore la preuve définitive d’un basculement structurel de la demande. Mais le cuivre coche déjà presque toutes les cases d’une pénurie qui dure.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le prix du cuivre restera soutenu au-dessus de 14 000 dollars la tonne au cours des prochains mois si la pénurie physique persiste et si les tarifs douaniers américains sont confirmés.
Likely · Within months
La production mondiale de cuivre connaîtra un déclin annuel en 2025 pour la première fois depuis 2017, principalement en raison de l’arrêt partiel de Grasberg et d’autres contraintes minières.
Likely · Within months
Open Questions
- L’administration américaine va-t-elle effectivement imposer de nouveaux tarifs sur le cuivre raffiné en 2025 ?
- Quel sera l’impact réel de l’accident à Grasberg sur la production annuelle de Freeport-McMoRan ?
- La demande des centres de données pour l’IA continuera-t-elle à croître au même rythme malgré les incertitudes économiques ?







