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Le RN propose un référendum sur l'interdiction du voile islamique en cas de victoire en 2027
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Le RN propose un référendum sur l'interdiction du voile islamique en cas de victoire en 2027

Quick Look

  • Le Rassemblement national a confirmé que l'interdiction du port du voile islamique dans l'espace public serait soumise à référendum en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, dans le cadre de sa lutte contre l'idéologie islamiste.
  • La proposition, déjà soutenue par 60% des Français selon un sondage, s'inscrit dans un débat plus large sur la laïcité et la visibilité religieuse en France et en Europe.

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Why It Matters

Le débat sur le port du voile islamique en France s'inscrit dans un contexte de tensions autour de la laïcité, de l'intégration et de la visibilité religieuse. Depuis 2004, les signes religieux ostensibles sont interdits à l'école, et en 2010, la dissimulation du visage dans l'espace public a été prohibée pour des raisons de sécurité. Le RN propose désormais d'étendre cette interdiction au voile islamique via référendum.

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C'est un vêtement qui fait régulièrement l'objet de débats houleux. Le Rassemblement national a confirmé, lundi 31 août, que l'interdiction dans l'espace public du port du voile islamique (ou "hijab"), un foulard qui laisse le visage visible, serait soumise aux Français par référendum en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027. Objectif : "lutter contre l'idéologie islamiste", a justifié Jordan Bardella, le président du parti d'extrême droite.

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"On considère que l'islam radical représente une menace dans notre pays, qui est toujours d'actualité", a détaillé le député Sébastien Chenu sur BFMTV. "A partir du moment où on veut lutter contre une idéologie, il faut la définir, en définir son mode d'expression, ses représentations, ses financements, ses relais, pour l'interdire", a poursuivi l'élu RN du Nord. Il estime que le port du voile, "imposé" ou "choisi", est "évidemment (...) un symbole de l'islam radical".

La proposition, dont la faisabilité interroge sans changement constitutionnel, est loin d'être nouvelle pour Marine Le Pen, qui s'y était montrée favorable dès sa première campagne présidentielle en 2012. Selon un sondage réalisé début septembre pour CNews, Europe 1 et Le Journal du dimanche, trois médias appartenant au milliardaire conservateur Vincent Bolloré, 60% des personnes interrogées soutiennent l'interdiction du voile dans l'espace public – majoritairement les seniors et les sympathisants de droite et d'extrême droite. Soit moins qu'en novembre, quand la mesure remportait 69% d'opinions favorables (PDF).

La laïcité au cœur de la législation

"A l'exception de la Turquie à l'époque de Mustafa Kemal, la France possède déjà, parmi les démocraties, la législation la plus restrictive au monde" sur le port des vêtements religieux, rappelle pourtant le juriste Nicolas Cadène. A l'origine de cette démarche : le respect de la laïcité. Consacré dans la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, ce principe se traduit par le respect de la liberté religieuse des citoyens d'un côté, et la neutralité de l'Etat, des services publics et de ses agents en matière religieuse de l'autre, détaille le site du gouvernement sur le sujet.

Depuis 2004, les signes religieux ostensibles à l'école, dont le foulard, sont donc interdits au nom de ce principe. En 2023, l'abaya (une robe longue portée par-dessus les vêtements) a également été chassée des classes pour la même raison. Les athlètes représentant la France aux Jeux olympiques de 2024 se sont également vues interdire de porter le foulard en vertu de ce principe. En 2010, la loi a par ailleurs proscrit la dissimulation du visage dans l'espace public, y compris le port du voile intégral. Contrairement aux précédents, ce texte ne se fonde pas sur la laïcité mais sur la sécurité publique et le respect des "exigences minimales de la vie en société".

Des restrictions dans d'autres pays

Notre pays est-il le seul à prendre de telles dispositions ? Ces dernières années, plusieurs de nos voisins européens ont à leur tour banni le voile intégral de l'espace public, comme la Belgique, l'Autriche, le Danemark, la Suisse ou le Portugal. En Autriche, le port du foulard est également proscrit pour les élèves de moins de 14 ans, selon Euronews. En Belgique, la Flandre orientale a banni le vêtement de ses écoles, pour les élèves comme pour le personnel, rapporte le journal DH. Des restrictions locales sur le port du voile existent aussi en Espagne et en Italie, notamment dans les établissements scolaires. En Allemagne, plusieurs régions ont également interdit le port du voile pour les enseignantes, avant que leurs décisions ne soient cassées par la Cour constitutionnelle, remarque Le Monde.

