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Lilia Mebarkia, candidate LFI dans le Var, dénonce un harcèlement lié à son engagement politique
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Lilia Mebarkia, candidate LFI dans le Var, dénonce un harcèlement lié à son engagement politique

Quick Look

  • Lilia Mebarkia, candidate LFI aux élections sénatoriales dans le Var, subit depuis huit mois des menaces de viol, de séquestration et de mort, ainsi que des dégradations de biens, qu'elle attribue à son engagement politique.
  • Elle a déposé plusieurs plaintes et témoigne publiquement après des mois de cyberharcèlement et de vandalisme, notamment la dégradation de la poussette de son fils handicapé et le cambriolage de son appartement.

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Why It Matters

Lilia Mebarkia est candidate LFI aux élections sénatoriales dans le Var et militante engagée, notamment pour la cause palestinienne. Son engagement politique l'a exposée à des menaces et des actes de vandalisme qu'elle attribue à des sympathisants d'extrême droite.

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Lilia Mebarkia, membre de la liste de LFI pour les élections sénatoriales dans le Var, a déposé plusieurs plaintes pour des menaces de viol, de séquestration, et pour des dégradations de biens. Cette mère de famille toulonnaise dit subir depuis huit mois ce harcèlement en lien, selon elle, avec son engagement politique.

Depuis quelques mois, Lilia Mebarkia, membre de la liste de La France insoumise aux élections sénatoriales dans le Var, vit un enfer. Victime de cyberharcèlement de la part d'un compte qui la contacte plusieurs milliers de fois, en la menaçant de mort, de viol et de séquestration, dans des messages qu'ICI Côte d'Azur a pu consulter. Depuis peu, "cela s'est fortement intensifié : les faits et intimidations se produisent de jour comme de nuit", précise le parti dans un communiqué.

Elle a donc décidé de témoigner à visage découvert. "Elle s'est dit : je pense qu'au lieu de rester dans mon coin, j'aimerais rendre cela public", précise Aurélien Lacour, référent de La France insoumise dans le Var. D'autant que ce n'est pas la première fois que la Toulonnaise, qui faisait déjà partie de la liste LFI menée par Isaline Cornil à Toulon, est victime de menaces visant sa personne ou ses biens.

Tout commence par un discours pour la Palestine

Tout commence en février 2026. Lilia Mebarkia participe alors à une manifestation pour la Palestine. Elle décide de prendre la parole pour le parti dont elle est membre. "Ce jour-là, a priori, des personnes l'ont vue. Comme elle habite Toulon, ils l'ont certainement suivie et ont regardé où elle habitait", précise Aurélien Lacour. S'ensuivent les premières intimidations, celles décrites dans cet article, dans lequel elle témoignait sous le faux prénom de Sarah.

La militante raconte : elle rencontre d'abord l'un de ses voisins, qui lui demande si elle est de LFI. "J'ai été surprise", précise-t-elle à l'époque. Lorsque l'homme s'éloigne, la Toulonnaise remarque qu'il porte alors une veste ornée d'une croix celtique. Le lendemain -début mars-, elle part chercher la poussette médicale de son fils handicapé. C'est alors qu'elle s'aperçoit que celle-ci est dégradée, ayant reçu "des coups de couteau dans les quatre roues". "Ce n'est pas anodin", explique-t-elle.

Elle tente de porter plainte, mais se heurte à des policiers qu'elle décrit comme "hostiles". Le lendemain, sa boîte aux lettres est pliée en deux. Puis, elle est réveillée aux alentours de 4 heures du matin par un groupe qui fait un "bazar monstre sous ses fenêtres".

Cette membre de La France insoumise dépose alors une première plainte. Elle se rend également au commissariat et obtient, de la part de quelqu'un qu'elle décrit comme plus compréhensif, plusieurs jours de protection policière. Dans le même temps, plusieurs militants du parti font des rondes dans le quartier pour la protéger. Elle va également installer des caméras de vidéosurveillance et décide de changer la serrure de sa porte.

Les premiers messages commencent

Puis, début juillet, Lilia Mebarkia commence à recevoir les premiers messages sur ses comptes. "A priori, c'est la même personne qui m'écrit avec plusieurs comptes", précise-t-elle. "J'en ai bloqué entre dix et quinze, avec des menaces de viol, de séquestration, de meurtre... Il a préparé ces faits depuis des semaines, selon ses dires. Et ensuite, il y en a autour de mon engagement politique", ajoute celle qui milite à LFI depuis longtemps.

