
Des utilisateurs accusent les plateformes de censure et de shadow banning après la mobilisation du 24 octobre.
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Le Premier ministre a rencontré les représentants des plateformes la veille des manifestations pour discuter de la modération des contenus violents.
Les réseaux sociaux ont-ils durci leur modération lors des manifestations du 24 octobre ? C'est ce qu'affirment de nombreux utilisateurs de TikTok, X ou encore Instagram. Ils accusent les plateformes d'avoir supprimé des lives, des vidéos tournées en direct des manifestations, ou des images postées juste après la journée de mobilisation de samedi dernier. "Elles sont où les vidéos du 24 octobre ?" demande un internaute. "Moi, je n'y suis pas allé, mais j'ai essayé de rechercher ce qui s'était passé. Il n'y a rien du tout. C'est juste de la censure. Ils sont en train de censurer toutes les vidéos, tous les lives et toutes les images de grands rassemblements" enchaîne-t-il.
D'autres créateurs de contenu accusent les plateformes d'avoir soudainement choisi de donner moins de visibilité à leurs publications. C’est le cas de l'activiste Charlotte Ensaigne, très suivie sur TikTok et Instagram. "Si vous ne voyez pas mes contenus ou ceux de vos créateurs et créatrices de contenus engagés sur la manifestation du 24 octobre, c'est normal. On est en train de vivre "un shadow banning d'Etat" affirme-t-elle. On parle de "shadow banning" lorsqu'une plateforme cesse de recommander certaines vidéos aux utilisateurs.
Les plateformes ont-elles vraiment censuré ?
Il y a bien des vidéos des manifestations du samedi 24 octobre, mais la modération a été plus forte. Pour le moment, seule TikTok nous a détaillé sa politique. Pour ce qui est des lives, la plateforme ne confirme pas avoir supprimé des vidéos en direct. Cependant, elle dit avoir limité "temporairement" la monétisation, c'est-à-dire la rémunération de ce type de contenus. Il s'agirait d'éviter "l'exploitation de ce type d'événements à des fins lucratives". Pour ce qui est des outils de recommandation aux utilisateurs, TikTok explique avoir interdit certains termes pour la recherche de contenus, notamment les mots qui "encouragent activement la violence ou les comportements criminels".
Il est difficile de mesurer l'impact précis de cette politique de modération. Toutefois, l'écho des manifestations sur les réseaux a été beaucoup moins fort que lors du samedi 17 octobre. Sur TikTok : #24octobre a généré 121 millions de vues, contre 800 millions pour #17octobre. Sur Instagram, le nombre de vues a été divisé par 9 entre le 17 et le 24 octobre. Sur X, le nombre de publications a été divisé par trois. Les manifestations du 24 octobre ont été moins violentes que celles du 17 octobre, elles ont donc généré moins de vidéos virales.
Le Premier ministre a reçu, vendredi dernier, à la veille des manifestations, les représentants des principales plateformes : Meta, Snapchat, TikTok ou encore Google. Selon le communiqué publié par Matignon, elles se sont engagées à réagir plus vite lorsque les autorités leur signalent des contenus jugés problématiques, notamment "les appels à la violence ou au pillage". Selon Matignon, plus d'une centaine de signalements avaient déjà été faits vendredi.

Users accuse TikTok, X and Instagram of censoring videos of the October 24 protests. The platforms, having met with the government the day before, confirm that they have strengthened moderation to prevent illicit content.

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