
Les ministres du Commerce du G20 se réunissent à Milwaukee pour deux jours de discussions sous l'égide des États-Unis, qui imposent des droits de douane et accusent certains pays de pratiques commerciales déloyales, notamment le travail forcé et les surcapacités industrielles, alors que les analystes prévoient peu de percées face aux tensions commerciales persistantes.
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Les États-Unis ont imposé des droits de douane sectoriels sur l'acier, l'aluminium et l'automobile, partiellement remplacés par une taxe de 10% ou 12,5% sur une soixantaine de partenaires accusés de ne pas lutter suffisamment contre le travail forcé, après l'annulation des surtaxes généralisées par la Cour suprême en février.
Les ministres du Commerce du G20 doivent entamer ce mercredi 30 septembre des discussions sous l'égide des Américains qui les frappent de droits de douane, les accusent de fermer les yeux face au travail forcé ou encore de fausser la concurrence mondiale. Washington est cette année l'organisateur d'une série de réunions du G20, qui rassemble les grandes économies mondiales (Chine, Inde, Japon, France, Russie...).
La rencontre dédiée aux questions commerciales doit durer deux jours dans la ville de Milwaukee (Wisconsin, nord des États-Unis), non loin de la frontière avec le Canada, l'une des cibles privilégiées de la guerre commerciale menée par le président Donald Trump. Les analystes s'attendent à ce que le sommet accouche d'une souris : les droits de douane mis en place par Donald Trump ont crispé les autres pays, et la Chine dément entretenir des surcapacités qui avantagent ses exportations et tirent les prix mondiaux vers le bas.
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«Il ne faut pas s'attendre à des percées à Milwaukee», déclare Josh Lipsky, du groupe de réflexion Atlantic Council, soulignant la préférence de Donald Trump pour des négociations bilatérales. Même si les partenaires du G20 auront à coeur de trouver des moyens de coopérer avec la première économie mondiale, «ils seront aussi soucieux d'exprimer leurs inquiétudes concernant les droits de douane», souligne Wendy Cutler, vice-présidente de l'organisation américaine Asia Society Policy Institute. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a pour sa part affirmé que la politique américaine «n'était pas anti-commerce», à l'occasion d'une table ronde à Milwaukee mardi.
Bras-de-fer commercial
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump s'est lancé dans une vaste offensive protectionniste fondée sur le relèvement des droits de douane sur les produits importés aux États-Unis. La Cour suprême a censuré en février les surtaxes généralisées qu'il avait imposées à l'encontre des pays du monde entier. Ses droits de douane sectoriels (visant l'automobile, l'acier ou le bois de construction), en revanche, sont restés en place. L'exécutif américain a partiellement remplacé les droits de douane annulés en introduisant une nouvelle taxe (de 10% ou 12,5%) à l'encontre d'une soixantaine de partenaires commerciaux accusés de ne pas suffisamment lutter contre le travail forcé. La Chine, l'Inde et l'Union européenne (UE) - toutes membres du G20 - sont concernées.
La menace de tarifs douaniers supplémentaires, fondée cette fois sur la question des «surcapacités industrielles», plane. Ces termes désignent généralement la concurrence chinoise, mais les Américains pointent aussi l'UE, le Japon ou encore la Corée du Sud. Wendy Cutler s'attend à ce que certains pays, qui s'estiment «injustement ciblés», «ne mâchent pas leurs mots» à ce sujet. Selon elle, la Chine cherchera à se présenter comme servant l'intérêt général via la fourniture de produits de haute qualité à bas prix. Plus largement, pense Josh Lipsky, les membres du G20 «se demandent jusqu'où ils doivent composer avec le gouvernement Trump, étant donné que la politique commerciale pourrait changer aux États-Unis après 2028» et la fin du mandat du milliardaire républicain.
En marge du G20, des travailleurs et des militants ont reproché à l'exécutif américain de ne pas avoir amélioré comme promis la situation des travailleurs, des agriculteurs et des petites entreprises. John Drew, responsable du syndicat United Auto Workers dans le Wisconsin, déplore la perte d'emplois industriels dans cet État du Midwest au fil des décennies. D'après lui, «les droits de douane n'ont rien fait pour ramener les emplois et rebâtir la production industrielle».
AI outlook — possibilities, not facts
Le sommet du G20 à Milwaukee n'aboutira pas à des accords majeurs mais permettra aux pays membres d'exprimer leurs préoccupations concernant la politique commerciale américaine.
Likely · Within days
Les débats porteront particulièrement sur les accusations américaines de surcapacités industrielles visant la Chine, l'UE, le Japon et la Corée du Sud.
Likely · Within days

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