La mère de famille dépose, de nouveau, plainte. D'autant que ces mêmes messages font état "de détails précis" autour de "son adresse, le modèle de son véhicule ou certains de ses déplacements". Mais ce dépôt ne change rien à la situation. Et elle va subir un autre événement qui va la pousser à se rendre de nouveau au commissariat.

La militante part, début août, en vacances. Lorsqu'elle revient chez elle, Lilia retrouve son appartement "dégradé et cambriolé", "dans un état catastrophique", surtout au niveau du sol et du mur. Plusieurs objets lui sont volés, comme de l'électroménager ou des aspirateurs.

Elle décide donc de porter plainte. Dans le même temps, comme évoqué plus haut, elle continue de recevoir des messages, de plus en plus violents et de plus en plus haineux. Jusqu'au moment où, avec d'autres membres de La France insoumise, elle décide de témoigner officiellement sur ce qu'elle a vécu. "Pour l'instant, les conversations se sont stoppées net", précise le parti.

Un lien direct avec son engagement politique

Lilia Mebarkiaestime que les menaces de mort, de viol et la dégradation de sa poussette sont directement liées à son engagement politique. "Dans ces messages, on voit tout de suite le lien politique", précise-t-elle, "contre La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, et ce que moi je mets sur les réseaux, en rapport avec notre programme." La personne en question, qui lui envoie tous ces messages, se revendiquerait d'extrême droite.

"Elle se dit fan de Jordan Bardella, Marine Le Pen, donc il y a un lien fait avec ses messages." Surtout, les militants estiment que ces menaces interviennent dans un climat général "très spécial" autour de LFI. "On est régulièrement, dans les médias, catégorisés comme des militants appartenant à un parti dangereux, parfois même violent. Forcément, cela nous met, nous, militants, dans des situations difficiles."

D'autres militants du parti, à Toulon, ont eux aussi été agressés. En début d'année, Antoine* raconte qu'à trois reprises, son domicile a été pris pour cible. Le premier soir, quatre personnes portant, selon lui, les couleurs d'un groupuscule néonazi bien connu à Toulon l'insultent et lui jettent des verres pendant cinq minutes. Homophobie, menaces de mort... Tout y passe.

Puis, un deuxième soir, des hommes vont se retrouver devant sa porte, tentent de la défoncer et saccagent son hall d'immeuble... Désormais, toutes les boîtes aux lettres y sont couvertes de stickers ornés de saluts nazis, rapporte StreetPress. Antoine* a lui aussi porté plainte, tout comme son syndic. Le procès de ses agresseurs présumés doit avoir lieu à la mi-septembre.

*Le prénom a été modifié à la demande de la personne interrogée

Elle souhaite continuer de s'engager

Ces menaces et ces dégradations ne vont pas empêcher Lilia Mebarkia de continuer à s'engager. "J'ai eu peur, surtout quand on donne des précisions sur mon domicile. En revanche, je n'ai jamais envisagé d'arrêter la politique, mon militantisme politique et même associatif. Ce ne sont pas ces personnes-là qui vont décider qui prendra part, ou pas, à la vie démocratique. Cela ne me fera pas taire et cela ne me censurera pas."

Et du côté judiciaire, la candidate aux élections sénatoriales dans le Var espère que la médiatisation de son cas fera avancer les enquêtes. "Je souhaite que cela soit pris au sérieux, que la police fasse le lien entre tous les faits qui me sont arrivés. Qu'ils fassent le lien, s'il y en a un. Et qu'on retrouve ces personnes." Contacté, le procureur de la République de Toulon ne nous a pas encore répondu.

Avec Flore Fenouillet et Christian Mathieu

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • L'enquête policière permettra d'identifier l'auteur des menaces et des dégradations

    Possible · Within weeks

  • Le procès des agresseurs présumés d'Antoine* aura lieu à la mi-septembre comme annoncé

    Very likely · Within weeks

Open Questions

  • Qui est exactement l'auteur des menaces et des dégradations ?
  • Les enquêtes policières permettront-elles d'identifier et d'arrêter les responsables ?
  • Y aura-t-il des poursuites judiciaires contre les agresseurs présumés ?
  • La protection policière sera-t-elle maintenue ou renforcée ?

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This article was originally published by France Info.

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