
Le gouvernement a annoncé l'ouverture d'une plateforme de concertation pour les lycéens et un événement de restitution nationale après plusieurs jours de blocages dans les établissements scolaires, marqués par des violences, des interpellations (625 mercredi), des blessures chez les forces de l'ordre (83 policiers et gendarmes) et des dégradations, tandis que des responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon et Grégory Doucet appellent au dialogue et à la non-violence, et que des cas individuels, comme celui d'un mineur de 16 ans déféré à Toulon pour port d'armes ou une enseignante accusée d'avoir incité à la désobéissance, illustrent les tensions.
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Plusieurs jours de mobilisation dans les établissements scolaires ont eu lieu, marqués par des blocages de lycés, des violences, des interpellations et des dégradations, poussant le gouvernement à annoncer une plateforme de concertation et un événement de restitution nationale pour répondre aux revendications des lycéens.
Le gouvernement ouvrira lundi une «plateforme de concertation» à laquelle «tous les lycéens pourront contribuer» et organisera un «événement de restitution nationale» pour «apporter des réponses structurées», a annoncé mercredi le ministre de l’Éducation nationale, après plusieurs jours de mobilisation dans les établissements.
«Ils pourront faire part de toutes leurs demandes, de leurs inquiétudes, de leurs angoisses, de leurs incompréhensions, de leurs revendications aussi, de manière territorialisée», a-t-il déclaré en conférence de presse.
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Le préfet de police Patrice Faure a saisi la justice contre le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) Bally Bagayoko pour «des faits présumés de provocation à commettre un délit» dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, a annoncé mercredi l’entourage du représentant de l’Etat.
Le préfet de police a fait un signalement au titre de l’article 40 du code de procédure pénale au procureur de Bobigny, a précisé cette source dans un message à l’AFP. Patrice Faure reproche notamment au maire de Saint-Denis des propos présentant «la réaction violente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l’action des forces de l’ordre».
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Six cent vingt-cinq personnes ont été interpellées mercredi lors d’actions de blocage de lycées, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, qui a évoqué une «extension du mouvement» et déploré une «montée de la violence» devant certains établissements.
En outre, 83 policiers et gendarmes ont été blessés mercredi lors de cette mobilisation qui a concerné 356 établissements, a ajouté Laurent Nuñez devant la presse. Le ministre a déploré une «prise à partie des fonctionnaires, des jets de projectiles, violences, déclarations, tentatives de mise à feu, et ce qui s’apparente» selon lui à «des violences urbaines».
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La mobilisation des lycéens se poursuit, émaillée par des violences que le président Emmanuel Macron a condamnées, l’Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un «acte deux» jeudi.
À Lyon, la situation s’est tendue autour de plusieurs lycées et de son agglomération. La police a procédé à 14 interpellations. «Les violences aux abords de plusieurs établissements ne sont pas acceptables. J’appelle sans réserve à la désescalade. Je salue la mobilisation de notre police municipale», a réagi Grégory Doucet le maire écologiste de Lyon.
L’édile a toutefois salué la mobilisation des lycéens lyonnais qui réclament «le respect de la promesse républicaine : l’égalité !» Leurs aspirations et revendications doivent être entendues. «Il est nécessaire qu’un espace de dialogue soit ouvert pour échanger avec eux et trouver des solutions», a-t-il indiqué.
«Les insoumis appellent à la non-violence des méthodes de lutte», a assuré sur X le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, alors que son parti est en première ligne pour soutenir les actions de blocage de lycées qui se poursuivent en France. «Les lycéens mobilisés, lorsqu’ils ont la parole, sont clairs sur leurs revendications : plus de moyens pour leur éducation», souligne le candidat à la présidentielle, ciblé par Emmanuel Macron, en déplacement à Madrid, qui a jugé que les responsables politiques n’étaient «pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire».
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a qualifié sur X les déclarations du président de la République de «grotesques». «Les insoumis sont partisans de la non-violence comme ils l’ont toujours défendu. Leurs élus ne sont pas devant les lycées pour «exciter», mais pour soutenir et relayer des revendications légitimes».
