Les Houthis signalent plus de 50 frappes saoudiennes au Yémen après une attaque contre l'Arabie saoudite
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- Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont signalé mercredi plus de 50 frappes saoudiennes dans plusieurs régions du pays, au lendemain d'une attaque d'ampleur contre l'Arabie saoudite ayant fait plusieurs dizaines de blessés.
- Cette escalade intervient dans un contexte de reprise du conflit au Yémen, déclenché en 2014 mais contenu par une trêve depuis 2022, sur fond de guerre au Moyen-Orient.
- Selon l'AFP, les combats ont fait plus de 500 morts depuis le début de l'offensive houthie jeudi, pour la plupart des combattants des deux camps.
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Why It Matters
Le conflit au Yémen a commencé en 2014 lorsque les rebelles houthis ont pris le contrôle de la capitale Sanaa et ont été combattus par les forces progouvernementales soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite. Une trêve était en place depuis 2022, mais les hostilités ont repris en juillet 2024 lorsque les Houthis ont autorisé un avion iranien à atterrir au Yémen, défiant le contrôle saoudien de l'espace aérien yéménite. Le gouvernement reconnu internationalement a riposté en frappant l'aéroport, une attaque attribuée par les rebelles à leur allié saoudien.
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont fait état mercredi de plus de 50 frappes saoudiennes dans plusieurs régions du pays, au lendemain d'une attaque d'ampleur contre l'Arabie saoudite ayant fait plusieurs dizaines de blessés.
Cette nouvelle escalade intervient alors que le conflit au Yémen, déclenché en 2014 mais contenu par une trêve depuis 2022, a repris ces dernières semaines sur fond de guerre au Moyen-Orient. «Ces 12 dernières heures, l'aviation saoudienne a mené 54 frappes aériennes et pris pour cible les provinces d'Al-Jawf, de Marib, de Taëz, de Hodeida et Saada», a déclaré le porte-parole des rebelles Yahya Saree.
Ryad n'a pas commenté ces informations dans l'immédiat mais avait réaffirmé mardi son «droit légitime à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre sa souveraineté», après les attaques dont le royaume a fait l'objet.
Selon l'Institut Study of War, la ville portuaire de Hodeida, tenue par les Houthis, pourrait être «l'objectif ultime» des forces gouvernementales yéménites, soutenues par une coalition dirigée par l'Arabie saoudite. La cité est «cruciale pour l'acheminement des biens civils et militaires aux Houthis et sa perte constituerait un revers majeur», ajoute l'institut.
La veille, selon les autorités du royaume, 73 personnes avaient été blessées en Arabie saoudite après une vague d'attaques des Houthis, et plusieurs installations pétrolières avaient dû être mises à l'arrêt temporairement. Et mercredi, les Houthis «ont tiré plusieurs missiles balistiques et drones vers les villes de Khamis Mushait, Abha et Jizan», dans le sud du royaume, a indiqué en soirée Turki Al-Maliki, le porte-parole de la coalition menée Ryad, sans mentionner d'éventuelles victimes.
Une guerre a opposé les Houthis aux forces progouvernementales, soutenues par Ryad, entre 2014 et 2022, faisant des centaines de milliers de morts et qui a plongé ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure.
Les hostilités ont repris en juillet, lorsque les rebelles ont défié le contrôle de Ryad sur l'espace aérien yéménite en autorisant un avion iranien à atterrir au Yémen. Le gouvernement reconnu par la communauté internationale avait riposté en frappant l'aéroport, une attaque que les rebelles imputent à son allié saoudien.
Depuis, les Houthis multiplient les attaques contre des sites militaires et des zones contrôlées par les forces pro-gouvernementales. La semaine dernière, ils ont lancé une vaste offensive visant à progresser vers les zones bordant le stratégique détroit de Bab el-Mandeb.
Ce passage reliant l'Asie à l'Europe via la mer Rouge et le canal de Suez a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient avec le verrouillage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule.
Depuis le début de l'offensive houthie jeudi, les combats ont fait plus de 500 morts au Yémen, pour la plupart des combattants des deux camps, selon un décompte établi par l'AFP.
«Escalade dangereuse»
«C'est une catastrophe et les attaques sont toujours en cours», a déclaré Mohamed Khudairi, qui fait partie des quelque 20.000 personnes qui ont fui les affrontements, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). «On a réussi à partir mais d'autres sont restés piégés», a-t-il ajouté depuis un camp près de Kokha, sur la Mer Rouge.
Les rebelles ont également annoncé un blocus maritime de l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, et visé ses navires pétroliers ainsi que des infrastructures sur son territoire, notamment une raffinerie.
L'Union européenne a exhorté les Houthis à «mettre fin à toutes (leurs) attaques (...), à l'intérieur et à l'extérieur du Yémen», dénonçant «une escalade dangereuse».
Le Yémen est le dernier pays en date à avoir été entraîné dans le conflit régional déclenché par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran fin février.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les combats vont continuer à s'intensifier dans les semaines à venir, avec un risque accru de frappes sur le port de Hodeida.
Likely · Within weeks
L'Union européenne va augmenter la pression diplomatique sur les Houthis pour arrêter leurs attaques, mais sans recourir à des sanctions immédiates.
Possible · Within weeks
Open Questions
- Quel est le nombre exact de victimes civiles parmi les 500 morts signalés depuis le début de l'offensive houthie jeudi ?
- L'Union européenne va-t-elle prendre des mesures concrètes au-delà des appels verbaux pour arrêter les attaques ?
- Le blocus maritime des Houthis contre l'Arabie saoudite aura-t-il un impact significatif sur les exportations mondiales de pétrole ?
- Les frappes saoudiennes cibleront-elles spécifiquement le port de Hodeida, considéré comme crucial par l'Institut Study of War ?







