
Le baromètre européen de l'épargne révèle que les Français disposent d'une épargne cumulée supérieure à la moyenne européenne (99 171 euros contre 85 055) mais épargnent le moins chaque mois (465 euros), privilégiant la sécurité financière et les produits traditionnels comme le Livret A, au détriment de rendements plus élevés.
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Le baromètre européen de l'épargne, réalisé par Occurrence-Ifop auprès de 4000 personnes en Allemagne, Espagne, France et Italie, analyse les comportements d'épargne des ménages européens.
Assis sur une épargne confortable, les Français mettent pourtant peu d’argent de côté chaque mois : c’est l’une des conclusions du baromètre européen de l’épargne, publié ce jeudi. Réalisé par Occurrence-Ifop auprès d’un échantillon de 4000 personnes en Allemagne, en Espagne, en France et en Italie, ce document constate que nos compatriotes, prudents, épargnent pour la moitié d’entre eux «avant tout dans une logique de précaution», avec «la sécurité financière» comme «première motivation d’épargne». Un indicateur de plus de l’aversion au risque des ménages.
L’étude souligne surtout «un paradoxe patrimonial» : si les Français «disposent d’une épargne cumulée supérieure à la moyenne européenne», ils «affichent l’indice de vitalité de l’épargne le plus faible (49/100 contre 53/100 en Europe)». Autrement dit, ils détiennent une épargne plus élevée que leurs voisins européens - 99.171 euros en moyenne, contre 85.055 euros pour la moyenne européenne - tout en étant ceux qui épargnent le moins chaque mois - 465 euros seulement chaque mois. Un paradoxe qui s’explique par le fait que les Français sont très prudents dans la gestion de leur argent, ouvrent des produits comme le livret A très tôt et réinvestissent moins leur épargne.
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Si le baromètre ne s’est pas penché sur l’usage réel de l’épargne, sa mobilité reste «limitée» : seuls 4 sondés sur 10 ont pris une décision concernant leur épargne au cours des 12 derniers mois et à peine plus de la moitié (55%) des épargnants susceptibles de transférer une partie de leur épargne envisage de le faire dans les trois ans. Particulièrement prudents en la matière, la majorité des sondés choisiront d’ailleurs de ne transférer qu’une «une part limitée de leur épargne» plutôt que «procéder à une réallocation massive». Et s’ils le font, ce sera avant tout pour obtenir «de meilleurs rendements», poursuit le baromètre.
Des épargnants plus frileux que les autres
Nos voisins se montrent plus ouverts au risque. Les Allemands sont ainsi deux fois plus nombreux (8 sur 10) que les Français à avoir pris une décision concernant leur épargne cette année et les trois quarts se disent même prêts à prendre des risques raisonnables pour de meilleurs rendements. Même chose chez Italiens, qui choisissent des produits d’épargne en fonction de ce qu’ils peuvent leur rapporter : 38% d’entre eux optent pour les fonds d’investissement, devant l’épargne-retraite ou les fonds de pension (35%) et les dépôts à vue (33%).
De leur côté, les ménages français préfèrent faire confiance «aux supports connus et lisibles». 71% d’entre eux déclarent détenir des dépôts ou des livrets (Livret A, LDDS), et 52% une assurance-vie. Une structure de portefeuille qui «confirme le poids des solutions d’épargne traditionnelles dans les stratégies patrimoniales des ménages», souligne le baromètre. De son côté, Crédit agricole y voit «des produits peu risqués et qui font donc moins travailler les montants épargnés». Cette prudence «limite les risques, mais génère peu d’intérêts capitalisés par rapport à des investissements plus dynamiques (actions, fonds de pension) privilégiés dans d’autres pays européens comme l’Allemagne», analyse la banque.
Dans l’ensemble, les Français font confiance aux plateformes d’épargne digitales, déjà utilisées par 94% des épargnants. La transparence sur les frais, les risques et les performances constitue la première condition d’adoption d’une plateforme d’épargne digitale pour 90% des sondés. En revanche, les ménages semblent moins enclins à faire confiance à l’intelligence artificielle pour les accompagner dans leurs décisions d’épargne ou pour une gestion automatisée. 19% d’entre eux seulement affirment faire «pleinement confiance» à l’IA, contre 30% en Europe. Pour l’heure, les épargnants français préfèrent donc toujours l’humain à la machine et la sécurité à la prise de risque. Et ce, quitte à laisser dormir leur épargne ou passer à côté de meilleurs rendements.

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