Le président de la Pologne convoque les partis pour trouver une issue à la crise politique après l'intervention de la police au Tribunal constitutionnel
Le président polonais tente de désamorcer une crise politique aiguë marquée par le déploiement des forces de l'ordre au Tribunal constitutionnel à Varsovie et la fronde de l'opposition nationaliste.
Quick Look
Le président polonais Karol Nawrocki convoque des consultations d'urgence avec la majorité et l'opposition après l'intervention de la police au Tribunal constitutionnel à Varsovie, sur fond de crise politique majeure entre le gouvernement de Donald Tusk et la droite nationaliste.
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Why It Matters
Le Tribunal constitutionnel polonais est au cœur d'un bras de fer politique depuis les nominations contestées réalisées par le PiS entre 2015 et 2023.
Karol Nawrocki sous pression. Le président polonais va recevoir samedi 31 octobre les représentants des partis de la majorité et de l'opposition pour tenter de trouver une issue à la crise politique et institutionnelle, qui a pris un tour dramatique la veille avec l'intervention de la police au Tribunal constitutionnel à Varsovie.
"En raison de la menace qui pèse sur la sécurité intérieure de la République de Pologne, je convoque aujourd'hui des consultations urgentes avec la participation de représentants des forces parlementaires", a déclaré Karol Nawrocki dans un communiqué lu tôt samedi matin devant le Tribunal constitutionnel par son chef de cabinet.
Manifestations devant le Tribunal Constitutionnel
En Pologne, la crise politique autour du Tribunal constitutionnel s'est accélérée vendredi soir : la police s'est déployée dans l'enceinte de la plus haute juridiction du pays, au cœur d'un bras-de-fer entre la droite nationaliste et l'actuel gouvernement centriste. Des dizaines de policiers antiémeute bloquaient l'accès du bâtiment aux nombreux soutiens du parti national conservateur Droit et justice (PiS, opposition) rassemblés devant. Ils ont ensuite forcé les grilles sans toutefois pouvoir avancer face aux forces de l'ordre.
Ces sympathisants du PiS manifestent depuis plusieurs semaines pour soutenir les juges de la plus haute juridiction du pays, nommés par la droite nationaliste quand elle gouvernait. Le gouvernement du centriste Donald Tusk veut leur départ, alors que le président Nawrocki les défend.
"C'est un coup d'Etat du Premier ministre Donald Tusk. Il foule aux pieds nos droits constitutionnels", a fustigé auprès d'un journaliste de l'AFP l'un de ces manifestants, Tomasz Zaleski. Des figures de la droite radicale et de l'extrême droite se sont jointes à eux au cours de la soirée. La police a indiqué avoir arrêté trois personnes après qu'elles avaient tenté de pénétrer dans l'enceinte.
Le président de la République, le nationaliste Karol Nawrocki, a interrompu son vol pour le Sénégal, où il se rendait en déplacement officiel, et est rentré d'urgence à Varsovie. Après s'être entretenu au palais présidentiel avec le premier président de la Cour suprême, il s'est rendu au tribunal assiégé par les manifestants et la police. Selon des images de la télévision locale, il a franchi dans une cohue indescriptible le cordon d'agents munis de boucliers et de casques pour rejoindre le tribunal.
Bras de fer entre nationalistes et centristes
Jugé trop dépendant du pouvoir politique par l'Union européenne, le Tribunal constitutionnel a été au cœur d'un bras de fer entre Bruxelles et les nationalistes du PiS (Droit et Justice) pendant leurs mandats (2015-2023). Dès 2015, le gouvernement du PiS y avait nommé des juges ouvertement engagés politiquement, que ni l'Union européenne ni l'actuel chef du gouvernement Donald Tusk (centre droit) ne reconnaissent.
Depuis son retour au pouvoir en 2023, Donald Tusk, ancien chef du Conseil européen, a promis de résoudre la crise. Sans succès jusqu'ici puisque les nominations de son gouvernement et de la Diète (chambre basse du Parlement) au Tribunal n'ont pas été entérinées par le chef de l'État, qui y fait obstacle.
"Rétablir l'État de droit est notre devoir", a justifié Donald Tusk. "Après des années d'illégalité sous le PiS, c'est un processus difficile, parfois douloureux, qui exige une action résolue. Il n'y a pas d'autre voie", a-t-il poursuivi.
What to Watch
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Consultations urgentes entre le président et les représentants des partis
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Open Questions
- Quelle sera l'issue des consultations convoquées par le président Nawrocki ?
- Comment le gouvernement résoudra-t-il le blocage des nominations ?