"De plus en plus de nos voisins mènent eux aussi une politique d'encadrement des signes de la visibilité de l'islam, notamment du voilement intégral", résume le politiste Franck Frégosi, auteur de Gouverner l'islam en France. "Aucun d'entre eux n'est allé jusqu'à l'interdiction généralisée du 'hijab'", qui "porterait atteinte à la liberté religieuse" protégée en France et en Europe, note-t-il pour autant. La discussion lancée par la proposition du Rassemblement national reste donc, selon lui, "un débat très franco-français". Seule exception : en Suède, pays historiquement accommodant envers les minorités religieuses, l'extrême droite propose elle aussi, depuis 2019, l'interdiction du "hijab" dans l'espace public, rapporte Le Monde.

Ailleurs en Europe, plusieurs partis d'extrême droite sont néanmoins "porteurs de mesures pour limiter de plus en plus la visibilité de la présence musulmane". En Allemagne, Alternative für Deutschland (AfD) propose ainsi d'aller au-delà de la législation existante en interdisant le "hijab" dans les écoles. En Autriche, le FPÖ veut étendre l'interdiction du voile pour les élèves aux enseignantes et aux étudiantes, selon France 24.

Une pratique de plus en plus visible

Ces réflexions sont de moins en moins celles des seules extrêmes droites, relève par ailleurs le chercheur. En France, notamment, l'ancien Premier ministre macroniste Gabriel Attal a porté le combat pour l'interdiction de l'abaya à l'école, tandis que l'ex-ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a estimé que "le voile n'était pas souhaitable" en France. L'ancien Premier ministre socialiste, Manuel Valls, affiche également dans Marianne sa volonté de légiférer pour interdire "le voile imposé aux jeunes filles dans l'espace public", y voyant "une provocation" contraire à la laïcité.

Comment expliquer cette obsession française ? Dans notre pays, qui accueille l'une des plus larges communautés musulmanes d'Europe occidentale, le voile reste une pratique minoritaire, mais de plus en plus visible. Environ 10% de la population se déclarait musulmane en 2020, selon l'Insee. Parmi ces croyants musulmans, 26% des femmes âgées de 18 à 49 ans affirmaient porter le voile, selon l'institut statistique. Elles n'étaient que 18% à le faire en 2009. Dans un pays "parmi les plus sécularisés au monde", cette visibilité est perçue comme "un sujet sensible", estime Nicolas Cadène.

Le juriste pointe aussi l'absence de mixité socio-culturelle, "les populations similaires vivant dans les mêmes lieux et se regroupant en communautés d'appartenance". "Le problème, c'est que la méconnaissance de l'autre nourrit les a priori, les peurs, les clichés", poursuit l'ancien rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité. A ce titre, il estime que l'interdiction du port du voile constitue "un outil commode" pour dissimuler une opinion raciste derrière un motif plus noble, comme "la laïcité ou la lutte contre l'extrémisme religieux". A l'inverse, les promoteurs de la mesure se défendent de cibler une minorité religieuse. "Nous n'avons jamais stigmatisé les femmes qui portent le voile", assure Jean-Philippe Tanguy.

Pour expliquer la récurrence du débat sur le voile islamique, Nicolas Cadène cite aussi le "manque de culture religieuse" de la population française et de ses responsables politiques. "Si les premières initiatives de voilement en France, dans les années 1990, étaient soutenues par un certain nombre d'associations proches des Frères musulmans, aujourd'hui les femmes portent aussi le voile en référence à leur propre compréhension de la religion", souligne Franck Frégosi. Il existe, dans les textes musulmans, "un certain nombre de prescriptions relatives à la pudeur pour les hommes et les femmes, dont le voile fait partie", bien que cette règle ne soit pas l'un des "cinq piliers de l'islam", rappelle le spécialiste.

"Il ne faut pas confondre ce qui peut relever du libre choix du port d'un vêtement, qui renvoie à des consignes religieuses, et une forme de visibilité d'un complot islamiste, d'une subversion de l'intérieur."

Franck Frégosi, politiste

à franceinfo

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Le Rassemblement national organisera un référendum sur l'interdiction du voile islamique en cas de victoire à l'élection présidentielle de 2027.

    Possible · Within years

Open Questions

  • Comment un référendum sur l'interdiction du voile serait-il organisé constitutionnellement ?
  • Quel serait l'impact juridique d'une telle interdiction au regard de la Convention européenne des droits de l'homme ?
  • Comment mesurer précisément l'évolution du port du voile dans la population française ?

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This article was originally published by France Info.

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