Alors que LFI se mobilise auprès des lycéens contestataires, qui dénoncent un manque de moyens, d’enseignants ou encore de conditions insalubres, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que «chacun doit être respecté dans sa personne comme dans ses revendications». Il a aussi appelé à «la diffusion des images de violences policières», jugeant qu’elle servait de «protection pour nos jeunes».
«Le gouvernement doit cesser de chercher à pourrir la situation et répondre aux revendications au lieu de mener une lutte politicienne contre les insoumis», a-t-il ajouté, alors que le premier ministre Sébastien Lecornu avait dénoncé lundi une «surenchère irresponsable» d’élus du mouvement de gauche radicale. Jean-Luc Mélenchon avait alors accusé le locataire de Matignon d’avoir «ordonné la répression» des mouvements de lycéens «avec un arrière-goût raciste évident».
Un mineur de 16 ans a été déféré devant le parquet de Toulon mardi après son interpellation la veille devant le lycée Professionnel Georges Cisson en marge du mouvement de contestation des lycéens. Il est accusé d’avoir entravé la circulation et d’avoir en sa possession de deux couteaux, d’un pistolet à impulsion électrique, d’une pince coupante et d’un marteau brise-glace.
Ce mercredi, cinq personnes ont été déférées, dont une enseignante. Cette femme d’une trentaine d’années, en arrêt de travail depuis plusieurs années, est accusée d’avoir menacé un policier et incité des lycéens à désobéir aux forces de l’ordre.
Des débordements ont été constatés ce matin à Wattrelos, dans le Nord, en marge des blocages lycéens. Vers 8h30, une voiture a été projetée contre les grilles du lycée Émile Zola, a appris Le Figaro de source policière.
Le conducteur a vraisemblablement «fait passer son véhicule entre les poteaux de la ville, traversé le parvis» avant de projeter sa voiture contre la grille de l’établissement. Il en est sorti, vêtu entièrement de noir et porteur d’une cagoule, et y a mis le feu avant de prendre la fuite à pied.
L’incendie a été éteint par les sapeurs-pompiers. L’auteur de la dégradation est actuellement recherché.
Deux agents des transports en commun de l’agglomération de Nantes ont été blessés «à la suite d’une explosion survenue dans une poubelle en feu», annonce le syndicat Force Ouvrière de la Semitan-Naolib dans un communiqué publié sur Facebook.
Cet incident est survenu près de la gare de Chantenay, lors d’une opération de sécurisation d’un bus, «dans le contexte du blocage d’un établissement scolaire situé à proximité». Les deux agents MSR (mission sécurité réseau) ont été pris en charge par les pompiers. «À ce stade, leur état n’inspire pas d’inquiétude vitale. Néanmoins, le choc provoqué par une telle explosion est bien réel», précise le syndicat. Une commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT) est prévue dans l’après-midi pour faire le point.
Emmanuel Macron a martelé mercredi que la mobilisation des lycéens en France ne justifiait pas la «violence» et que les responsables politiques n’étaient «pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», des propos visant les responsables de La France insoumise.
«J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (..) ne sauraient légitimer une violence au carré», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Madrid au côté du premier ministre Pedro Sanchez.
Les responsables politiques «sont là parce qu’il y a un mandat démocratique, parce qu’ils ont été élus de manière calme, dans un cadre organisé, et ils ne sont pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», a-t-il ajouté.
La mobilisation des lycéens se poursuivait ce mercredi devant plusieurs établissements, notamment à Saint-Denis, Strasbourg ou Lyon, l’Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un «acte deux» jeudi.
Selon la Région Ile-de-France, 75 lycées étaient perturbés, «dont 36 lycées sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations». Sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a exprimé son inquiétude de l’usage de la violence, tout en soulignant que certaines revendications des lycéens étaient «légitimes».
Le ministre de l’Intérieur avait indiqué mardi que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs.
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Le gouvernement ouvrira lundi une plateforme de concertation à laquelle tous les lycéens pourront contribuer.
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Le gouvernement organisera un événement de restitution nationale pour apporter des réponses structurées aux revendications des lycéens.
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L'Union syndicale lycéenne appellera à une convergence des luttes avec les étudiants et à un « acte deux » jeudi.
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