Le Sénat américain adopte une loi de sanctions contre la Russie ciblant les cryptomonnaies
La loi Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 vise frontalement la flotte fantôme russe et l'usage des cryptomonnaies pour contourner l'embargo.
Quick Look
- Le Sénat américain a adopté par 86 voix contre 11 la loi de sanctions contre la Russie dite Lindsey Graham.
- Le texte cible notamment la flotte fantôme russe et l'utilisation des cryptomonnaies pour contourner les sanctions.
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Why It Matters
L'Union européenne a adopté en juillet son 21e paquet de sanctions visant des plateformes crypto servant à contourner les restrictions contre la Russie.
Le Sénat serre la vis. Adoptée 86 voix contre 11 vendredi, la loi de sanctions contre la Russie porte un nom, celui du sénateur Lindsey Graham, mort début juillet après des années à la pousser. Elle vise la flotte fantôme russe et les acheteurs de pétrole moscovite. Un article plus discret du texte s’attaque frontalement aux cryptomonnaies utilisées pour esquiver l’embargo.
Sanctions Russie, la Section 102 nomme enfin les cryptomonnaies
Le texte du Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 cible, dans sa Section 102, « toute transaction trompeuse ou structurée destinée à contourner des sanctions américaines, y compris par l’usage de monnaies ou d’actifs numériques ».
En effet, les cargaisons de pétrole transportées par la flotte fantôme, ces pétroliers vieillissants immatriculés sous pavillon de complaisance pour brouiller leur traçabilité, se paient de plus en plus souvent via des méthodes opaques, stablecoins compris.
Le reste du texte reste massif. Sanctions secondaires sur les banques et les oligarques russes, tarifs pouvant grimper à 100 % sur les cinq premiers acheteurs de pétrole et de gaz russes, Chine et Inde en tête. Un pan entier vise pourtant, pour la première fois aussi explicitement, la finance décentralisée comme voie de contournement plutôt que comme simple angle mort de la loi.
L’Europe avait ouvert la voie sur les cryptomonnaies russes
Washington ne défriche pas un terrain vierge. En juillet, l’Union européenne a adopté son 21e paquet de sanctions, avec 14 plateformes crypto basées en Géorgie, au Panama, aux Émirats arabes unis et ailleurs frappées d’interdiction de transaction, pour un réseau estimé à 120 milliards de dollars par CoinDesk. Bruxelles s’était déjà penchée sur la question il y a plusieurs mois, quand elle envisageait d’interdire purement et simplement les crypto-transactions avec la Russie.
Le duo Moscou-Téhéran n’a d’ailleurs jamais caché son jeu. Les deux capitales avaient un temps évoqué un stablecoin commun adossé à l’or pour affaiblir le dollar, projet resté au milieu du gué faute de cadre légal russe stabilisé. En attendant, la Russie et l’Iran s’appuient de plus en plus sur les stablecoins existants pour continuer à commercer malgré l’embargo.
Une loi qui doit encore franchir la Chambre des représentants
Le texte n’est pas encore la loi. La Chambre des représentants, en vacances jusqu’en septembre, doit encore l’examiner, et rien ne garantit un calendrier rapide une fois la rentrée passée. Graham avait pourtant verrouillé un accord avec la Maison-Blanche avant sa mort, ce qui a nettement facilité le passage au Sénat.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Examen de la loi par la Chambre des représentants
Likely · Within months
Open Questions
- Quel sera le calendrier d'examen par la Chambre des représentants ?
- Quel sera l'impact réel des sanctions sur l'utilisation des stablecoins ?







